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mardi 18 novembre 2025

2025 - WITTERNESSE, photos anciennes et articles de presse avec photos

 


La lecture des articles est plus confortable sur ordinateur.

Beaucoup de photos sont de l'ADCA (Association pour la Découverte d'un Coin d'Artois entre Lys et Clarence, don de la famille de François Godart
), je me suis engagée à les mettre seulement sur mon blog  donc merci de ne pas diffuser en dehors de ce blog par respect pour celles et ceux qui ont fait les recherches.

D'autre part, mes recherches personnelles ne sont pas terminées, je vais compléter au fur et à mesure. N'hésitez pas à revenir de temps en temps pour consulter les ajouts d'articles de presse qui seront placés à la fin. Pour une meilleure lecture, je dois encore rédiger les listes (maires, cafés....) pour une meilleure lecture.

Collection : F. Godart - ADCA
Représentation du village de Witternesse
Album Ch. de Croÿ vers 1620-1660


Extrait du texte accompagnant la représentation du village :
WITTERNESSE
En cartouche : "Wistes". L' Identification des lieux et, partant, orientation inconnues.
L'inscription du cartouche est équivoque : elle peut désigner aussi bien Wittes que Witternesse. Mais seule la seconde de ces communautés a figuré sur les listes du bailliage de Lillers.
Nous verrons plus loin des croquis de Witternesse et de Wittes attribués tous deux au bailliage d'Aire. Seule l'église du second pourrait avoir des traits communs avec celle que nous avons sous les yeux (clocher de charpente, porche sud), mais aucun ne va jusqu'à l'identité et le paysage est tout différent.


WITTERNESSE
Vue prise du sud-ouest (début XVIIème Siècle).
Le chemin du premier plan vient de Liettres. Dans le village, corps de logis sur deux niveaux et couvert de tuiles ("maison au St de Warnican") appartenant alors à Louis de Vitry, seigneur de Warnicamp, un fief sur Witternesse. Eglise en pierre et couverte de tuiles. Tout sur plan carré, étage des cloches éclairé par deux fenêtres sur la face visible, chemin de ronde, flèche de pierre. Nef pouvant avoir trois travées. Chœur plus bas et plus petit que la nef.
L'agglomération est vue dans sa plus grande dimension, mais l'on ne montre aucun des cours d'eau qui caractérisent le nord du terroir.
L'Eglise actuelle est postérieure au passage de dessinateur.
(Album Ch. de Croÿ)


Cliquer sur le lien ci-après pour découvrir l'histoire du 


LES ECOLES LAÏQUES : filles et garçons

Collection : F. Godart - ADCA
L'école des filles vers 1912

Collection : F. Godart - ADCA
L'école des garçons vers 1912

Collection : F. Godart - ADCA

De gauche à droite - (de bas en haut) :

Ozeline Têtard - Marie-Claire Gamelin -  Marie-Antoinette Delaine - ? Florent -  Françoise Lartisien - Osvald Têtard - Louise Normand - Jacqueline Mourmant.

? Coeugnet - Danielle Queste - Jacqueline Bourez - ? Marles - Antoinette Cocq - Raymonde Duriez

Ginette Delaine - Charline Gamelin - Thérèse Lavisse - Gisèle Louchart - Léonie Lecat - Rolande Guinot - Danielle Foire (?) - Antoinette Mourmand - Gisèle Denis

Justine Lartisien - Jeanine Montois - Christiane Dumortier - Nadine Gaquière - Bernadette Lavisse - Thérèse Dérosiaux
L'institutrice est Mme Lartisien
Source : F. Godart - ADCA

LISTE DES INSTITUTEURS ET INSTITUTRICES
à suivre....








Ecole Libre de Filles.


Collection : F. Godart - ADCA
Déclaration d'ouverture d'une école libre dans un nouveau local

Déclaration d'ouverture d'une école libre dans un nouveau local
La soussignée, Aimée Biguet déclare à Monsieur le Maire de la Commune de Witternesse, Canton de Norrent-Fontes, arrondissement de Béthune, départements du Pas de Calais qu'elle a l'intention d'ouvrir, aussitôt qu'elle aura rempli les formalités prescrites par la loi, une école primaire dans le nouveau local récemment construit appartenant  à M. le Curé de Witternesse et situé Grande rue.
Witternesse le 6 Mai 1889


Ecole Libre de Filles. 

Ecole fondée par le zélé et intelligent curé de la Paroisse (abbé Victor Paris) vers l'année 1854.
  • De 1854 à ? : Melle Aimée BIGUET. Institutrice formée par Sœur Justine de la maison de Dohem.
  • Melle Marie ROSE. Née le 10 janvier 1860. Décédée le 28 juin 1929 à Witternesse. Sa sépulture se trouve contre le mur de l'église à droite du porche.
  • Melle LEGAY
  • Mme PRUVOST
  • Mme BODELLE
  • Mme Germaine DILLY-CARLIER.
Collection : F. Godart - ADCA
Melle Legay

Collection : F. Godart - ADCA
Melle Legay
en religion (avant la séparation de l'église et de l'état)

Collection : F. Godart - ADCA
Ecole libre de filles

Ecole libre de filles
De gauche à droite :
  • 1er rang : 1.Yvette Venel - 2. ? - 3. Reine Marie Venel - 4. ? - 5. ? - 6. ? - 7. Denise Godart
  • 2ème rang : 1. ? - 2. ? - 3. ? - 4. Nelly Barrois - 5. ? - 6. Marie Inglard
A l'arrière plan : 
  • à gauche Georges Godart
  • au centre : ?
  • à droite : Jules Vanoye
Collection : F. Godart - ADCA

Source : L'Echo de la Lys :
Mme Denuncq nous a prêté ce document représentant les élèves de l'école libre de Witternesse en 1945-46.
En haut de gauche à droite : Gisèle Godart, Anne-Marie Denis, Elsa Privaloff, Marguerite Tilmont, Thérèse Godart, Lucette Privaloff.
2º rang : Marie-Thérèse Labitte, Bernadette Tilmont, Marcelle Godart, Simone Cousin, Louisette Privaloff, Bernadette Venel, Agnès Denis.


LES CAFES

Collection : F. Godart - ADCA

Les Cafés

1. Au Coupe gueule :  Delgéry-Guilbert Victoria

2. Rue de Lambres :  Ringard - Lainé, Godwelle - Ringard.

3. Rue d'Aire (abbaye) : Ringard - Lainé, Decroix Hector

4. Rue de Blessy : Wattebled

5. Rue de Blessy : Ségard - Bulot, Ségard - Lartisien.

6. Rue de Blessy : Godart Jules x Lecigne Célina

7. Rue de Liettres : Bécart

8. Rue des Hours : Brassart - Godart

9. Rue des Hours : Filbien - Marles, Lefevre - Marles, Gosselin - Filbien.

10. Grande Rue : Lecigne - Decléty, Delrue - Leclercq

11. Grande Rue : Hienne

12. Grande Rue : Thuilliez - Godwelle, Goetgheluck - Bencteux

13. Grande Rue : Opportune Gamelin

14.Grande Rue : Danel - Thuilliez

15.Grande Rue : Blarel   

Collection : F. Godart - ADCA
1909 - Café Brassart - Godart
Rue des Hours
De gauche à droite et 2ème rang, debout : Aristide Brassart

Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA
Café Delgéry - Guilbert Victoria
 rue du Coupe Gueule

De gauche à droite :
Gustave Delgéry    
Victoria Guilbert                        Gilbert Delgéry         François Delgéry

Collection : F. Godart - ADCA
Estaminet Danel - Thuilliez
Grande rue

De gauche à droite :
Clotilde Desprey        François Danel        Sophie Thuilliez
1ère marche : Rachel Danel

Collection : F. Godart - ADCA
Estaminet Delrue - Leclercq
Grande rue
De gauche à droite : Hélène Dereumetz, Marie Leclercq, Julia Becquart

Collection : F. Godart - ADCA
Grande rue, face à l'église
Estaminet Thuilliez - Godwelle

Collection : F. Godart - ADCA
Grande rue, estaminet Opportune Gamelin

Au premier plan, de gauche à droite :
Opportune Gamelin        Jeanne Gamelin        Elise Gamelin        Rachel Danel

Au second plan : Joseph Laridan  (derrière le cheval)        
Dans l'entrée et face au cheval, on peut apercevoir Julien Roussen  
 
Collection : F. Godart - ADCA

De gauche à droite : 
1. ne serait-ce pas Léon Godart ?
2. Albert Moitel né le 08.09.1861 à Witternesse, décédé le 28.02.1936
3. 
4.
5.

Collection : F. Godart - ADCA
Il est noté au dos de la photo : 
? - Germain Gamelin -
Germaine Petiprez - Horace Denis -
Clodomir Venel - Louise Brixy - Marie Leclercq.

Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA
Witternesse, Gaston Dérosiaux à gauche



LES MAIRES

Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA
Victor Delbarre et Célestine Brassart
Victor Delbarre maire de Witternesse
du 21.01.1878 au 18.01.1914

Collection : F. Godart - ADCA
Edouard Delohem
Maire par intérim du 01.11.1915 au 10.12.1919

Collection : F. Godart - ADCA
Emile Caron
Maire de Witternesse
Du 10.12.1919 au 08.02.1920

Collection : F. Godart - ADCA
Pas de nom sous la photo,
c'est probablement une photo différente de Emile Caron représenté ci-dessus

Collection : F. Godart - ADCA
Louis Thilliette
Maire de Witternesse
Du 08.02.1920 au 14.10.1923

Collection : F. Godart - ADCA
Julien Marles
Maire de Witternesse
Du 14.10.1923 au 19.05.1935
Au centre, un peu en arrière
je reconnais Pierre Barrois, grand oncle de mon mari

Collection : F. Godart - ADCA
Abel Godart
Maire de Witternesse
Du 19.05.1935 au 13.05.1945

Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA
Décès de Alfred Pamart
Maire de Witternesse
Du 13.05.1945 au 02.11.01949 date de son décès

Collection : F. Godart - ADCA
Paul Gotrand
Maire de Witternesse
Du 11.12.1949 au 19.01.1958 date de son décès

Collection : F. Godart - ADCA
Le conseil municipal en mars 1959

De gauche à droite
1er rang (assis) : Charles Herbert - Alfred Poiret - Victor Gaquière - Alfred Bécart - Emile Ferlin
2ème rang ; Séraphin Huleux - Prudent Gamelin - Gilbert Gamelin - Raymond Delautre - Fortuné Gosselin - Fernand Huleux - Emile Mahieu
Absent : Gustave Montois

Collection : F. Godart - ADCA
Prudent Gamelin
Il a été instituteur à Witternesse

Collection : F. Godart - ADCA
Les communiants de l'année 1945
Mr l'abbé H Quêtu

Collection : F. Godart - ADCA
Les communiants de l'année 1945
Mr l'abbé H Quêtu

Collection : F. Godart - ADCA
Les communiants de l'année 1945
Mr l'abbé H Quêtu

Collection : F. Godart - ADCA
Mariage de Raymond Godart et Denise Venel en mars 1933

Collection : F. Godart - ADCA
Ce doit être le mariage du père de Raymond Godart : Abel Godart qui a été maire
Abel Godart et de Marie-Louise Pouille (Norrent-Fontes, 10:02.1909).

Collection : F. Godart - ADCA
Subdivision des sapeurs pompiers de Witternesse vers 1939

De gauche à droite :

1er rang (assis)
Germain Gamelin - Paul Godart - Prudent Tétart - Jules Vanoye (fils) - Abel Blarel

2ème rang
Georges Loir (instituteur) - Léopold Godart - Gustave Brassart - Victor Marles - Alfred Pamart - Louis Filbien.

3ème rang
Jules Noël - Gaston Godart - Joseph Petitpré - Jules Pamart - Adèle Delrue - Jules Delrue - Célestin Dewimille - Emile Legros - Fernand Huleux - Paul Digois - Victor Godart
Source : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA
Les anciens combattants et l'abbé Grébaut en 1968

Collection : F. Godart - ADCA
Les anciens combattants et l'abbé Grébaut en 1968

Collection : F. Godart - ADCA
Les anciens combattants et l'abbé Grébaut en 1982

Collection : F. Godart - ADCA
Les anciens combattants et l'abbé Grébaut en 1982

Collection : F. Godart - ADCA
Classe 1923, Witternesse

Collection : F. Godart - ADCA
Classe 1923, Witternesse

Collection : F. Godart - ADCA
Moïse Venel né le 02.12.1848 à Witternesse

Source : article de "Le guetteur de Lillers" en septembre 1931
1931... il y a 70 ans. 
La carte du combattant est attribuée à un vétéran de 1870 à Witternesse
Witternesse: Moïse-Joseph Venel, doyen des anciens combattants,
ancien soldat de la guerre de 1870-1871, vient de recevoir la carte du combattant. Né à Witternesse, le 2 décembre 1848, il fit la campagne à la 8 compagnie du 3 bataillon de mobiles du Pas-de-Calais. Parti d'Arras, il fut assiégé dans la Fère, fait prisonnier et emmené en captivité à Dillagenn en Bavière et rentra en avril 1871 à Witternesse. M. Venel, qui porte bien ses quatre-vingt-trois ans, a élevé cinq enfants : un fils qui fut tué pendant la Grande Guerre et quatre filles dont une est décédée. Ses quatre gendres ont également fait leur devoir de 1914 à 1918. M. Venel a cinq petits-enfants. Un sixième, Victor Marie, est tombé glorieusement au champ d'honneur. Il a deux arrière-petits-enfants. Deux de ses filles habitent Witternesse et la troisième à Liettres. Veuf depuis près de vingt ans, titulaire d'une modeste retraite de cantonnier départemental et ayant su réaliser quelques économies par son travail, Moïse Venel se fait un bonheur de partager son temps entre ses enfants auprès desquels il trouve l'accueil le plus respectueux et le plus empressé.

Collection : F. Godart - ADCA
Moïse Venel né le 02.12.1848 à Witternesse

Collection : F. Godart - ADCA
Louis Filbien


LE MOULIN

Collection : F. Godart - ADCA

Un ancien article de La Voix du Nord : lundi 9 novembre 1987 :

Et comment pourrait-il mourir, un moulin aussi chargé d'histoire ? MM. Paques, Péru et Roger, dans un petit livre que je conseille aux friands d'histoire locale : "Au fil de la Lacquette", nous disent qu'on parle déjà de lui en 1760.
En 1779, son propriétaire, Théodore Toussaint Brassart, meunier et fermier, âgé de 49 ans, faisait déjà partie des personnalités du village.
Le moulin fut ensuite exploité par des meuniers différents, les Delbarre, les Thelliez, les Brixy mais resta la propriété des Brassart jusqu'au début de ce siècle puisque ce fut Clodomir Venel, le dernier meunier, père de l'actuel propriétaire Albert Venel, qui le racheta après le décès de Madame Brassart.

Le village et le moulin virent souvent aussi, à la fin du siècle dernier, le jeune Philippe Pétain, le futur maréchal de France. Le "paysan d'Artois" comme l'appelle son biographe L.-D. Girard, en faisant ses études au collège Saint-Bertin de Saint-Omer, s'était lie d'amitié avec Clodomir Jovenin dont la famille était la première de Witternesse par l'étendue de ses biens. La seconde du pays était la famille Brassart. Clodomir épousa Clara Brassart. Philippe aimait la sœur de Clara, Célina. De neuf ans son ainée, elle avait une réputation de charme et de douceur. Il la demanda en mariage. Mais Célina, qui s'occupait beaucoup des œuvres de la paroisse, avait décidé de se vouer au célibat pour mieux servir le Seigneur et elle refusa. Elle devait d'ailleurs mourir jeune, 9 ans plus tard, en 1896, emportée par un cancer.

Rappelons, puisque nous baignons dans l'Histoire, que Philippe Pétain était originaire de Cauchy-à-la-Tour, et qu'il passa une partie de sa jeunesse auprès de son oncle Jean-Baptiste Legrand, curé de Вопту, puis de Mazinghem.
En fait de guerriers célèbres, notre moulin ainsi que ses ancêtres car il v eut certainement plusieurs moulins à huile et å blé successifs n'en furent pas privés.

Après Crécy
En 1346, le duc de Buckingham, fils d'Edouard III d'Angleterre, le vainqueur de Crécy, s'installa à Witternesse. Le moulin vit peut-être passer à ses pieds notre chevalier sans peur et sans reproche Bayard qui, en 1513, fut fait prisonnier en essayant de forcer le gué de la Lacquette.
Il faut bien se rendre compte que les faubourgs et les villages des alentours de la ville fortifiée Aire, étaient sérieusement malmenés quand Français et Anglais puis Français et Flamands-Espagnols essayaient de tirer chacun vers soi la couverture de la pauvre France.
Malgré tout cela, notre moulin, comme tous ceux qui tournaient à Aire et près d'Aire, fonctionnait activement. Le bailli d'Aire en 1330, G. d'Auffroy nommait, parmi les moulins des alentours, le "moulin de la Lacquette", serait-ce l'ancêtre du nôtre ?
En raison des troubles en Flandre, les négociants en blé qui se rendaient en Hollande avaient décidé de changer de route et déchargeaient à Aire pour se rendre vers Saint-Omer "par charroi ou chevaux", par la route en somme, au lieu de continuer à descendre le cours de la Lys. Aire devint un important grenier à grains. 

Le dernier meunier
Notre dernier meunier fut donc Clodomir Venel. Ce fut un homme actif et énergique. II racheta le moulin que son beau-père Emile Brixy exploitait en location. Il tint de front le moulin et la ferme avec son épouse, des saisonniers de passage, l'aide de parents fermiers comme on le faisait dans nos campagnes tu aides aux labours de mon champ qui est près de chez toi, je viendrai t'aider à battre le blé ».
Mais il eut, de plus, un ouvrier Florimond Mourmant, ouvrier agricole et forain haut en couleur qui planta sa roulotte dans la pâture voisine. Notre forain, son épouse et ses filles, en période de morte saison, allaient installer leurs balançoires dans les ducasses, de village en village.
La culture, un élevage qui remplissait les étables de porcs et de vaches et, après la moisson, le ramassage des grains: en effet, alors qu'en d'autres régions les fermiers apportaient le grain au moulin, il était de coutume, au moulin de Witternesse, que le meunier aille "à cache mannée aille chercher sa manne. Tant il est vrai qu'il n'y a que dans la Bible que la manne tombe du ciel. D'aucuns traduisent "cache mannée" par "chasse-mannée". Je préfère "cherche mannée". L'ambiguïté est dire au mot patois "caché" traduit différemment chasse on cherche. Faut-il y voir, puisque notre patois est une délicieuse survivance de la langue ancienne, un amalgame des deux mots de l'ancien français "chacier" pour chasser et "cerchier" pour chercher ?
Jusque dans les années 50. Clodomir alla ainsi dans tous les hameaux et villages avoisinants, chercher le grain, poussant jusque Norrent-Fontes, Mazinghem, Saint-Hilaire-Cottes et même Isbergues. On le voyait passer avec le tombereau bâché sa "carrette ed mannier" que nous voyons sur la vieille photo familiale, tirée par un seul cheval.
Albert Venel se souvient très bien de la halte au café de Rombly, chez Adeline. Clodomir, disait le cafetier, je sors mon cheval; et on attelait le deuxième cheval pour remonter la rude côte de Rombly.

Les deux guerres
La guerre 1939-1945 fut une rude époque pour le village puisqu'il eut, juste avant la débâcle, un accrochage entre soldats français et allemands, qui fit plusieurs dizaines de morts. La ferme du frère de Clodomir, Maurice Venel, qui fut brûlée par les Allemands, en fit les frais.
Pendant l'Occupation allemande, Clodomir ne rechigna pas à moudre, la nuit, le blé qu'on lui apportait en cachette. Petites charrettes à bras ou brouettes, étaient équipées de bandes de caoutchouc découpées dans de vieux pneus de bicyclettes et, à pas feutrés, on se rendait vers le moulin de maître Venel.
M Venel, son épouse, menait rondement la maison. Déjà, de 1914 à 1918, elle avait tenu seule le moulin. Elle parlait aussi nous dit Albert Venel de l'aide d'un jeune "Indien", un Hindou dirons-nous pour éviter la confusion. -
De fait, pendant la Première Guerre mondiale, des troupes anglaises du Commonwealth, dont des régiments venus des Indes, ont combattu en Artois. Les granges de la ferme portent encore des signes cabalistiques gravés dans la pierre, traces de leur passage. Jusque vers 1950, notre ménagère cuisait son pain dans le four à bois. Celui-ci est toujours là. porte ouverte, avec un fagot à l'intérieur, semblant attendre les gros pains campagnards ou les tartes de ducasse.
Il ne faut pas confondre la cheminée du four avec la haute cheminée semblable à celle des briqueteries que l'on n'aperçoit plus que sur les vieilles cartes postales. Cette grande cheminée était celle de la grosse machine à vapeur qui se trouvait adossée au moulin.
Les Theilliez ou les Delbarre l'utilisaient comme machine auxiliaire, pour faire tourner les meules, quand il manquait d'eau. La machine se trouvant à plus de dix mètres de la cheminée, c'est par une petite galerie souterraine faite de silex. maçonnés que la fumée s'échappait vers la cheminée.
L'arrêt du moulin
Vers 1950, le contingent de farine fut racheté par les grands moulins de Paris et Clodomir a "fini mouture" vers 1972. La roue à aube s'est tue définitivement.
Et maintenant ? Albert Venel, le fils, qui après de longues années de dur labeur agricole voit arriver, ainsi que son épouse, l'âge de la retraite, est bien conscient des problèmes d'entretien que pose ce long bâtiment des granges et étables, la maison d'habitation et, bien Or, le moulin.
Oh I Il ne manque pas de ca-met, cet ensemble en rouge, Jarre alternant les briques et es pierres calcaires du pays.
Albert trouver a-t-il le temps, argent aussi, pour tenir en tat et restaurer la ferme et surtout le moulin. Car toute la question est là pour un mou-In qui n'est plus productif, un paysan peut-il investir de son temps et de son argent ?
Et pourtant, au cours des Innées, les dégradations s'accentuent la roue est délabrée, muret de briques entre le déversoir et les vannages s'en va, brique après brique et, surtout, voûte soutenant le déversoir commence à s'affaisser. M. Venel pense que toutes ces dégradations peuvent être stoppées avec un minimum argent mais en y donnant de son temps.
Serait-ce trop rêver que imaginer une "Association pour la sauvegarde du moulin de Witternesse" identique à celle des "Amis du vieux Watten" qui ont cru en la restauration de leur vieux moulin à vent, ou un P.A.E. (Pacte d'Action Educative) pris en charge par les élèves d'un lycée technique du bâtiment ou d'un lycée agricole 7
Je sais que le moulin peut compter sur M. Venel qui le connaît si bien la dernière fois que la roue fut restaurée, elle le fut par son père et lui; si on réinstallait la bluterie ces cylindres de bois où des billes d'orme venaient frapper les parois pour faire tomber la farine à travers les tamis de soie, le moulin pourrait presque repartir: il a même encore ses deux meules posées l'une sur l'autre, attendant le "rhabilleux de meules qui passait tous les 4 à 5 mois redonner du taillant aux arêtes de la meule dormante.
Un deuxième allié de poids est à même de donner beaucoup à son moulin: c'est la fille de la maison, Brigitte, jeune mère de trois charmantes fillettes. De toute évidence, elle y tient au moulin de son grand-père I
Après une Association pour la sauvegarde du moulin, pourquoi pas, dans quelques années, une Association exploitant auberge et musée du moulin de Witternesse ?
Car, avec ses vannages aux arceaux métalliques, son petit garde-fou, le long de la rivière il est unique le moulin du père Venel.
Jean-Paul CHAVAUDRA

Collection : F. Godart - ADCA
Les deux meules sont toujours là posées l'une sur l'autre, dans leur cadre de bois. En avant-plan, le "palan" pour les manœuvrer, les sortir pour les "rhabiller" (les retailler).
(Ph. "La Voix du Nord")

Collection : F. Godart - ADCA

Sur cette vieille carte postale des années 1900: le moulin et sa grande cheminée, reliée à une machine à vapeur, l'une et l'autre n'existent plus.

Collection : F. Godart - ADCA

Sous la trappe qui servait à hisser les sacs de grain: Clodomir Venel et sa famille. A droite, bâchée, "el carrette d'monnier", la charrette du meunier.

Collection : F. Godart - ADCA

Le moulin actuellement la roue à aube n'étant plus alimentée, tombe peu à peu en ruine et pourtant, il a encore fière allure ce moulin,

Collection : F. Godart - ADCA

Source : bulletin de la commune de Witternesse
Mr Florimond Mourmant et son épouse
dont les noms sont mentionnés dans l'article




L'EGLISE SAINT MARTIN 


Collection : archives départementales du pas de Calais
L'ancienne église de Witternesse vers 1871-1872

En janvier 1896, Monsieur Pamart, entrepreneur à Estaires, s'est rendu adjudicataire des travaux de démolition et de reconstruction de l'église de Witternesse (les travaux étaient évalués à 51000 francs ).

Collection : F. Godart - ADCA
Photo ancienne de l'église saint Martin de Witternesse

Cette photo  été prise avant la suppression du cimetière qui se trouvait autour de l'église. Le cimetière a été ensuite transféré route de Lambres.
On reconnait la statue de la vierge de la famille de Werbier par  qui apparaît sur la photo au centre du porche. Le monument funéraire a été transféré contre le mur de l'église à gauche du porche.
On reconnaît également le monument funéraire des familles de Hogendorp, Olivier et Détape qui apparaît sur la photo au niveau du centre de la grille; il a été transféré dans le nouveau cimetière route de Lambres.

L'ERECTION DU NOUVEAU CALVAIRE
LA STATUE DE JEANNE D'ARC
Le 28 mai 1911

Collection : F. Godart - ADCA
28 mai 1911 - Char de Jeanne d'Arc

Collection : F. Godart - ADCA
28 mai 1911 - Erection du nouveau calvaire


La grande fête organisée pour la bénédiction d'un calvaire dans le cimetière et d'une statue de la bienheureuse Jeanne d'Arc dans l'église a été de tous points réussie. 
Un temps splendide, foule considérable accourue de tous les alentours, cortège superbe avec ses deux grands chars, l'un tout orné de velours rouge et de galons d'or pour le Christ, l'autel tout orné de draperies blanches et de garnitures bleues pour Jeanne d'Arc, cortège superbe avec N.S. portant la Croix, aidé de Simon le Cyrénéen et si bien représenté par M. Rémi Venel - avec la Vierge de Domrémy accompagnée de son écuyer et qui figure si bien aussi sur son cheval blanc, Melle Isbergue Jovenin. 
Cortège superbe avec son groupe de 50 jeunes filles en blanc et précédant immédiatement Jeanne la Pucelle, avec les 45 musiciens du collège Ste Marie, avec les différents groupes de Jeunesse Catholique avec les 15 tambours et clairons des gymnastes de la St Michel, avec mais il faut nous arrêter….
L'église avec d'un côté du chœur, le lit de rocher où reposait le Christ et de l'autre, la chapelle où se dressait la statue de la Bienheureuse, était particulièrement belle ce jour-là.
Les étrangers ont pu admirer en même temps que le chant exécuté dans le cours de la fête, les beaux et nombreux arcs de triomphe élevés à la gloire du Christ et en l'honneur de Jeanne d'Arc
Le sermon de circonstance a été donné avec beaucoup d'éloquence par M. Tondelier, doyen de Norrent-Fontes, ce fut un beau et touchant parallèle entre la Passion du Christ et le martyre de Jeanne d'Arc. 
Le Christ qu'on a béni est en fonte, teintes chair et il a 1,50 de taille. La croix est aussi en fonte, forme d'arbre, elle a 5 mètres de longueur.
Le rocher sur lequel se dresse le calvaire nouveau a été fait avec soin et goût par Victor Fontaine de Witternesse; sur la plaque de marbre qui y est cimentée on lit cette inscription:
"Don de M. Casimir Ansel, en souvenir de ses parents défunts, Mai 1911".
La statue de Jeanne d'Arc, don aussi d'une excellente personne de la paroisse, semble fort belle à tout le monde; elle a comme la statue de St Antoine de Padoue dont elle fait le pendant à l'église, 1 25 de taille, l'étendard non compris.
(registre de paroisse, pages 65/66)
Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA
Article de l'Avenir de l'Artois - 01.11.1934
L'érection du nouveau calvaire

Echo des fêtes religieuses qui eurent lieu à Witternesse à l'occasion de l'érection d'un nouveau calvaire
Le dimanche 30 septembre eut lieu la bénédiction d'un calvaire dans le nouveau cimetière de Witternesse. Nous donnons ci-dessous quelques vues de là cérémonie de la bénédiction et du défilé

Collection : F. Godart - ADCA
Article de L'écho de la Lys d'octobre 1968

Beaucoup d'habitants de Witternesse sont en émoi: il n'y a plus de clocher à l'église du village. La destruction en a été faite il y a environ un mois.
Cette émotion est d'autant plus compréhensible que cette église de construction relativement récente a été un peu le travail de toute la paroisse et que certains des habitants l'ont vu bâtir.
En effet, au siècle dernier, on ne trouvait au même emplacement qu'une petite chapelle. A l'époque, le curé du village, M. l'abbé Delhaye, passa sa vie à réunir la somme nécessaire pour la construction de l'église actuelle. Pour ce faire, il prit son bâton de pèlerin et alla même en Angleterre
Cette église fut terminée en 1896. La construction fut donc l'œuvre de tous et à l'époque la plupart des familles de Witternesse y participèrent. Il n'y a qu'une génération de cela et beaucoup l'ont vécu.
Or, ce clocher d'une hauteur de 16 mètres, construit au-dessus d'une tour de 22 mètres, avait besoin de réparations. Les travaux étaient certes importants mais ils n'étaient pas impossibles. Les difficultés que les maçons rencontrèrent pour l'abattre prouvent d'ailleurs qu'il était encore solide.
Malheureusement, les édiles municipaux en décidèrent autrement et adoptant une solution de facilité choisirent, parmi différents projets de l'architecte, de le faire abattre. Ce fait a paru d'autant plus anormal à la population que, dans le même temps, le conseil municipal organisait une collecte dans le village pour la réparation du clocher. Les dons furent nombreux et la surprise grande lorsque l'on s'aperçut que cet argent était en fait destiné à la destruction de l'édifice
Aujourd'hui l'église est décapitée. C'est l'entreprise de maçonnerie de M. André Williart, de Rincq, qui fut chargée du travail. Les maçons rencontrèrent bien des obstacles après avoir installé quelques 1.700 mètres de tubes d'échafaudage. Ils durent, par exemple, abattre la poutre verticale de bois haute de 16 mètres et large de 38 centimètres sur laquelle le clocher était bâti. On imagine les difficultés qu'à l'époque, avec des moyens limités, les constructeurs durent rencontrer pour hisser à une telle hauteur cette pièce d'un seul tenant.
Par souci d'élégance architecturale, le maçon ne s'est d'ailleurs pas contenté d'établir à la place une simple plate-forme. Il l'entoura d'une main courante de maçonnerie et surmonta le tout de la croix et du coq. récupérés au sommet de l'ancien clocher.
II n'empêche que pour beaucoup d'habitants de Witternesse leur église a perdu beaucoup de sa beauté et qu'en l'occurrence on a fait fi de leurs désirs.

Collection : F. Godart - ADCA
Le clocher entouré d'échafaudages
avant d'être abattu

Collection : F. Godart - ADCA
Witternesse
L'église saint Martin en 2004

LE CENTENAIRE DE L'EGLISE
Le 19 octobre 1997

Collection : F. Godart - ADCA
Article de l'écho de la Lys du 24 octobre 1997

Saint Martin veillait sur le "centenaire" de l'église
Nous sommes en 1896, Witternesse est un "gros" village de près de 900 habitants. Malheureusement son église est en piteux état. A la fin du siècle précédent, le clocher s'est effondré sur le chœur.
Une restauration de fortune a bien été menée vers 1810, mais les paroissiens rêvent de retrouver un édifice digne de leur foi.
C'est sous l'impulsion de l'abbé Delhaye, installé à Witternesse depuis 1894, et de Victor Delbarre, maire depuis 1874 qu'est décidée la reconstruction de l'église Saint-Martin.
En janvier 1896, c'est M. Pamart, entrepreneur à Estaires, qui se rend adjudicataire avec un rabais de 10%, des travaux de démolition et de reconstruction de l'église, travaux évalués à 51.000 francs…
Le 9 mai 1896, Mgr Williez vient bénir la première pierre de la nouvelle église… 
En novembre, un aide couvreur de 17 ans fait une chute mortelle, alors qu'il participe à la couverture de l'église en construction.
Décembre 1897, les travaux ont bien avancé, M. le curé demande l'autorisation de faire la messe dans la sacristie.
Enfin la nouvelle et grande église est bénie le 21 août 1898.

Nous sommes maintenant le 19 octobre 1997. 
L'association Saint-Martin a décidé de fêter le centenaire de la construction de l'église et a demandé l'aide de l'association pour la découverte d'un coin d'Artois ADCA, afin de monter une exposition historique…
Et dimanche dernier, c'est sous un soleil splendide ("c'est pas l'été de la Saint-Martin mais ça serait de circonstance" nota M. Guillemant, le président de I'ADCA !) que s'est déroulé ce centenaire.
Premier temps de la "fête": une messe célébrée par l'abbé Genel et marquée par une belle procession avec les Scouts.
"Depuis 100 ans, des générations de chrétiens se sont succédé dans cette église... Nous sommes les maillons d'une chaîne qui a commencé avec le Christ" rappela l'abbé Genel. "Vous aimez votre église, ayez à cœur de l'utiliser car une église vide serait comme un coquillage au bord de la mer beau mais sans vie" lança-t-il aux paroissiens.
Deuxième temps : M. Noël et ses amis de la paroisse accueillirent plusieurs centaines de personnes (emmenées par M. le maire) à la salle communale et à la salle Saint-Martin où avaient été installées deux expositions : cent ans de souvenirs d'un côté et des objets du culte de l'autre.
Minutieusement préparé avec l'aide de l'ADCA, des habitants qui prêtèrent des documents, du collège de Norrent-Fontes qui prêta des panneaux… le voyage au fil des ans a ravi le public.
Le moulin de Witternesse, le prieuré Saint-André, la fête de Jeanne d'Arc en 1911, la liste des souscripteurs de l'église (du comte de Hogendorp à l'abbé Delhaye), la liste des maires, des prêtres, les photos de classes, le passage des Hindoux, les articles de L'Echo de la Lys, la suppression du clocher de l'église : autant d'événements, de monuments qui ont été commentés par les anciens (à l'image de Mme Lartisien, 94 ans, ancienne institutrice à Witternesse) et les plus jeunes.
C'est une excellente leçon d'histoire contemporaine et religieuse qu'a pu offrir l'association Saint-Martin.
Cette exposition (mise sur pied en deux mois) "peut et doit être améliorée selon MM. Guillemant et Noël !
Le troisième temps de la fête sera donc une présentation complète de l'histoire de la reconstruction de l'église, le samedi 17octobre 1998. M. Guillemant a déjà collecté une masse de renseignements.
"Quel dommage de ne plus avoir de clocher... Là c'est le cimetière où il y avait toujours de l'eau... On raconte que la personne qui a remis le coq a fait une chute mortelle...": les commentaires allaient bon train dimanche soir.
L'histoire locale est comme un album de famille sur lequel on se jette quand on sent la nécessité de donner une âme à son existence...
Christian DEFRANCE

Collection : F. Godart - ADCA
Article de l'écho de la Lys du 24 octobre 1997

Collection : F. Godart - ADCA
Article de l'écho de la Lys du 24 octobre 1997

Collection : F. Godart - ADCA
Article de l'écho de la Lys du 24 octobre 1997

Collection : F. Godart - ADCA
Article de l'écho de la Lys du 24 octobre 1997

Collection : F. Godart - ADCA
Article de l'écho de la Lys du 22 octobre 1998

Article de l'écho de la Lys du 22 octobre 1998 :

L'exposition consacrée au centenaire de la reconstruction de l'église et organisée l'an dernier par l'association paroissiale avec le concours de l'association pour la découverte de l'Artois avait remporté un vif succès.
M. Pascal Guillemant, le président de l'ADCA, avait promis de se pencher de façon plus précise sur l'histoire de la reconstruction, soit trois bonnes années, de 1895 à 1898
La salle Saint-Martin était pleine à craquer, samedi dernier, pour un brillant exposé que M. Guillemant fit juste devant la maquette de l'église pas encore décapitée une maquette réalisée par M. François Godart en 1951. Après quelques mots de bienvenue prononcés par M. Noël, l'historien local entra dans le vif du sujet
Il souligna que les reconstructions d'églises avaient été nombreuses au XIXème siècle, sans doute pour "effacer les traces" de la Révolution et alors que les communes voient leur population augmenter Dans le pays d'Aire, on retrouve les mêmes architectes. Celui de Wittes, église reconstruite en 1883, est le père de celui de Witternesse. Dans le style néo-gothique, Witternesse est donc une petite cousine de Wittes ou de Racquinghem !
En première partie, le public découvrit quelques aspects de l'ancienne église, qui devait dater de la fin du XVème et connue par un dessin du XVIIème. Elle possédait un clocher surmonté d'une flèche blanche (comme à Mazinghem) qui s'écroula sur le chœur durant les dernières années de la Révolution. Cet édifice fut rouvert en 1802 pour ne pas laisser chômer le culte ! Mais il était dans un grand état de délabrement, on faisait la messe dans la maison vicariale.
On refit sommairement le chœur mais on ne toucha pas au clocher c'est sans doute une mode à Witternesse sourit Pascal Guillemant.
Cette période fut marquée par les incessantes querelles entre les maires (surtout Louis Brassart de 1848 à 18.78) et les curés de Witternesse (Louis Paris de 1836 à 1851 puis son frère Victor de 1851 à 1894); il y eut l'affaire de la fausse délibération de conseil en 1839 ou encore l'affaire de la construction de l'école laïque en 1875...
Les choses évoluent favorablement dès 1894, avec un nouveau conseil sous la conduite de M. Delbarre et la nomination (le 6 octobre) de l'abbé Arthur Delhay, originaire du Cap-Gris-Nez et qui devait avoir une fortune personnelle. Witternesse compte alors 828 âmes et le curé demande à l'architecte Tiburse Degez de lui soumettre un projet de reconstruction de l'église. La dépense est estimée à 51.000 F or et l'abbé répond de 29.000 F, qu'il pense récupérer en souscription... On dit même qu'il est allé chercher de l'argent en Angleterre. Le 13 février 1895, le conseil vote un emprunt. La souscription recueille 18.000 F, l'abbé avance 12.000. Pour les travaux, la meilleure offre est avancée par M. Pamart. entrepreneur à Estaires mais originaire de Witternesse (il a dirigé la reconstruction de la mairie et de l'école de garçons de Blessy).
On avait décidé de reconstruire au même endroit et les premiers coups de pioche furent donnés le 5 février 1896. Tous les ouvriers étaient du pays !.
Le 9 mai 1896, la première pierre était bénite; le 16 novembre un ouvrier trouvait la mort en tombant de la toiture en décembre l'abbé était autorisé à célébrer la messe dans la sacristie
Le 3 avril 1987, l'abbé Delhay faisait part de son intention de "reconstruire dans la foulée l'église de Quernes. Mais faute de pouvoir obtenir une subvention de l'Etat, le projet n'eut pas de suite.
Le 16 janvier 1898, une Mission avait lieu pour purifier le cœur des paroissiens! En mai, la reconstruction était terminée. Le 25 juillet 1898, le curé-doyen de Norrent-Fontes bénissait solennellement la nouvelle église les premières communions avaient lieu le 28 août, la réception définitive des travaux le 2 septembre
L'église de Witternesse est consacrée à Saint-Martin, un des vocables les plus répandus en France. Dans le diocèse d'Arras, 366 paroisses sont placées sous la protection de Martin.
Avec M. Guillemant, les amis de l'association Saint-Martin ont pu saisir toutes les richesses de l'histoire locale... Savaient-ils que les orgues du prieuré Saint-André se trouvent aujourd'hui à Tournehem (elles avaient été rachetées en 1792). Et l'association des amis des orgues vient de sortir un compact-disc !
Christian Defrance

Le prieuré Saint-André :
Au cours de son exposé sur la reconstruction de l'église, Pascal Guillemant évoque brièvement l'histoire du prieuré Saint-André, édifice célèbre de la commune Ce prieuré accueillait des religieux qui suivaient la règle de Saint-Victor. Il fut racheté en 1810 par le général d'Empire Olivier qui mourut en 1811. C'est alors son petit neveu, le comte Hogendorp qui hérita des bâtiments, transformés en maison de campagne !





Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA

Collection : F. Godart - ADCA

Photo : Pascale Camus - 2025

Photo : Pascale Camus - 2025



QUELQUES SOUVENIRS D'UNE WITTERNESSOISE

Collection : G. C-T de Witternesse

Collection : G. C-T de Witternesse
Photo d'un mariage qui a eu lieu probablement à Witternesse

Alice Nocq de Witternesse veuve en premières noces de Mr Duquesne et remariée à Mr Toulotte
Elle apparaît juste à gauche derrière la mariée, elle a un bouquet à la main et un large chapeau foncé, elle semble avoir 15-20 ans. Après mes recherches dans l'état civil au sujet d'Aline Nocq, je considère que ce mariage a eu lieu vers 1900, peut être a t il eu lieu à Witternesse

Collection : G. C-T de Witternesse, revue datant de 2009 de la commune de Witternesse
L'ancienne salle des fêtes. Il est décidé qu'elle serait abattue en 2010.

Collection : G. C-T de Witternesse, revue datant de 2009 de la commune de Witternesse

Collection : G. C-T de Witternesse, revue datant de 2011 de la commune de Witternesse

Collection : G. C-T de Witternesse, revue datant de 2011 de la commune de Witternesse
















ARTICLES DE PRESSE


1959 - La fête des sapeurs-pompiers de Witternesse
Photo et texte : L'Echo de a Lys.
Collection : le Fonds ancien de la ville d'Aire sur la Lys.
Photo de l'article : Pascale Camus

1959 - La fête des sapeurs-pompiers de Witternesse
Dimanche, les pompiers de Witternesse ont célébré leur fête annuelle. Après la messe chantée à l'intention des membres présents et disparus, ils se rendirent au monument aux Morts où une gerbe fut déposée. A l'issue de cette cérémonie, les pompiers et leurs invités se groupèrent au café Gamelin où était servi un banquet. L'ambiance y fut très joyeuse, ces agapes ne se terminèrent que tard dans la soirée, lorsque le répertoire des histoires et des chansons fut épuisé. Ci-dessus, les sapeurs-pompiers entourent M. Gacquière, maire, qui présidait (au centre) à gauche, M. Emile Mahieu.
Photo et texte : L'Echo de a Lys. Collection : le Fonds ancien de la ville d'Aire sur la Lys. Photo de l'article : Pascale Camus

1959 - La troupe théâtrale de Witternesse
Photo et texte : L'Echo de a Lys.
Collection : le Fonds ancien de la ville d'Aire sur la Lys.
Photo de l'article : Pascale Camus

Sur cette photo, je reconnais 
à gauche en haut : une fille de Bertin Denis
Marie Jeanne Labitte veuve de Michel Noël
Vers la droite sur la photo :
Deux filles de Georges Godart, Claire Godart épouse de Joseph Denuncq
Miche Noël (peut être) en haut à droite ou en bas accroupi au centre
Accroupis en bas : à gauche Eugène Régnier, au centre peut être Michel Noël, à droite Bernard Godart


1961





1962

















dimanche 16 novembre 2025

2025 - WITTERNESSE - Le Prieuré saint André.

 

Représentation du Prieuré de Saint André,
album de Croÿ vers 1620-1660

Représentation du Prieuré de Saint André,
album de Croÿ vers 1620-1660

"L'ABBAYE DE ST ANDRE LES AIRE A WITTERNESSE SOUS L'ANCIEN REGIME
Il n'est pas possible de parler de Witternesse sans évoquer l'abbaye de St André-sur-Lacquette qui fut jadis une possession prospère puisque les moines possédaient des biens sur plus de 30 localités. Dans le tome XIX des mémoires de la société des antiquaires de la Morinie, nous trouvons l'histoire de ce prieuré de son édification en 1202 jusqu'à la fin de la pratique du culte en 1789.
C'est en 1202 que Messire Robert, sire de Cresecque (aujourd'hui Crecques) et Mathilde son épouse firent édifier près de la chapelle et du cimetière de St André une maison appelée simplement Maugré.
4 clercs de St Pierre d'Aire : Jean, Foulques, Nicolas dit de Berghes et René voulant se couper du monde se retirent dans la dite chapelle. Messire Robert, leur fournissant de la terre, ils firent bâtir une maison : le prieuré de St André les Prés comme il s'appelait à l'époque était né et Lambert, alors évêque de Thérouanne donna son agrément à cette fondation de l'ordre de St Augustin, ce lieu de Culte fut alors jumelé à l'abbaye St Victor de Paris, et les effectifs augmentent.
Dès sa création ce prieuré connut le succès car on y pratiquait encore la chrétienté et la foi comme du temps du bon St Louis et toutes les familles chevaleresques de la contrée y mirent leur sépulture.
Ces quatre religieux voulurent donner aussi une vocation culturelle en y installant une importante bibliothèque qu'ils pouvaient consulter. Dès Janvier 1235 le prieuré obtint de Guillaume de Clarques l'exemption du droit de rouage (servant à l'entretien des chemins) et du droit de travers pour ses charrettes en contrepartie de quelques prières pour lui même et pour le repos de sa sœur Elisabeth.
La guerre de cent ans approche et l'on pourra voir (en annexe) combien le prieuré était alors puissant, aussi lorsque celle ci fut déclarée décida t-on d'acheter des lettres de sauvegarde pour se protéger des passages fréquents de troupes. Ces droits étant payés tous les 30 ans, ils seront prélevés en 1445, 1474, et 1516.
Avec l'acquisition du titre de bénéfice régulier, les religieux perdirent le droit d'élire leur prieur : celui ci serait désormais nommé par les rois d'Espagne et de France.
Le 4 décembre 1626, Mgr Boudot évêque de St Omer donna des statuts au prieuré.
Peu de temps après en 1641, le prieuré servit d'hôpital aux malades et aux blessés Français puis civils lors du siège d'Aire.
Le prieuré sortira affaibli de ces guerres comme on peut le constater sur l'état des lieux en 1692.
En 1762, lorsqu'on supprima les jésuites on pensa tout naturellement au prieuré de St André pour éduquer la jeunesse.
En 1789 Louis Lourdel (prieur) et André Vollet (sous prieur) et quelques autres moines donnèrent leurs procurations aux Etats Généraux où il fut question de la vente de leurs biens.
Il fut difficile de vendre le bâtiment et les terres qu'il lui restait encore. Les P.P. Boulanger et Gruson et le Prieur après un rattachement à St Vaast d'Arras reçurent comme indemnité de pension: 900 livres aux 2 premiers et 4714 pour le 3e.
Le prieuré avait pour armoiries : d'argent à une croix St André de gueules sur laquelle est attaché le saint en carnation, la tête ornée d'un nimbe d'or, vêtu de pourpre, ceint d'une ceinture d'or, les mains et les pieds attachés d'une corde de même."

Ce sont des extraits du livre écrit par Michel Paques, Eugène Peru, Jean Pierre Roger

Représentation de la présentation du livret
à partir duquel j'ai extrait le texte ci-dessous


Witrinio, Witres, Witre, Witternesse, Biterne. Ce village existait avant l'invasion des Normands de la fin du ix siècle. Il était au nombre des possessions de l'Abbaye de Saint-Bertin. Le nom de Bilerne se trouve dans Froissart. Cet historien nous dit que l'armée anglaise, commandée par le duc de Buckingham, logea en ce lieu au mois de juin 1380. Les notes qui suivent, sur Witternesse et sur le Prieuré de Saint-André, nous ont été communiquées par M. Paris, curé de cette paroisse. Le village de Witternesse, situé au nord-ouest et sur les limites de l'arrondissement de Béthune, arrosé par la Laquette, rivière dont les sources sont à Febvin, à Boncourt et à Bomy, est une commune du canton de Norrent-Fontes. Ce village, assis dans une plaine basse et humide, mais saine, traversé par la Laquette, qui y fait tourner un moulin, se compose de trois rues bordées de maisons, et d'un groupe d'habitations qui entourent de vastes prairies. Le terroir est gras et fertile; on n'y voit aucun caillou, on n'y connait pas la jachère; il produit toute espèce de céréales; les graines oléagineuses, telles que le lin, l'œillette, le colza, la cameline et même le sénevé y viennent abondamment.
Mais si le terroir est riche par son sol, et rafraichi par des eaux salubres, qui fournissent une rivière et nombre de petits ruisseaux, si des prairies et des oseraies agréablement variées viennent ajouter encore à la richesse du sol, d'un autre côté, le pays est privé de bois. La population de Witernesse est de 605 habitants. Après cette topographie de la commune que j'ai cru nécessaire pour bien se faire une idée de ce village, nous allons décrire la paroisse dans son état ancien et actuel. L'église de Witternesse, dédiée à saint Martin de Tours, était, avant la Révolution de 1790, une paroisse dépendante du prieuré de Saint-André-sur-Laquette, et du diocèse de Saint-Omer. Le curé était toujours un religieux de ce prieuré; il ne résidait pas dans la paroisse. Un vicaire séculier, résidant dans la paroisse, remplaçait le curé régulier dans les détails du ministère pastoral. La maison vicariale était dans l'emplacement du presbytère actuel. Le prieur nommait un de ses religieux à la cure vacante, et le choix était confirmé par l'évêque de Saint-Omer. Aujourd'hui, depuis le Concordat de 1802, la commune de Witternesse et celle de Quernes forment une succursale, faisant partie du canton de Norrent-Fontes. La population de la paroisse est de 980 habitants, aujourd'hui confiée à un seul prêtre, et avant la Révolution, à trois prêtres, comme on le verra dans la suite.
On a déjà vu que Witternesse avait un curé régulier et un vicaire, sans parler des autres religieux du prieuré, qui venaient assister le pasteur à certaines occasions. L'église de Witernesse, d'après une pierre insérée dans un mur latéral, paraît avoir été bâtie ou au moins restaurée en 1630; elle n'a pas de nefs latérales; l'unique nef est assez large, et est éclairée par huit fenêtres, mais la voûte est basse.
La Révolution de 1792 avait épargné l'église, mais la main du temps fut plus impitoyable que celle du vandale moderne. Le clocher, qui était une flèche en pierre blanche sans jour, assis sur le chœur de l'église, s'écroula subitement dans les dernières années de la Révolution, et, dans sa chute, écrasa le chœur et la sacristie. Le chœur fut reconstruit avec simplicité, peu après le Concordat; il est éclairé par deux fenêtres de chaque côté, terminé par un plafond et bâti de forme cintrée. Le clocher n'est pas encore relevé de ses ruines, rien ne l'a remplacé, une cloche forte et sonore est restée ensevelie dans le grenier de l'église. La sacristie n'a pas encore reparu, de sorte que l'église de Witternesse est sans clocher et sans sacristie. Un cimetière couvert d'ormes entoure l'église. L'intérieur de l'église est bien dégagé; on n'y voit rien de remarquable; il y a deux autels latéraux de la Sainte Vierge et de saint Nicolas; l'église possède une relique de saint André. Il y a en outre, dans l'église, deux statues de bois: l'une de saint Antoine, abbé; l'autre, de saint Quentin, martyr. La dévotion des fidèles et même des pèlerins y fait brûler des chandelles journellement. Il n'existe aucun monument qui indique pourquoi l'église est dédiée à saint Martin; il y a seulement, près du cimetière, une source, qu'on nomme Fontaine de saint Martin. Quant aux revenus de l'église, ils peuvent s'élaver à 280 fr. par an; sur cette somme, on doit prélever les frais ordinaires du culte. >
PRIEURE DE SAINT-ANDRE-SUR-LAQUETTE.
Avant la Révοlution de 1789, il existait sur la paroisse de Witernesse, un prieuré d'hommes, nommé Saint-André, dont la Laquette arrosait l'enclos. Ce prieuré était de l'ancienne congrégation de l'abbaye d'Arrouaise, près Bapaume, sous la règle de saint Augustin, de la province d'Artois, du gouvernement d'Aire, soumis à l'évêque diocésain de Saint-Omer, mais indépendant de toute abbaye. Vers l'année 1202, sous Lambert, évêque de Térouane, l'évêque diocésain, un noble et puissant seigneur, nommé Robert, seigneur de Chresèques, aujourd'hui Crecques, hameau et annexe de Mametz, possédait une terre, près Witernesse, appelée alors Maugré (Cette terre porte encore aujourd'hui ce nom; c'est une ferme tenue en fief, pour me servir de l'expression ancienne, et occupée depuis longtemps par une famille respectable, M. Rolin. On dit encore, comme il y a plus de 600 ans, la ferme du Maugré.), qu'il tenait en fief dudit évêque. Il y fit bâtir une maison, non loin d'une chapelle dédiée à l'apôtre saint André, et qui était déjà ancienne, el entourée d'un petit cimetière. Il est vraisemblable qu'il existait là, dans ce temps, un petit hameau. dont il ne reste plus aujourd'hui aucun vestige. Quelques années après, quatre clercs attachés à la collégiale de Saint-Pierre, à Aire, dégoûtés du monde, et voulant se consacrer à Dieu d'une manière toute particulière, prirent la résolution de se retirer en un lieu solitaire. On ne sait si ces clercs étaient prêtres; le mot clerc est employé par l'historien Locrius pour les désigner. Ils choisirent donc cette chapelle de Saint-André, située à une demi-lieue de la ville d'Aire, sur les bords de la Laquette, et alors peu connue et inaccessible, même à la multitude. Ils obtinrent du seigneur de Crecques un terrain qui entourait la chapelle, sur lequel ils construisirent une maison. Lorsque leur maison fut bâtie, les quatre clercs, la veille de la fête de saint André, 29 novembre, prirent l'habit religieux et firent leurs vœux sous la règle de saint Augustin. Ils choisirent cette règle à l'exemple des chanoines réguliers de Saint-Victor, à Paris, vulgairement appelés Genovéfains, auxquels ils furent longtemps soumis. Dès l'année 1206, cette maison prit le nom de Prieuré, et Odon en fut le premier prieur. Les registres de l'église collégiale d'Aire de cette année 1206, font mention qu'Odon, prieur de Saint-André, donna au chapitre douze rasières de blé et quatre chapons; sans doute en reconnaissance du fond de son prieuré, dont le chapitre était le haut-seigneur. Ce Prieuré acquit bientôt de l'importance par les dons et les largesses des fidèles; le nombre des religieux augmenta; et, environ trente ans après sa fondation, le pape Grégoire IX approuva, par un diplôme, cette congrégation naissante. Pierre de Chrésèques ou Crecques, fils de Robert, fondateur du prieuré de Saint-André, étant devenu prévôt de la collégiale d'Aire, fit un voyage à la Terre sainte et y mourut le 23 juillet 1218. Sa mère fit rapporter son corps en France, et elle obtint qu'il fut inhumé dans l'église du prieuré de Saint-André, sous une tombe de marbre. Les religieux chantaient, chaque année, le 22 décembre, un service solennel pour le repos de l'âme de ce prévôt. Ce service, dit l'histoire du temps, était précédé des vigiles à neuf leçons. En 1641, pendant le siège de la ville d'Aire, qui fut prise par le maréchal de la Meilleraie, commandant l'armée française, le 27 juillet, ce maréchal destina le prieuré de Saint-André au service des malades et des blessés. Cette destination ne laissa pas de faire quelque tort aux bâtiments du monastère. En 1710, dans la guerre de la succession d'Espagne, qui replongea la France dans les horreurs de la guerre, l'armée des alliés, commandée par le général Marlborough. Ce célèbre guerrier anglais, dont le nom est devenu si populaire en France, après avoir échoué devant Arras, défendu par le maréchal de Villars, vint faire le siège de Béthune, qui fat forcé de capituler le 20 août. Après la prise de Béthune, Marlborough résolut d'assiéger Aire; et, dès le 2 septembre suivant, il plaça son quartier général à Saint-André. Après cinquante-neuf jours de tranchée ouverte, Aire se rendit et la capitulation de la ville et du fort Saint-François fut signée au prieuré, qui était le quartier-général anglais, le 9 novembre. En 1740, le prieur et tous les religieux du prieuré vinrent processionnellement, en grande pompe, rendre leurs hommages å Notre-Dame Panetière, dont la statue, encore aujourd'hui existante, resta exposée dans la collégiale de Saint-Pierre, depuis le 6 juin jusqu'au 15. Cette procession de Saint-André, dont on n'avait pas eu d'exemple, avait attiré un immense concours. Dom Lourdel Gabriel, élu en 1779 à l'âge de 33 ans, gouverna le prieuré jusqu'à sa suppression, en 1789; il fut le dernier prieur, et mourut à Saint-Omer, le 2 novembre 1813, âgé de 67 ans. A la révolution de 1789, le prieuré de Saint-André-sur-Laquette eut le sort de tous les autres monastères; les bâtiments furent vendus, l'église fut rasée, et le corps de logis est aujourd'hui une maison de campagne. Ainsi a disparu le prieuré de Saint-André, après environ 600 ans d'existence, et avec lui ont disparu les aumônes et les secours multipliés que cette maison répandait sur les pauvres et les infirmes. Lorsque le calme fut revenu, et que l'église de France sortit de ses ruines, le village de Witternesse, qui était du diocèse de Saint-Omer, et le village de Querne, du diocèse de Boulogne, formèrent une seule paroisse. Mgr Charles de La Tour-d'Auvergne Lauraguais, premier évêque d'Arras depuis le concordat de 1801, nomma à cette paroisse un religieux du prieuré de Saint-André, M. Bonaventure-Jean-Baptiste Roussel, qui la gouverna 29 ans, jusqu'au 1 janvier 1832, époque où des infirmités forcèrent ce bon religieux à se démettre; il mourut le 11 décembre suivant, âgé de 75 ans, dernier membre du prieuré de Saint-André. Il fut remplacé par M. Flament (Pierre-Joseph), qui administra la paroisse 4 ans et 7 mois, étant mort le 28 juillet 1836, âgé de 40 ans. Celui-ci fut remplacé par M. Paris (Louis-Nicolas), ancien desservant de Gauchin. Cette nomenclature des curés de Witternesse ou d'autres paroisses pourrait d'abord paraître minutieuse, mais je la considère comme intéressante. En effet, ne serait-il pas à désirer d'avoir la chaine des curés qui ont dirigé une paroisse depuis son origine on au moins depuis quelques siècles? C'est pour commencer cette chaîne que j'ai indiqué les noms des curés de Witternesse, depuis la nouvelle organisation de la paroisse en 1802. Je terminerai cette notice du prieuré de Saint-André par le tableau des prieurs qui l'ont gouverné jusqu'à sa suppression, en 1789. La communauté procédait à l'élection de son chef avec les mêmes formalités qui se pratiquaient dans les abbayes. Le prieur, élu par la communauté, était nommé par le roi; il portait la croix pastorale comme les abbés. 1 - Odon, 1 prieur, en 1206 jusqu'en 1220. 2 - 1226 Jean I", jusqu'en 1254. 3 - 1254 Foulque, jusqu'en 1267. 4 - 1267 Nicolas de Bergues fut prieur 10 ans, abdiqua en 1277 et entra au couvent des Dominicains de Bergues. 5 - 1277 Gilles. 6 - 1277 Guillaume d'Aire. 7 - Beaudoin du Château. 8 - Guide d'Etrun dit Hannebiert. 9 - Gérard de Mory. 10 - Barthélemi de Cambrai. 11 - Jacques I dit Guisard. 12 - Radolphe, mort en 1346. 13 - 1346 André du Bois, mort en 1392. 14 - 1392 Jean II du Bois. 15 - Henri I" d'Andres, mort en 1420. 16 - 1420 Jacques II de Fontaine. 17 - Bierre Bouberel. 18 - Henri II de Lépine, mort en 1464. 19 - 1464 Roger le Douch.
20 - Jacques III le Fer.
21 - Jacques IV Guiselain, mort en 1520. 22 - 1520 Nicolas II Bernard, mort en 1550 (Le 14 février 1512, ce prieur fut choisi comme témoin de la limitation des paroisses de Saint-Pierre et Notre-Dame, à Aire.). 23 - 1550 François I", mort en 1571. 24 - 1571 Laurent le Petit, mort en 1581. 25 - 1582 Jean III Bronde, mort en 1596. 26 - 1596 Nicolas III Galiot, jusqu'en 1616. 27 - + Les noms des prieurs depuis 1616 jusqu'à 1729, ne nous sont pas connus. 28 - 1729 Jean IV de la Prouve, nommé par le roi Louis XV le 9 mars 1729, jusqu'en 1763. 29 - 1763 François II Oudermack, jusqu'en 1779.

Collection : F Godart - ADCA
Pierre tombale photographiée vers 2009 dans l'enceinte de l'abbaye

Collection : F Godart - ADCA
Pierre tombale photographiée vers 2009 dans l'enceinte de l'abbaye


Suppression du Prieuré de Saint-André en 1789

C'est le 7 mars 1792 que l'orgue du prieuré de St André-lez-Aire est adjugé à la paroisse de TOURNEHEM pour la somme de 2434 livres 6 sols. On ne connaît pas le facteur qui a construit cet instrument dont le buffet de style LOUIS XV porte la date de 1755. 




Collection : F Godart - ADCA

Photo de Christelle V de Tournehem sur la Hem, décembre 2025

L'orgue de l'église Saint-Médard de Tournehem-sur-la-Hem figure parmi les plus anciens de France

Le 20 juin a été donné, en l'église Saint-Médard de Tournehem-sur-la-Hem, le concert Inaugural de l'association Les Amis de l'orgue, créée au début de l'année pour assurer la mise en valeur de ce patrimoine local.
Ce concert a été donné par François Lombard, organiste de l'église Saint-Pierre de Calais, qui est aussi le président de l'association.

Un bien national acheté en 1792
L'église Saint-Médard, qui date de 1698, possède une nef du XIIe siècle. Elle est aussi richement meublée : le tabernacle du maître-autel, de style Louis XV, provient de la chartreuse de Sainte-Aldegonde, à Longuenesse. Son retable avec les statues des saints Eloi et Médard, a été sculpté par les frères Piette de Saint-Omer. La chaire date de 1730, elle est dûe à un Audomarois, Vanhersel. Huit grands panneaux peints sur bois, travail flamand du XVI siècle, représentent des scènes de la Passion; ils proviennent de l'abbaye Sainte-Colombe de Blendecques.
Mais ce sont les orgues qui constituent le trésor le plus remarquable de cette église. Ces orgues et son buffet viennent du prieuré de Saint-André-les-Aire, qui fut démantelé au cours de la Révolution française. L'instrument date de 1754 et il fut racheté en 1792 par M. Davenne, officier municipal de Tournehem parmi les biens nationaux mis en vente par la Révolution.
Les orgues furent réinstallés dans l'église Saint-Médard et, à vrai dire, mal réinstallés; l'espace compris entre le grand orgue et le positif était si étroit qu'il avait été impossible d'installer un pédalier; cette situation contraignait en outre l'organiste à jouer pratiquement de biais. Cette erreur a été rattrapée au cours de la rénovation de l'instrument, en 1976, et l'orgue dispose depuis lors d'un pédalier couvrant un peu plus de deux octaves.
Le buffet est l'œuvre des frères Piette, menuisiers et ébénistes de Saint-Omer à qui l'on doit de nom-......texte incomplet de des deux meubles, le buffet de Tournehem étant toutefois plus petit. Quoiqu'il en soit, c'est là une magnifique pièce, richement et finement ornementée dans cette mode du XVIII siècle où l'on aimait les angelots, les frises, les grappes de fruits ou de fleurs. L'équilibre général est très remarquable.
L'un des derniers instruments du XVIII siècle
La portée musicale des orgues de Tournehem est tout à fait remarquable. C'est en effet un des très rares instruments du XVIII siècle à subsister, qu'il s'agisse de la mécanique ou des tuyaux. On y trouve des sonorités bien particulières et à nulle autres comparables.
Les orgues comprennent 27 jeux, ce qui est presque trop puissant eu égard à la taille de la nef de l'église Saint-Médard; visiblement, l'instrument avait été conçu pour une église plus grande.
Les amateurs seront intéressés par le détail des jeux. A la pédale en premier, trois jeux qui, eux, sont nouveaux: un bourdon de 16, une flûte de 8, une flûte de 4. Au grand orgue: une montre de 8 au timbre splendide, un bourdon de 8, une flûte de 4, un prestant de 4, une doublette de 2, mixture, cymbale, fourniture. Les anches sont très typées : une trompette de 8 particulièrement belle; clairon de 4, nazard et un jeu très ancien appelé grand cornet.
Au positif, on trouve: bourdon de 8, flûte de 8, dessus de flûte de 4, prestant de 4, cromorne, voix humaine, mixture, cornet, cymbale, fourniture, nazard.
On vient de l'Europe entière pour voir et écouter cet instrument bien connu des amateurs d'orgues et de musique d'orgue.
Ce qu'on sait moins, c'est qu'à plusieurs reprises, en 1796 et en 1821, la fabrique, sur les instances des curés de l'époque, cherche à céder ces orques à l'église Saint- texte incomplet



Ce qui restait du Prieuré fut racheté en 1810 par le général d'Empire Olivier qui mourut en 1811. C'est alors son petit neveu, le comte Hogendorp qui hérita des bâtiments, transformés en maison de campagne !

Les familles Olivier et de HOGENDORP

Collection : F Godart - ADCA
Ouvrez le lien ci-après : Joseph dagobert Olivier

Joseph Dagobert Olivier est un homme politique français né le  à Longwy (à l'époque en Moselle) et décédé le  à Witternesse (Pas-de-Calais).

Fils de Jean-Baptiste Olivier, général d'empire, il entre à l'école militaire de Saint-Cyr en 1809 et fait les campagnes de 1812 à 1815. Il reprend du service de 1818 à 1823 et quitte l'armée avec le grade de capitaine.

Commandant de la garde nationale et conseiller municipal de Saint-Omer, il est député du Pas-de-Calais de 1830 à 1831, siégeant à gauche, puis de 1848 à 1849, siégeant avec la gauche modérée.

Source : Wikipédia
Ouvrez le lien ci-après : Jean-Jacques Olivier dit Jean-Baptiste Olivier

Jean-Jacques Olivier, dit Jean-Baptiste Olivier, né le  à Strasbourg et mort en service le  à Witternesse, est un général français de la Révolution et de l'Empire.

Il était marié à Maria Anna Lambert et eût pour enfant en particulier Cécille Catharina Olivier, baronne qui était mariée à Carel Sirardus Willem Van Hogendorp




Source : archives départementales du Pas de Calais : Façade du château de Saint André à Witternesse - Famille de Hogendorp

Source : archives départementales du Pas de Calais : Façade du château de Saint André à Witternesse - Famille de Hogendorp

Photo : Pascale Camus
Le monument funéraire des familles de Hogendorp, Olivier et Détape.
Witternesse, le nouveau cimetière, route de Lambres

Source : Généanet, liste des individus relevés par keragui

  • RIVAUX Angèle Alexandrine Louise
    ° 27/02/1868 + Année 1904
    Conjoint : OLIVIER Fleurus Henri Louis Joseph
    ° 05/07/1861
    Note : Née à Montenescourt (62)
  • DÉTAPE Olivier
    ° Année 1953 + Année 1954
  • OLIVIER (COMTE de HOGENDORP, BARON OLIVIER) Charles Guillaume
    + 10/08/1913
    Note : 87 ans.
  • MECHIN (COMTESSE de HOGENDORP, BARONNE OLIVIER) Camille
  • + 23/03/1883
    Note : Décédée à Paris, âgée de 55 ans.
  • OLIVIER (BARON) Jean Jacques
    + 27/09/1813
    Conjoint : LAMBERT Marie Anne
    Note : Général de division, grand officier de la Légion d'honneur, décédé à 47 ans

Source : Wikipédia
Jean-Jacques dit Jean-Baptiste, baron Olivier

Source Wikipédia
Marie Anne Lambert, baronne Olivier


  • LAMBERT Marie Anne
    + 28/06/1821
    Conjoint : OLIVIER Jean Jacques
  • WEISBROT Louise
  • LAHURE Catherine
    Conjoint : LAMBERT
    Note : Belle-mère de Jean Jacques OLIVIER
  • OLIVIER (BARON) Joseph Dagobert
    ° 09/09/1792 + 11/08/1878 - Député du 28 octobre 1830 au 31 mai 1831 et du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
    Conjoint : ARMAND Claudine
    Note : Né à Longwy (Moselle). Décédé à Saint-André.
  • DÉTAPE Paul Alfred Marie
    ° 21/08/1892 + Année 1931
    Conjoint : HURTEVENT Solange Marie Joséphine
    Note : Né à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais).
  • HURTEVENT Solange Marie Joséphine
    ° 30/07/1899 + Année 1942
    Conjoint : DÉTAPE Paul Alfred Henri
    Note : Née à Bomy (Pas-de-Calais).
  • DÉTAPE Albert
    ° Année 1893 + Année 1918
    Conjoint : OLIVIER Isabelle
    + Année 1931
  • DÉTAPE Paul
    ° Année 1930 + Année 1975
    Conjoint : MANGIN Thérèse
    ° Année 1932 + Année 1975




"NOTES INEDITES SUR L'ABBAYE ST ANDRE EN 1914-1918"
Du 23 décembre au 3 août 1915, le château de St André a été le siège du quartier général du Corps de Cavalerie Indien (Indian Cavalry Corps) commandé par le lieutenant général Rimington, ayant comme chef d'Etat Major le Brigadier Général Mac Andrew et comme Directeur des services administratifs le Général James.
Son altesse Royale, le Prince de Galles, a été l'hôte du Général Rimington au château de St André du 9 au 12 février 1915.
Le 10 février le Général a fait aux maîtres de la maison le grand honneur de les inviter à diner avec le Prince.
Le 14 février, le Général nous invite de nouveau à sa table avec le Prince Louis d'Orléans, petit fils du Duc de Nemours et fils du Comte d'Eu, capitaine dans l'armée Britannique.
Le Général Rimington a reçu plusieurs fois la visite du Général Commandant la 1ere Armée Sir Douglas Haig, devenu depuis Maréchal et illustre Généralissime des Armées britanniques et à qui j'ai eu l'honneur d'être présenté.
Le Maradjerb Fertab Sing ayant le grade de général dans l'armée britannique, est venu souvent à St André accompagné d'un jeune officier indien qui est lui même un des plus riches Maradjah des Indes.
Le 13 juin 1915, le Roi et la Reine des Belges accompagné du Prince héritier Léopold et du Prince et de la Princesse de Toch (actuellement Lord et Lady Athlone), frère et belle sœur de la Reine d'Angleterre, assistent à une Fantasia Indienne donnée en leur honneur par les régiments Indigènes de l'I.C.C sur le champ de manœuvres de Linghem après laquelle un thé lui est offert dans la salle à manger et le salon du château de St André, dont nous sommes priés de faire les honneurs.
Le 29 juin 1915, le Général Baratier célèbre par sa collaboration à l'œuvre de l'illustre Capitaine Marchand (traversée de l'Afrique de l'Ouest à l'Est, de la côte d'Ivoire à Fachoda) vient déjeuner avec le Général Rimington avant de se rendre à un concours hippique organisé par l'I.C.C. entre les officiers des divisions de Cavalerie Françaises et Anglaises dans les prairies attenantes au château de Criminil (commune d'Estrée-Blanche); après le départ du quartier général de l'I.C.C. les Etats Majors de cavalerie, d'artillerie et d'infanterie britanniques se sont succédés presque sans interruption.
Le 6 mai 1917, arrivée à St André de l'Etat Major de la 2e division Portugaise commandé par le Général Simon Machado qui y séjourna jusqu'au 7 novembre.
Le 11 octobre a lieu dans la grande salle à manger et les salons de St André le dîner présidentiel Franco-Portugais offert par le Président Bernardino Machado de la République Portugaise à M. le Président Poincaré, accompagné par M. Barthou, M. William Martin, chef du protocole et le Général Duparge secrétaire général de la Présidence… A 9 heures du soir départ de M. Poincaré.
Le Président Machado, son premier ministre Alphonse Corta Suarez, ministre des affaires étrangères, Chaques ministre du Portugal à Paris et le Général Allenou attaché à la personne du Président Machado pendant son séjour en France, restent à St André quatre jours. Le Président Bernardino Machado reçoit chaque jour à sa table (à diner) des généraux anglais, le général Simon Machado commandant la 2e division portugaise, le général commandant la 1ere division, le général Tamaquias commandant les forces portugaises et le maître et la maîtresse de maison. Le Président Machado quitte St André le 15 octobre ».

La signature qui suit est illisible mais c'est celle du curé Hyppolyte Quétu.

Le Général Horn a du venir avec cinquante généraux à St André en 1918, d'après ce que nous avons entendu dire, que nous sommes attaqués, car nous sommes restés à Paris du 15 mars au 15 septembre en 1918. "
Ce sont des extraits du livre écrit par Michel Paques, Eugène Peru, Jean Pierre Roger.




Collection : F Godart - ADCA


Collection : F. Godart - ADCA
La ferme Mongré autrefois appelée ferme Maugré