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vendredi 31 juillet 2026

2016 - ESTREE-BLANCHE, aujourd'hui et autrefois


Le château de Créminil à Estrée-Blanche fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 19 avril 2005.

Ce nom trouve son origine dans les fondations faites de pierres calcaires : "Cré" = Craie, "Minil" = Manoir, soit "le manoir de craie".

Le château de Créminil est attesté à partir de 1329.

C'est la famille Le May qui fit construire en 1443 ce château qui fut restauré après les dégâts causés par les troupes du XVIe siècle. Les habitants successifs de ce château furent : la famille Le May, en 1540 Hugues de Buleux, en 1670 Antoine de Vignacourt et la famille Le Merchier de 1687 à la Révolution.

Durant la guerre de Succession d'Espagne lors du Siège de Lille (1708), le 2 septembre, le prince Eugène de Savoie-Carignan porta deux colonnes de son armée vers Estrée-Blanche et une autre colonne sous la conduite du Duc de Malborough se dirigea vers Divion. Le Duc de Malborough aurait même campé à Estrée-Blanche le 21 juillet 1708.

Le château de Créminil est entouré par une double douve en eau, et l'on y accède par un pont-levis. Il est construit suivant un plan circulaire autour d'une cour intérieure et il est flanqué de tours, de tourelles et de contreforts. La terrasse surplombant la douve a été créée au XVIIIe siècle, des ouvertures ont été percées et il ne subsiste comme défenses que les ouvertures de tir de la tour nord.

Les douves et le château ainsi que le parc boisé qui l'entoure et l'allée de tilleuls, après avoir été inscrits le 27 septembre 1946, ont été classés monument historique le 19 avril 2005.

Le parc du château de Créminil (c'est-à-dire l'allée de tilleuls qui mène au château, le parc qui l'entoure et le parc boisé délimité par la rivière la Laquette) est classé monument historique et inscrit au pré-inventaire des jardins remarquables.


EN COURS DE REDACTION













L'église saint Vaast



Autrefois, le Dr Pruvost exerçait à gauche
A droite, c'était le cabinet de consultation du Dr Wolowszyk



Une première allée de tileuls
avant la traversée de la route

L'allée de tilleuls dans le parc du château de Créminil










Le jardin médiéval de Créminil

Le jardin médiéval de Créminil

Le jardin médiéval de Créminil



Deux cygnes noirs






Deux petites pilasses
Droit devant, on aperçoit l'église

Droit devant : l'église
A gauche, un troupeau de moutons

Le troupeau de moutons à gauche
Au centre la maison de la ferme Ammeux
A droite l'église







La maison du brasseur autrefois.
Elle est devenue la mairie

Estrée-Blanche est l'une des rares communes du PDC
à ne pas disposer de blason.
Cependant, près de la porte de la mairie, un blason est apposé


La chapelle de l'ancienne brasserie

L'école primaire

La Lacquette coule vers Liettres






La plupart des photos ci-après m'ont été transmises par Albert que je remercie !

Qulques unes proviennent des archives dépatementales du Pas de Calais, j'ai précisé sous les photos


ESTREE-BLANCHE AUTREFOIS

Album de Croÿ
Archives départementales du Pas de Calais


Le château

Photo : archives départementales du Pas de Calais



Le monument aux morts

Photo : archives départementales du Pas de Calais


Le moulin








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La brasserie






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Le centre et les rues du village





Par H. D. Girdwood
Cette image a été fournie par la British Library à partir de ses collections numériques. Elle est également disponible sur le site British Library.Inscription au catalogue: Photo 24/(118), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26186512


Par H. D. Girdwood — Cette image a été fournie par la British Library à partir de ses collections numériques. Elle est également disponible sur le site British Library.Inscription au catalogue: Photo 24/(135), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26186526


Par The British Library — Transport mules in a French factory [Estrée Blanche]. Photographer: H. D. Girdwood., No restrictions, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=35208753

Liettres autrefois











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La gare






Société anonyme des chemins de fer
carrières er ciments d'Estrée Blanche
notice imprimerie de Vitez-Gérard 1882
Achives départementales du Pas de Calais

Photo empruntée sur internet


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L'église





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L'usine de la Société des Produits chimiques
d'Estrée-Blanche

Son histoire

Sur les terrains jouxtant et comprenant le supermarché JPG, existait à la fin du 19 siècle une sucrerie qui arrêta sa fabrication en 1902. Ses bâtiments se dégraderont au fil du temps.
Autrefois, la peinture était fabriquée avec de la céruse, un produit à base de plomb très dangereux pour les ouvriers.
Monsieur Sckricke de Saint-Omer eût connaissance qu'un autre produit le Lithopone pouvait avantageusement remplacer la céruse. Il apprit l'existence de cette sucrerie désaffectée et décida d'en faire une usine de lithopone. Il rechercha des actionnaires pour les apports financiers et trouva M Lefebvre, un grand industriel Lillois, M Durdur de nationalité belge qui dirigeait depuis peu une vinaigrerie à Saint-Omer mais qui avait habité Amiens depuis son enfance. M Lancelle et M Dubreucq de Saint-Omer également apportèrent le reste du financement pour la réalisation des travaux sur les bâtiments rescapés de la sucrerie et pour l'achat des machines.
Les premiers essais eurent lieu par M Lecomte en 1920 mais ils ne furent pas très performants. M. Durdur envoya à Estrée en 1922 M Duchaussoy Arthur, un ami amienois expert en chimie. Leurs efforts associés donnèrent un produit meilleur mais qui n'était pas encore parfait. Le brevet du produit étant allemand, les actionnaires firent donc appel à deux autres chimistes: M Kisly, un allemand et M Hirschell, un hollandais. Tous les quatre formèrent une équipe soudée et performante et en 1924 sortait un produit réunissant toutes les qualités de blancheur et de pouvoir couvrant. Le lithopone de marque Primalba était né.

Il fallait maintenant trouver du personnel pour la marche de l'usine, car étant située à l'extrême ouest du bassin minier, beaucoup d'hommes étaient mineurs. Malgré tout, de petits cultivateurs d'Estrée-Blanche et des environs dont le travail de la terre n'arrivait pas à les faire vivre, vinrent s'embaucher. Quelques hommes et femmes d'Estrée vinrent grossir l'effectif. Mais celui-ci demeura toujours insuffisant. Le Directeur Général, M Durdur Achille, qui avait entre temps quitté la vinaigrerie de Saint-Omer fit appel à des ouvriers polonais. Quelques dizaines d'hommes arrivèrent, laissant femmes et enfants en Pologne (les familles n'arrivèrent en France que quelques années plus tard). Les Polonais étaient logés par l'usine dans une baraque en bois comportant une allée au centre et des loges de 3m sur 3m de chaque côté. Le dimanche et les jours de fêtes, les bagarres étaient fréquentes après de nombreuses absorptions de divers alcools.
M Kisly et M Hirschell rejoignirent leurs pays vers 1926-1927. M Durdur habita la maison mitoyenne à l'ancienne poste jusqu'à la fin de 1935 puis emménagea dans une habitation spacieuse et confortable construite en 1935 au milieu d'un pare avec pelouses, arbustes, sapins et arbres fruitiers. M Duchaussoy, contremaître chimiste, habita dans un bâtiment au fond de l'usine près de la pâture de M Delhotel. Une partie de ce bâtiment servit aussi longtemps de laboratoire. Ml Laure Bacon, contredame que M Durdur avait fait venir de Saint-Omer, logeait dans une chambre à l'étage de ce même bâtiment. Me Fontaine, comptable, trouva un logement à Estrée-Blanche, dans la rue de l'église chez deux demoiselles seules.
L'usine fonctionna sans problème jusqu'en septembre 1939, date de la déclaration de la guerre. Les ouvriers ainsi que M Duchaussoy étant mobilisés, l'usine ferma. M Durdur et sa famille se réfugièrent en France libre. M Duchaussoy réussit à échapper à l'armée allemande et ne fut pas fait prisonnier. Il rentra dans sa famille le 10 juillet 1940. M Durdur, comprenant que la France libre ne le resterait pas longtemps et s'inquiétant dans ses intérêts revint lui aussi fin 1940. Entre temps, les soldats allemands avaient occupés l'usine sans cependant y causer de dégâts et ne s'y attardèrent pas. Un officier allemand et son ordonnance s'étaient installés chez Met Mh Durdur. Les troupes étaient cantonnées au champ d'aviation de Rely. Le gîte et le couvert lui paraissant sans doute très satisfaisants, il fut l'invité imposé de M et M Durdur pendant une grande partie de la guerre. En 1941, l'usine ouvrit à nouveau ses portes, marchant à plus faible rendement jusqu'en 1944 où elle subit des dégâts causés par le bombardement du 6 juillet 1944. Deux bombes tombèrent sur les bâtiments à 30 mètres de la grande cheminée de 55 mètres de hauteur, une autre sur l'autre face de l'usine entre l'usine et la Lacquette. Dès la libération, la reconstruction se fit rapidement, aucune machine importante n'ayant été touchée. L'usine se remit en route, donnant une production maximum.

L'usine employa jusqu'à 150 ouvriers. Avant la fin de la guerre, ils travaillaient de 8h à sah et de 14h à 18h. A partir de 1945 et à leur demande, ils adoptèrent la journée continue de 6h30 à 14h50 avec une pause pour se restaurer de gh30 à ghso. Après la guerre, l'usine employa aussi une dizaine de prisonniers allemands. En 1947, ils eurent la permission de rejoindre le pays. Deux seulement revinrent: M Jean Drager qui épousa une française M Yvette Nourry et M Conrad Linsmeier, qui lui, ramena sa femme en France, à Estrée-Blanche.
Malheureusement, M. Durdur décéda en 1947. Les actionnaires ne trouvant pas de PDG, M Duchaussoy eut l'entière responsabilité de l'usine pendant deux ans.
En 1950, M Lefebvre fit la connaissance de M Stievenard André et lui attribua la place de directeur général. En même temps que lui arriva un de ses amis M Sepiéter qui prit la direction du laboratoire d'analyses.
M Duchaussoy ayant atteint l'åge de 65 ans, et sa santé devenant délicate prit. avec une certaine nostalgie, sa retraite en avril 1957. Il se retira dans un village près d'Amiens, sa ville natale,
Mais avec tous les moyens modernes de fabriquer la peinture, le lithopone perdit sa rentabilité. Depuis 1950, le chemin de fer La Lacque Estrée-Blanche avait cessé son exploitation. Les frais de transport (charbon, baryte, expédition du lithopone) devinrent de plus en plus importants, car ils devaient se faire par camion.
La société des Produits Chimiques déposa donc le bilan et l'usine ferma fin mai 1962.
Toutes les machines furent démontées. Les bâtiments vides et le terrain furent achetés par Maître Limousin, notaire à Fléchin. Tous les bâtiments furent abattus. La cheminée d'än poids de 800 tonnes et d'une hauteur de 55 mètres fut détruite au début du mois de septembre 1978. Maitre Limousin vendit une partie du terrain face à la cité des Myosotis afin d'y construire un supermarché JPG. En 1989, une entreprise emporta toutes les terres du terril qui étaient composées des déchets résultant de la fabrication du lithopone. Seules subsistent actuellement la maison du Directeur qui a été achetée par le Docteur Dubois et la maison de M Duchaussoy qui a été achetée par ses particuliers.









Définition du lithopone

Avant la guerre de 1914, la peinture était fabriquée à base de céruse (appelée encore blanc de céruse ou blanc d'argent) qui était un hydrocarbonate de plomb.
En raison des graves intoxications des ouvriers qui le fabriquaient, la céruse fut prohibée en France depuis 1915. La céruse fut donc remplacée par un autre produit le lithopone qui est en mélange de sulfate de baryum et de sulfure de zinc (environ 70 parties du premier pour 30 du second).
Le lithopone est susceptible de se dělayer dans une huile siccative, l'huile de lin pour faire de la peinture. Il est employé seul pour l'intérieur ou additionné d'oxyde de zinc pour l'extérieur. Il est particulièrement stable à la lumière.


Le travail des ouvriers

A partir de 1945 à 6h30, la sirène retentissait. Les ouvriers arrivaient au travail. Ils se rendaient dans la salle de pointage. Ils prenaient leur carton» et l'enfonçaient dans l'horloge pointeuse qui marquait leur heure d'arrivée. 15 minutes de retard étaient sanctionnés par 30 minutes de moins de travail, 30 minutes de retard par une heure de moins de travail. En hiver, les retards étaient fréquents car une majorité d'ouvriers venait des villages voisins en vélo et quelquefois à pied. Victor fit pendant sa carrière le trajet Cuhem Estree-Blanche aller et retour cinq jours par semaine, la musette au dos.
Retentissement de la sirène à 9h30 et à 9h30 pour marquer le début et la fin du casse-croûte. A 14h50, dernier retentissement de la sirène fin de la journée. Là, les retards au pointage étaient rares. Cet horaire permettait aux ouvriers de travailler chez eux après leur séjour à l'usine où certains d'entre eux avaient quelques mesures de terre qu'ils pouvaient entretenir le soir surtout au printemps et en été.
Une autre catégorie d'ouvriers était celle qui travaillait aux deux fours, au générateur et à la salle des machines. Ceux-la faisaient des postes nuit, matin, après-midi. Jusqu'en 1945 ils travaillaient une semaine du matin, une semaine de l'après-midi, une semaine de nuit. Mais ensuite les hommes des fours et du générateur préfèrent travailler un jour du matin, le lendemain de l'après-midi et le surlendemain de nuit. Il fallait done travailler avec quatre hommes pour trois postes pour permettre aux ouvriers d'avoir deux jours de congé consécutifs par semaine.
C'est M Duchaussoy qui rédigeait l'emploi du temps»; c'est-à-dire le tableau de tous les postes pour un mois avec le jour et les horaires de travail des ouvriers :
  • poste du matin: 5h30-13h30
  • poste de l'après-midi: 13h30-21h30
  • poste de nuit: 21h30-5h30.
Tous les jours à 21h30, M. Duchaussoy faisait sa tournée». Il se rendait au four à sulfure, au générateur, à la salle des machines pour s'assurer que les hommes de poste étaient arrivés. M Bacon allait au four à calciner. Mais parfois l'homme de remplacement ne pouvait venir: maladie ou autre mobile (impossibilité de se déplacer en hiver ou autre raison). Le chauffeur de four devait alors faire face à deux postes consécutifs. Il repartait chez lui pour chercher de quoi se restaurer, puis revenait. Pendant son absence, M. Duchaussoy le remplaçait pendant une heure, deux heures parfois plus.


Tout le travail des ouvriers se faisait à la main. Les hommes déchargeaient les wagons de charbon, de baryte, de zinc à la pelle. Le zinc arrivait en sacs. L'hiver, en temps de neige et de gel, il fallait employer la pioche et la pelle.
Les chauffeurs de four transportaient leur charbon dans une brouette. Les ouvriers chargeaient les sacs de lithopone sur l'épaule pour l'expédition. Ils poussaient les wagonnets à la main. Victor passait ses journées à transporter la baryte jusqu'au broyeur à cailloux. Je ne l'ai jamais vu faire autre chose.
Le terril était constitué de trois ou quatre paliers. Les wagonnets déchargeaient les déchets sur le sol. Deux ou trois hommes prenaient les déchets avec une pelle et les lançaient sur le premier palier et ainsi de suite jusqu'au dernier palier.
Les fours et le générateur ne s'arrétaient jamais sauf pendant une période de huit jours en plein été. Durant cette semaine, la plupart des ouvriers prenaient leurs congés payés. M Duchaussoy en gardait une douzaine (des gars en pleine santé) pour nettoyer les carnaux. Les carnaux étaient des couvertures ménagées dans les voûtes des fours pour le passage des flammes et les souterrains qui amenaient les fumées du four et du générateur à la grande cheminée de 55 mètres. Les ouvriers devaient gratter toute la suie qui recouvrait les parois avec des brosses et des grattoirs. Ce travail était rendu encore plus pénible par le courant d'air venant de la cheminée et traversant le souterrain. Les hommes ressortaient aussi noirs que les mineurs. Ils devaient ensuite faire la queue devant les douches pour rentrer propres chez eux.
Parmi les ouvriers, il y avait un chauffeur de voiture (M Foubert), des mécaniciens (dont M Sagnier d'Enquin), un menuisier (M Pelcat puis à sa mort un allemand Conrad), un électricien (Jean Drager, un allemand). Les ouvriers ne travaillaient pas le dimanche et le lundi. Au bureau travaillait Me Fontaine. Elle prit sa retraite juste après la guerre. Madame Marquillie et sa fille Claire la remplacèrent. En 1935 M Dubois vint remplacer Claire qui s'orienta dans un autre métier. elle





Les miinerais

Les minerais employés étaient le charbon, la baryte et le zinc. Le charbon était la lignite, combustible intermédiaire entre la houille et la tourbe de pouvoir calorifique variant selon la pureté de 1400 à 6500 calories. Ce combustible venait d'Allemagne, de la région du Rhin.
La baryte est un protoxyde de baryum Ba qui se présente sous la forme de cailloux de couleur blanchâtre de densité 5.54 (2 fois moins lourd que le plomb). Souvent, sur la baryte se présentaient d'autres traces de minerais. Les cailloux étaient alors rayés de couleurs différentes et très brillantes vert, jaune, marron... Tous ces minerais étaient rejetés au cours de la fabrication. La baryte venait essentiellement du midi de la France.
L'usine utilisait aussi du soufre, du sel de mine

L'eau

Elle arrivait du forage très profond qui se trouvait au milieu du hall au blanc. Toute l'usine, les maisons du directeur et du contremaître avaient l'eau sous pression.

L'électricité

L'usine produisait son électricité. Le générateur produisait de la vapeur à forte pression qui mettait en mouvement la machine dans la salle des machines (dynamo, alternateur). Accroché au mur de la salle des machines, il y avait un grand panneau couvert de manettes qui alimentaient chaque partie de l'usine en électricité, avec nombre de fusibles. Le courant produit était de no volts (voltage normal à cette époque). Le dimanche et le lundi, l'usine ne tournait pas Les feux du générateur étaient seulement entretenus pour ne pas s'éteindre, l'usine ne produisant pas d'électricité. Tous les bâtiments étaient rattachés à la Béthunoise, réseau local d'électricité en ce temps là. Lorsqu'un fusible fondait, M Duchaussoy devait à l'aide d'une grosse lampe à pétrole (car cela arrivait surtout le soir, la demande d'électricité étant plus forte) se rendre à la salle des machines pour chercher l'origine de la panne.




La fabrication du lithopone

La baryte était transportée en brouettes du tas de baryte jusqu'au broyeur à cailloux (1) où elle était écrasée. Ensuite, elle était conduite au four (2) où le chauffeur de four la répandait sur la sole du four où elle était chauffée à très haute température, la chaleur du foyer étant réverbérée par la voûte du four, Quand l'ouvrier la retirait, elle était rouge blanc et dégageait une chaleur énorme.
De lå, elle était conduite dans des bacs contenant de l'acide sulfurique. Il fallait faire de nombreuses manipulations complexes avant d'obtenir du sulfate de baryte pur. Il fallait éliminer tous les déchets, tous les sels d'autres minerais. Tout cela se faisait dans d'énormes cuves de décantation où l'on devait à différents niveaux mesurer les degrés baumës pour connaître la densite des liquides. On se servait pour cela de l'aréomètre.
Le sulfure de zine se faisait dans la station de zine (3) où, là aussi, diverses transformations étaient faites dans d'autres cuves jusqu'à l'obtention d'un sulfure de zinc pur. Le sulfate de baryte et le sulfure de zinc étaient envoyés ensuite dans des cuves à la précipitation (4).
C'était là le début de la fabrication du lithopone. Il fallait malaxer 70% de sulfate de baryte avec 30% de sulfure de zinc. Pour que le lithopone soit d'excellente qualité, il fallait faire des prélèvements pour voir si le produit obtenu avait la densité exacte du lithopone. Quand le produit idéal était obtenu, il partait dans le hall au blanc (5) où il passait dans des presses pour l'essorage complet. De là, il était déversé dans des wagonnets qui le transportaient au four à calciner (6) où il était desséché, Retiré du four et déversé directement dans les wagonnets, il prenait la direction des séchoirs (7) où il était refroidi et prenait la consistance d'une poudre.
A la sortie du séchoir, il était d'une blancheur impeccable. Il était conduit alors dans le magasin (8) où il était mis en sacs et pesé. Ces sacs (7 à 8 feuilles épaisses constituaient un sac) étaient déposés sur le tapis roulant et arrivaient au magasin (9).
Là, les ouvriers empilaient les sacs les uns sur les autres. Le lithopone était prêt pour l'expédition.


Le lithopone lumineux

Pendant la guerre, vers 1942, M Durdur au cours d'une conversation avec l'officier allemand qui logeait chez lui, eut connaissance d'un lithopone lumineux.
Il se mit en rapport avec une usine allemande qui utilisait le procédé. Il réussit à en obtenir les règles principales de la fabrication. Le lithopone prenait la lumière du jour et la rendait la nuit. Comme ce travail ne devait pas nuire à la fabrication du lithopone brut, M Duchaussoy et le chimiste passèrent des nuits entières à faire essais sur essais. lls y parvinrent enfin, mais ce procédé ne fut pas exploité pour la vente, l'usine n'étant pas pourvue des moyens nécessaires pour sa fabrication.
Il fut abandonné. D'autres usines reprirent le principe (aiguilles lumineuses des réveils, enseignes lumineuses)









1961 - La ligne de chemin de fer d'Estrée-Blanche est réouverte
Vendredi après-midi, une locomotive Diesel de la S.N.C.F. amenait quelques wagons à la Société des Produits Chimiques d'Estrée Blanche.
Certes, ce transport n'avait rien d'exceptionnel et il passa inaperçu auprès de tous les habitants de la commune.
Pourtant cette nouvelle desserte revêt une importance capitale pour l'avenir économique d'Estrée-Blanche et des environs.
Depuis la fermeture des mines, la société chimique d'Estrée-Blanche restait la seule industrie Implantée dans la région. Lorsque la Sucrerie de Trézennes ferma ses portes, cette société assura encore le transport par rail de La Lacque à Estrée-Blanche. Mais au mois de janvier, Trézennes supprimait toute liaison et démontait ses locomotives.
Or, cette liaison par le rail était d'un intérêt vital pour l'usine d'Estrée-Blanche. En face du Marché Commun et des dynamiques industriels allemands, l'usine Produits Chimiques ne pouvait livrer à des prix compétitifs que si la desserte était assurée. Il lui faut en effet amener la baryte nécessaire à sa fabrication et expédiés le litopone, produit fini. Ces deux matériaux sont livrés vrac et dans ce mode de transport le rail est le moins onéreux. C'est pourquoi M. Stiévenard, directeur de l'Usine, fit d'incessantes démarches auprès de la S.N. C. F. pour que la ligne soit reprise par la compagnie nationalisée. Non sans mal, il parvint à ses fins.
Cependant dans un communiqué, le service exploitation de la S.N.C.F. ajoutait :
Cette mesure a été prise, a titre d'essai, pour ne pas laisser sans communications faciles la région éloignée des routes nationales, du canal et des grandes lignes ferroviaires, tout en lui facilitant ses activités commerciales
Il est à noter que le maintien de l'exploitation de la ligne dépend
du trafic qui lui sera confié". C'est pourquoi, les syndic agricoles, les négociants en grains et autres matériaux lourds ont été invités à utiliser ce mode transport. La desserte sera assurée chaque mardi et chaque vendredi, entre 14 h. 30 et 15 h 30.
Les wagons pourront être chargés ou déchargés en gare de Lambres ou bien à Estrée-Blanche, l'embranchement même de l'us des Produits Chimiques qui a évité les usagers à s'en servir.
Photo : La locomotive, sur laquelle ont pris place les employés de la S. N. C. F. arrive à l'Usine des Produits Chimiques
Texte et photo : L'écho de la Lys. Collection : le Fonds ancien de la ville d'Aire sur la Lys. Photo de l'article : Pascale Camus.