A noter que le 17 juin 1851, Pauline se marie à Aire sur la Lys avec Alexandre Houzet, négociant natif de Blendecques. Parmi les témoins, on relève Jean-Baptiste Houzet et Louis Houzet les frères du marié, fariniers a Blendecques. A noter du côté de la mariée, les deux frères Adolphe et Emile Schotsmans négociants résidant à Moulin le Comte. Autre témoin intéressant : Auguste Dambricourt, papetier de 50 ans à Wizernes. Un contrat anténuptial a été déposé le 25 mai à l'étude de Maître Bourdrel à Aire.
Décès au château :
Le 28 mars 1852, à 19 heures, alors que l'on attendait l'heureuse naissance, le docteur en médecine (ou médecin) Napoléon Dumortier, de 40 ans, annonce le décès en couches de Pauline. Elle et son mari Alexandre habitent Wizernes. L'enfant sans vie est de sexe masculin. Il ne porte pas de prénom.
1857: Installation d'une machine à vapeur. Deux turbines hydrauliques actionnaient le moulin à farine et produisaient l'électricité nécessaire à l'éclairage des bâtiments. L'une des turbines du moulin pouvait être couplée à la turbine du moulin situé sur l'autre rive de la Lys.

Leur fils Arthur Schotsmans, né le 26 octobre 1840, est un enfant du village. Il poursuit l'entreprise familiale. Il se marie le 10 septembre 1866 à Seclin avec Léonie Collette, originaire de Seclin (Nord) Léonie est aussi baignée dans le monde des industriels. Son père Auguste est fabricant de sucre a Seclin. Son frère Auguste est distillateur à Seclin. Dès son mariage, il est fort à penser qu'Arthur est resté sur Seclin. La famille Schotsmans ne semble plus occuper le château (comme le confirme le recensement Aire de 1872) Arthur et Léonie ont trois enfants. Marguerite née en 1867 à Aire. Léon né en 1869 à Cille et Henri en 1875 à Seclin. A la naissance de Marguerite, le 21 juillet 1867, Arthur est négociant Les témoins sont Charles Niot commis négociant à Aire (que nous citons plus loin) et Henri Jovnin (négociant et conseiller municipal).
Incendie au moulin en 1881
Pendant la nuit du 10 au 11 novembre 1881, un incendie détruit complètement le moulin. En effet, vers 3 h du matin, l'ouvrier de surveillance et le chauffeur donnent l'alerte au feu. Les sapeurs pompiers d'Aire interviennent. Les meules, engrenages s'écroulent. Les magasins, renfermant de grandes quantités de blé, farine, étaient menacés, notamment ceux de l'autre côté de la Lys (ancien moulin Hermary). Les pertes s'élèvent à environ 300 francs. Cf article de l'Echo de la Lys du 17 novembre 1881 (en annexe). Il fut reconstruit en 1883
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Incendie relaté dans l'Echo de la Lys du 17 novembre 1881 Photo : Hervé Devassine |
AIRE.
Mairie d'Aire
Département du Pas-de-Calais.
Le Maire de la ville d'Aire remercie ses concitoyens, les sapeurs pompiers et les troupes de la garnison de l'empressement qu'il ont mis à se rendre sur le lieu de l'incendie de Moulin-le-Comte et du zèle qu'ils ont déployé dans ce malheureux événement.
Il est heureux d'avoir pu constater que la Compagnie des sapeurs pompiers nouvellement réorganisée s'est rendue digne des sacrifices que la ville fait pour elle.
Quoique tout le monde ait fait son devoir, il signale plus particulièrement à la reconnaissance de ses concitoyens le Caporal de feu Colbaut et le Caporal de pompe Ballin qui ont tous deux contribué à préserver les magasins; et le Cavalier Faucompret dont le courage et la belle conduite ont été remarqués.
Aire, le 14 Novembre 1881.
Le Maire d'Aire
FAUCQUETTE.
Nous reproduisons pour ceux de nos lecteurs qui n'auraient pas reçu vendredi dernier notre supplément, le compte-rendu de l'incendie qui a détruit l'usine de M. Schotsmans, farinier à Moulin-le-Comte, pendant la nuit du 10 au 11 Novembre.
Vers 3 heures, l'ouvrier en surveillance dans les moulins s'aperçut qu'au 2e étage, le frottement d'un coussinet près de l'aspirateur, venait d'enflammer le plancher. Il cria le chauffeur resté en bas et celui-ci s'empressa de donner l'alarme. Mais le feu s'étendit avec une intensité effrayante, et se communiqua rapidement à tout le bâtiment. En quelques minutes les ravages étaient tels qu'il devenait impossible de les arrêter.
Les meules, les engrenages s'écroulaient ravivant les flammes et les projetant à une grande hauteur. Le blé et la farine formaient un amas rougi d'où s'exhalait une chaleur intolérable. Au-dessus du théâtre de l'incendie le ciel s'éclairait et avant même que l'alarme fût répandue en ville les habitants étaient réveillés par la lueur sinistre qui brillait sur les monuments et les maisons.
La petite cloche du beffroi sonna le tocsin et presqu'aussitôt le roulement des pompes annonçait le départ de la compagnie des pompiers sous les ordres de ses chefs. Le pas cadencé des soldats qui partaient en toute hâte se fit ensuite entendre.
L'administration municipale, les autorités militaires, M. le commissaire de police, les gendarmes conduits par M. le maréchal-des-logis, s'empressaient d'organiser les chaines, et les pompes abondamment alimentées commençaient à fonctionner.
En ce moment le spectacle offert par l'incendie était à la fois effrayant et grandiose; la farine crépitait sous l'effort du feu et à chaque toit qui s'écroulait, la flamme surgissait en lançant vers le ciel des gerbes d'artifices. Des remparts, on voyait se dessiner les bâtiments avec leurs croisées en feu
Les magasins renferment de grandes provisions, se trouvaient sérieusement menacés, surtout celui qui fait face de l'autre côté du pont de la Lys, ancien moulin de M. Hermary. On réussit pourtant à les préserver. Heureusement le temps était calme et favorisait les efforts des pompiers.
Mais l'usine était condamnée; ce magnifique établissement qui occupait de nombreux ouvriers a été entièrement la proie des flammes.
Nous ne croyons pas qu'il y ait exagération à évaluer les pertes à 300,000 fr. Il y a diverses assurances.
Nous avons peu de détails à ajouter.
Le brasier formé par les décombres des toits et les grains qui se consumaient a duré jusqu'au mardi soir. Les flammes s'élevaient par moments à plus d'un mètre de hauteur et donnaient au théâtre de l'incendie, pendant la nuit, l'aspect d'un haut fourneau.
Dimanche, des milliers de curieux se portaient vers Moulin-le-Comte et contemplaient ces ruines fumantes. Un poteau indiquait au passage du pont, le danger auquel les voitures s'exposeraient en se risquant auprès des murs lézardés. Ces murs avaient été tellement chauffés que les places des poutrelles, encadrements de croisées, bois quelconques étaient marquées par des vides.
Une énorme arcade en maçonnerie, à l'intérieur, restait suspendue, prête à s'écrouler au moindre ébranlement.
Malgré l'absence du vent, le feu pendant l'incendie lançait au loin des braises brûlantes. On en retrouve dans les pâtures à une assez grande distance et le jardin derrière la maison d'habitation en est couvert; elles ont même incendié un arbre. Les corniches de la maison, remplies de ces matières en combustion, avaient éprouvé également un commencement d'incendie promptement réprimé.
Les agents d'assurances, arrivés mardi soir, ont établi leurs calculs, qui paraissent se rapporter à nos premiers renseignements.
Par suite d'ordres donnés par l'administration municipale dans l'intérêt de la sécurité publique, les corniches, cintres et crêtes menaçants du côté de la rue ont dû être abattus.
On a réussi à éteindre une partie importante du foyer, en introduisant, samedi dernier, par une tranchée pratiquée à travers la muraille, les eaux de la Lys, qui ont aussitôt noyé les grains jusqu'au générateur. Le reste a été éteint par les ouvriers de M. Schotsmans qui n'ont arrêté leur travail infatigable que mardi.
Les pompiers et les soldats avaient veillée jusqu'au dimanche matin.
On nous signale un incident passé inaperçu pendant l'incendie. Les chevaux. effrayés par la vue des flammes, avaient été mis en liberté au milieu des pâtures et couraient affolés. L'un d'eux, en ruant avec fureur, atteignit à la tête un autre cheval. Celui-ci se débattit quelques instants en poussant des cris lamentables puis tomba raide mort.
Vente des biens du moulin en 1882
L'Echo de la Lys des 16 et 23 février et 2 mars 1882 mentionnent la vente par Arthur Schotsmans des usines auprès de l'étude de Maître Labitte à Aire. Vente d'une propriété de 7 hectares 10 ares 92 centiares, comprenant une minoterie traversée par la Lys. Sur la rive droite, se trouvent l'ancien moulin, en partie incendié ainsi que les générateurs, la machine à balancier, la roue Sagebien, la maison d'habitation et 3 petites maisons ouvrières. Sur la rive gauche : une turbine, des docks à vis, ventilateurs, silos (pour stocker 10.000 hectolitres de grains) et une écurie pour 12 chevaux et une maison habitation, 2 jardins potagers, une pâture de 4 hectares.
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Vente du moulin. Article de l'Echo de la Lys de février 1882 Photo : Hervé Devassine
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En 1870, Monsieur Schotsmans est propriétaire des moulins à farine situés rive droite et rive gauche. La maison qu'il construit dix ans plus tard, en 1880, et les maisons ouvrières qui subsistent témoignent encore aujourd'hui de sa réussite sociale et professionnelle.
Les moulins, qui avaient été repris en 1930 par les raffineries de sucre Béghin, ont été détruits en 1967.
Accident au moulin en 1883
Echo de la Lys du 31 octobre 1883 : "lundi, vers quatre heures du soir, un jeune garçon de Saint Quentin, Henri Moitel, âgé de douze ans, aidait de son père qui est maçon, à des travaux de nettoyage de nochères au moulin de M. Schotsmans à Moulin-le-Comte. En passant près d'une lucarne, malgré les recommandations de son père, il eut la curiosité de descendre à l'intérieur des bâtiments pour voir marcher les machines. C'était une imprudence des plus fâcheuses. Le bonhomme glissa dans la boite cylindrique appelée trou à râteau et fit un plongeon dans la farine. Par malheur il avait heurte du front contre une barre de fer en dégringolant dans son trou et avait reçu de fortes contusions à la tête. A ses cris, un ouvrier meunier accourut et parvint à le dégager, mais il était méconnaissable; le sang ruisselait sur sa figure à travers un masque de poussière blanche et retombait sur ses vêtements qui étaient complètement enfarinés. Le pauvre garçon avait en outre avale une quantité de fine poussière qua lui remplissait la gorge et dont il eut beaucoup de mal à se débarrasser. Son père s'empressa de le transporter à son domicile pour les premiers soins. On espère que cet enfant n'aura pas de suites graves."


En 1899, lors du mariage de Léon Schotsmans (fils d'Arthur), on apprend qu'Arthur est négociant à Seclin et Léon industriel à Seclin. L'entête de facture de l'entreprise datée de 1890 confirme bien qu'à Moulin le Comte existait une minoterie à cylindres. Les sacs de farine son expédiés par la gare d'Aire sur la Lys. Par contre, les bureaux sont sis à Seclin. Père et fils travaillent en collaboration à Seclin et délèguent leurs affaires de Moulin le Comte à un négociant.
Il est à préciser que les Schotsmans ont d'autres biens dans la région. Ils possèdent un moulin à Brebières (près de Douai), une minoterie de la société Schotsmans et Cie à Don (près de Seclin)
1902 : décès de Léon Schotsmans
Le 16 octobre 1902, Léon Schotsmans décède à Seclin à l'âge de 33 ans. Il a fait partie du conseil municipal (élu en 1896) Ses affaires, l'ayant mené sur Seclin, il cessa ses fonctions. Le maire d'Aire sur la Lys évoque dans son discours le fait qu'une terrible maladie l'a emporté en quelques semaines. Il laisse une jeune veuve et un seul descendant : Marcel, né en 1901 à Seclin, mort pour la France à Bibane (au Maroc) en mai 1925. Suite au décès de Léon, on peut en déduire le retour d'Arthur au château de Moulin le Comte
La direction de la minoterie fut confiée à Alphonse Bataille puis en 1922 à Edouard Viez, comme en témoigne le recensement de 1911.
La première guerre mondiale :
Dans son ouvrage, l'abbé Mallart décrit les évènements de cette guerre : "En septembre 1914, arrivent de la Belgique, région d'Ypres, des colonnes entières d'évacués, qui fuient devant l'ennemi et viennent s'abriter dans les casernes vides de la ville d'Aire. Un peu plus tard, ce sont des familles des pays miniers menacés (Lens, Harnes, Billy). Beaucoup de ces malheureux trouvent à St Quentin et Moulin-le-Comte un accueil si bienveillant qu'ils cherchent à s'y fixer jusqu'à la fin des hostilités. En 1915, le général Joffre vint à Moulin-le-Comte, se rencontrer avec le maréchal anglais Douglas Haig, chez Arthur Schotsmans, où résidait le duc de Connaught, proche parent du roi d'Angleterre. Ces trois personnages conférèrent quelque temps ensemble sur la conduite la guerre, puis les deux grands chefs militaires repartirent en toute hâte vers leurs quartiers généraux. En cette même année Moulin-le-Comte reçut encore les ministres anglais Lord Kitchener et Asquith et le prince régent de Serbie, aujourd'hui roi de son pays.
Les taubes allemands survolent Aire sur la Lys, mais la riposte se fait par trois gros canons de marine camouflés aux abords de l'église. Trois bombes tombèrent sur le territoire en mars avril 1918. Les trois points de chute furent le 1er à proximité de la ferme de l'Estrasselles dont la toiture fut fort endommagée, l'autre dans la plaine voisine de la gare de Moulin-le-Comte et la troisième sur la route de Rincq, dans une pâture où fut tuée la paisible vache d'une brave ménagère. Au cours de cette terrible guerre, la paroisse eut à enregistrer, hélas! des pertes élevées en vies humaines : vingt-neuf morts et neuf disparus, au total trente-huit victimes."
Le moulin fut réquisitionné par les autorités préfectorales pour le ravitaillement.
Voici quelques informations glanées sur un site nommé "association 1914-1918" :
- Schotsmans, Emile (capitaine): Appartenant à une famille de grands industriels d'Aire-sur-la-Lys, il est capitaine à la 22me batterie du 215ime RAC. Les frères Verly en parlent en termes affectueux. R. Tixier confirme cette impression. Il semble que cet officier jouissait d'une excellente réputation parmi ses hommes. Sévèrement blessé dans la Somme, il reprendra du service puisqu'on le retrouve à la tête de la 21 Section de Munitions du 215me RAC en 1917. Les registres du SHAT indiquent qu'il se retirera en 1925 avec le grade de chef d'escadron.
- Schotsmans: Industriel, il dirige la distillerie de Trézennes où Henri travaille de l'automne 1914 à son incorporation. La famille Schotsmans était propriétaire des moulins à farine dits moulins Le Comte situés rive droite et rive gauche de la Lys, à Aire, et qui avaient fait sa fortune à la fin du Second Empire.
Echo de la Lys du 17décembre 1914 : « Delbecq Désiré, jardinier à Moulin-le-Comte, caporal à l'armée belge, a été blessé dans les combats sur l'Yser et évacué à Londres (Chelsea)».
Echo de la Lys du 20 mai 1915 : « M. Henri Schotsmans, industriel à Trézennes, vient d'être frappé dans ses plus tendres affections par la mort d'une de ses plus jeunes fillettes, Gabrielle Schotsmans, décédée à Berck-Plage, le 15 mai courant, à l'âge de 5 ans. Ses funérailles ont été célébrées à Berck-Plage, le 18 mai, suivies de l'inhumation au cimetière d'Aire, le même jour dans l'après-midi. En cette pénible circonstance, nous prions M. Henri Schotsmans et sa famille, d'agréer l'expression de nos sincères condoléances».
L'entre deux guerres
En 1920, l'annuaire administratif et commercial de Saint-Omer et son arrondissement indiquait: Aire sur la Lys, rue du Moulin, Arthur Schostmans et son concierge jardinier Martel.
En 1923, mariage à Lambres de Madeleine Schotsmans, fille d'Henri, industriel à Trézennes, avec Jean Poidatz chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre. Jean Poidatz deviendra maire de Lambres en 1935. Il sera aussi membre de la chambre de commerce et d'industrie de Béthune en 1950-51.
En 1923, l'abbé Mallart décrit le château ainsi : « A Moulin le Comte, la maison de maître qu'habite Arthur Schotsmans attire l'attention du passant par sa belle construction, ses grilles légères où s'entrelacent le lierre, le chèvrefeuille et la glycine, ses grands arbres et son bosquet. Dans le potager qu'arrose un large curant des eaux de la Lys se sont donné rendez-vous les meilleurs fruits de la région et les plus belles fleurs du pays ! ».
En 1923 : "la minoterie est mue par une machine à vapeur et trois turbines hydrauliques, donnant ensemble une puissance de 100 H.P. Broyage et convertissage par cylindres. Blutage (= séparation de la farine et du son) par plansichters (= blutoirs) et bluteries centrifuges ». de l'abbé Mallart.
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Publicité dans l'Echo de la Lys en 1924 Collection : Fonds ancien de la ville d'Aire sur la Lys Photo : Pascale Camus |
Le 21 septembre 1924, à l'église de Saint Quentin, le prêtre bénit la nouvelle cloche qui porte les prénoms de Léonie Marie. Le parrain est Arthur Schotsmans, la marraine Mme Adolphe Salomé.
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Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys Photo : Pascale Camus |
En 1924 : "Accident de travail: le 25 novembre, Lefer Théophile, 61 ans, jardinier chez Arthur Schotsmans, propriétaire à Moulin-le-Comte, s'est piqué la face dorsale de la main gauche en manipulant des rosiers."
- Arthur décède le 9 décembre 1930 à Moulin le Comte, à l'âge de 90 ans. Il était père de 3 enfants: Marguerite, née en 1867 à Aire, Léon né en 1869 à Lille et Henri (né en 1875 à Seclin, mort en 1963 à Aire). Lors des funérailles, le maire Adolphe Salomé ne tarie pas d'éloges. Il met en avant ses qualités de bienfaiteur auprès des malheureux, ses compétences à traiter les affaires communales. Il fut conseiller municipal d'Aire sur la Lys pendant 14 ans: de 1878 à 1884 et de 1904 à 1912. Quant à M. Bataille, vice président de la société des agriculteurs du Nord, il met en avant les talents de la famille Schotsmans, reconnue des minotiers. Cette famille est à l'origine des moulins de Don, de Brebière, de Prouvy. Usines qui pour l'époque se voulaient imposantes, innovatrices… Forts des nouvelles technologies, ils avaient introduits les cylindres en remplacement des meules à moudre.
Arthur était président d'honneur du syndicat et du comice agricole du Canton d'Aire sur la Lys. Il est nommé chevalier du mérite agricole. Il était aussi administrateur de la Banque de France, membre correspondant de la chambre de commerce. Arthur présidait la société catholique de gymnastique Saint Michel. Il était membre de la commission unique des Etablissements charitables.
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Echo de la Lys du 11 décembre 1930 Collections : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys Photo : Pascale Camus |
La relève : Henri Schotsmans.
Henri, le fils d'Arthur et Léonie Collette prend la relève. Henri Schotsmans est né le 19 juillet 1875 à Seclin. Il se marie en premières noces avec Marguerite Pauchet (née en 1878 à Aire sur la Lys, décédée en 1914). Il se remarie avec Angèle Pigis. Il eût un enfant Hubert (décédé en 2008 ou 2009)
Henri et Marguerite habitent à Trézennes en 1906 et 1911 (d'après les recensements de population de Lambres). Ils sont distillateurs. Ils ont pour descendance : Madeleine née en 1902, Henriette en 1903, Antoinette en 1905, Arthur en 1907 (atteint d'infirmité, décédé en 1944 à Leuze en Belgique) et Gabrielle en 1910, Simone (1912-2001), Colette (1913-1999).
Henri hérite en 1922 du moulin et d'une partie des biens. Les anciens du village de Moulin-le-Comte se souviennent bien de cette famille dont le patronyme belge Schotsmans était phonétiquement francisé en «Cosmance». Ils ont connu M. et Mme Gustave Lherbier jardinier et cuisinière, M. Caron chef comptable à l'usine de Trézennes (mais qui résidait à côté du château). Le chauffeur et majordome était Abel Leroy, dont l'épouse était anglaise.
Les anciens ont connu également le dépôt de betteraves (côté C.E.R.) et la bascule. M. Bertin était basculeur et procédait à la tare jusque vers 1965. Les anciens se remémorent aussi la grande cheminée (côté CER) qu'ils ont vu abattre après la Libération.
Beaucoup n'ont pas oublié l'implication religieuse des Schotsmans. Lors de la procession du Saint Sacrement, la procession débutait à l'église de Saint Quentin, passait par les reposoirs de la Croisette, de la ferme de Charles Vampouille Cauliez, du château Schotsmans, du château Dérosiaux Dublique, chez Elie et Angèle Moitel Laloy (route de Mametz).
Henri développe son activité à Trézennes (commune de Lambres lez Aire). Il assiste en septembre 1927 à la bénédiction de la nouvelle chapelle et école de Trézennes. Il est conseiller du commerce extérieur (1930)




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La fin du moulin.
En 1932, Henri Schotsmans vend les biens à la Société anonyme des Distilleries de Trézennes « sucrerie et distillerie de Trézennes, mais conserve le château de Moulin le Comte. Jean Poidatz, son beau fils, sera directeur de cette S.A.
Durant la seconde guerre mondiale, ce château aurait servi à loger des soldats allemands, tout comme le château Dhorne (dit auparavant château Dérosiaux). Une nièce de M. Schotsmans, venue pendant l'occupation, donnait des cours de piano.
Le hameau a beaucoup craint le bombardement du 8 août 1944.
Charles Vampouille avait construit un abri quelques mètres derrière l'actuelle statue Notre Dame de Lourdes. Cette statue fut érigée en 1948 par les paroissiens de Saint-Quentin et de Moulin-le-Comte, elle a été bénie le dimanche 22 juillet 1951 par Mgr Perrin, évêque d'Arras, suivie d'un repas au château.
En 1950, Henri est président du conseil paroissial de St Quentin, son épouse est présidente de la L.F.A.C.F. (Ligue Féminine d'Action Catholique Française).
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Carte postale de Régine Baudequin Photo : Pascale Camus 2025 |
Carte postale de la statue Notre-Dame de Lourdes donnée à tous les paroissiens de Saint-Quentin et de Moulin-le-Comte lors de son inauguration.
"A ND de Lourdes la paroisse St Quentin Moulin le Comte reconnaissante 1940-1946"
Il m'a été relaté, dernièrement, que des personnes avaient écrit des vœux sur un petit papier et que ces petits papiers avaient été placés dans un flacon, lui-même placé sous la statue de la Vierge

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Echo de la Lys du vendredi 27 juillet 1951 Collection : Fonds ancien de la ville d'Aire sur la Lys Photo : Pascale Camus |
La paroisse de Saint Quentin et Moulin le Comte a reçu, dimanche, Monseigneur Perrin
La paroisse de Saint-Quentin et Moulin-le-Comte (hameaux d'Aire) avait préparé dimanche dernier une belle fête à l'occasion de la bénédiction d'une statue de N.-D. de Lourdes érigée près de la ferme Vanpouille-Foubert, entre le carrefour de la Croisette et Moulin-le-Comte. Le beau cortège, si bien préparé par tous les habitants des deux hameaux, a été empêché par le violent orage qui a éclaté à 16 heures, au moment même de l'arrivée à l'église de Son Excellence Mgr l'Evêque.
Sous le porche de l'église, M. Gosseau, maire d'Aire, au nom de la population de la commune, lui adressa les souhaits de bienvenue en ces termes :
Excellence,
Au nom de la ville d'Aire, je viens exprimer à votre Grandeur toute la joie que lui cause l'honneur qu'Elle lui fait en venant, en personne, bénir ce monument érigé en exécution d'un vœu fait pendant la dernière guerre.
-Les habitants de la paroisse suburbaine de Saint-Quentin Moulin-le-Comte n'avaient pas en depuis plus d'un demi-siècle la faveur d'une visite épiscopale et son vénéré pasteur a voulu que la vôtre fut entourée de tout l'éclat possible. Il y a d'ailleurs été aidé par le concours empressé de tous ses paroissiens.
Que mes remerciements soient le témoignage sincère de notre respectueux dévouement et de la bonne harmonie qui n'a jamais cessé de régner à Aire, entre les autorités civiles et religieuses.
Puis M. Henri Schotsmans, au nom de la paroisse, a pris la parole :
Excellence,
Avant de pénétrer dans notre belle petite église, qui occupe l'emplacement de celle bénie en 1023 et consacrée à Saint Quentin, par Mgr Bauduin, évêque de Thérouanne, permettez moi de vous présenter, en qualité de président, les membres du Conseil paroissial, qui est en même temps celui des vétérans, car leurs âges totalisent 420 années soit une moyenne de 70 ans.
Seul parmi nous M. Ognard se rappelle avoir été confirmé dans notre église, en 1885, par Mgr Dennel. Depuis cette époque, aucun évêque diocésain n'est passé à Saint-Quentin.
M. Charles Vanpouille, que voici, est le donateur du terrain sur lequel nous avons édifié la statue de N.-D. de Lourdes, en exécution d'un vœu prononcé par M. l'abbé Delory, qui fut notre vénéré curé pendant 25 ans. Nous regrettons beaucoup que son état de santé ne lui ait pas permis d'être parmi nous en cette belle fête.
La statue de N.-D. de Lourdes, que vous bénirez tantôt, a été érigée à Moulin-le-Comte, à un des points les plus rapprochés de la rampe de lancement des V 1. Sans la protection de la Vierge de Lourdes, l'agglomération aurait pu subir le même sort que le hameau de Rincq qui fut gravement détruit par les bombardements d'avions.
Toute la paroisse a suivi la neuvaine si bien prêchée par le R. P. Denigot. Elle est toute entière avec nous pour acclamer la visite de son évêque, attendue depuis 66 ans.
Je suis son interprète pour vous ses vœux transmettre, Excellence, nombreux pour la prospérité de votre Episcopat et pour que la bénédiction solennelle de la statue de N.-D. de Lourdes attire sur elle toutes sortes de grâces, en lui épargnant entre autres une nouvelle occupation, qui serait - certainement beaucoup plus terrible que la dernière !
Son Excellence a répondu très aimablement aux allocutions de M. le Maire et de M. le Président du Conseil paroissial. Elle a fait remarquer que, -pour visiter toutes les paroisses de son grand et important diocèse, il lui faudrait consacrer toutes les journées durant près de trois ans.
Les averses prolongées s'opposant de façon formelle à la sortie du cortège, au grand regret des organisateurs, Mgr Perrin et le R. P. Prédicateur ont prononcé dans l'église les allocutions qui devaient être dites au pied de la statue.
Précédé de quinze vaillants cavaliers qui bravèrent stoïquement l'abondante ondée, Mgr Perrin s'est rendu en auto à Moulin-le-Comte et, en bénissant la statue, mêla l'eau bénite aux cataractes que le ciel déversait à ce -moment. Brève cérémonie à laquelle -n'a pu prendre part le cortège prévu : -ni les nombreux figurants, ni l'Harmonie municipale d'Aire qui devait prêter son concours et a été dans l'impossibilité de se faire entendre.
La journée s'est terminée par un repas servi chez M. et M Henri Schotsmans, à Moulin-le-Comte, et empreint de la plus grande cordialité. Y étaient réunis autour de Son Execellence M. le Vicaire général qui accompagnait Mgr M. le Doyen et MM. les Vicaires d'Aire: M. Gosseau, maire d'Aire M. le chanoine Mortreux, supérieur du Collège MM. les Curés de Saint-Quentin, Rincq, Mametz; le R. P. Collier les membres du Conseil paroissial de Saint-Quentin et Moulin-le-Comte: M. Tierny président de ma Musique municipale d'Aire sur la Lys

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Le vendredi 22août 2025 Photo : Pascale Camus |
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En 1954, le château devient vide. Personne ne l'habite plus. La S.A. de Trézennes vend les biens en 1961 à la Distillerie des sucreries et raffineries Joseph Béghin (S.A.R.L. à Thumeries, Nord)
Les bâtiments de la minoterie ont été démolis en 1960.
Henri, décède en son château de Moulin le Comte le 9 mars 1963, veuf, à l'âge de 87 ans





Reconversion des lieux.
En 1963, Charles Dewasmes (1922-1999) et son épouse Julia Walden rachètent le château, mais ne l'habitent pas. Ces derniers habitent rue de Lillers à Trézennes. Charles avait créé la S.I.T.C.A. transports, société spécialisée dans les travaux et transports exceptionnels, en location de matériel, véhicules, dépannage jour et nuit. Il était le propriétaire de l'ancienne sucrerie de Trézennes, mais aussi de trois châteaux celui de Moulin le Comte, de la Redoute à Aire sur la Lys ("Les trois Mousquetaires" puis restaurant "les Saveurs du Parc" puis les assurances Pillot) et celui de Trézennes. Il avait la "bosse du commerce". Certains se souviennent de son projet de développer l'aviation sur sa piste de Trézennes, qui n'aboutit pas. Charles Dewasmes décède le 9 décembre 1999 à la maison médicale d'Aire sur la Lys.
En 1984, le château est racheté par la commune pour devenir une maison de l'Artisanat, inaugurée le 7 juillet 1985. Trente deux artisans ont répondu présents dans différents domaines: couvreur d'ardoise, chauffagiste, meubles de style divers, tapisserie, ferronnerie d'art, poterie, tissage, gravure sur verre, objets d'art, tissage,... La compagnie La Marelle jouait de l'orgue de barbarie. A l'extérieur, des démonstrations de jeux anciens (quilles, tir à l'arc, javelot,
La maison de l'artisanat est ouverte toutes les après-midi de 14 h à 19 h sauf le lundi.
Sa vocation était aussi de proposer aux jeunes dès l'âge de 18 ans des stages de B.A.F.A. (brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur)

En 1990, le syndicat mixte Morinie Lys, regroupant 41 communes, présidé par Gérard Verroust décide de créer un Gite de groupe (accueil de centres aérés, jeux, associations sportives…), inauguré le 27 avril 1990. Sa directrice est Marie Hélène Dupont, son animatrice est Katia Mollet. Ce gîte propose des classes de découverte, des réunions de famille et des séminaires d'entreprises. Il permet aux groupes de théâtre de répéter.
La plaquette publicitaire vantait les mérites d'un cadre conçu pour offrir les possibilités les plus variées : loisirs, détente, sports, études, découvertes, séminaires, cérémonies… Ce centre offre les commodités de la ville, tout en étant en pleine nature. Pour votre confort, 8 chambres de 4 à 8 lits offrent une capacité d'hébergement de 50 places: sanitaire et douche dans chaque chambre, salon, salle plénière polyvalente. Au choix; un service de restauration pour les groupes ou la formule gestion libre ».
Des moyens pédagogiques ou animations « clés en main » sont mis à votre disposition. Au programme: des circuits de découverte, du matériel de projection et vidéo, des stages sportifs, des expositions, des sorties natures avec guide, des contacts nombreux pour réaliser des visites de musées ou d'entreprises. Sur place: randonnées pédestres, V.T.T., visites historiques. A proximité: piscine, équitation, pêche, tir à l'arc, pédalo, tennis… Le site bénéficie de l'agrément de l'Education nationale et de la Jeunesse et Sports. Des foyers ruraux du Pas de Calais effectuaient des stages sportifs à l'initiative du comité départemental du sport en milieu rural du Pas de Calais. Ce gite faisait partie de la fédération des Foyers ruraux créatrice de Conteur en campagne





Chambres d'hôtes.
Achetés le 6 avril 2011, et après de longs mois de travaux, les lieux accueillent depuis la fin de 2012, cinq chambres et tables d'hôtes (soir et petit déjeuner) tenues par Francis et Cédric Van der Elst. Ce duo de belges, a déjà exercé leur talent auparavant à Bruxelles en Belgique. Ils accueillent des clients de toutes nationalités principalement des anglais, des néerlandais, des belges et des allemands. Ce château situé sur la rive droite de la Lys, au nº 44 rue Principale, s'étend sur une superficie de 48,50 ares. Autrefois, les biens du château comprenaient la maison de M. Bruno Mordacq et le café du Servoir, le C.E.R (4 hectares), la pointe occupée par la société des Eaux, Un ruisseau nommé "le Servoir" serpente la propriété, pour se jeter plus loin dans la Lys.
La bâtisse que l'on appelle communément château est en réalité une belle demeure bourgeoise de la fin du XIXe siècle, sur deux étages (dont le dernier est mansarde). Le château est une construction en briques (avec enduit) et pierres (marches…) qui date de 1880.
La cour d'entrée a laissé place au parking pavé et caillouteux pour accueillir les clients. La façade est remarquable de par sa symétrie et son motif en crénelé rouge et blanc qui s'allie parfaitement avec l'imitation rouge barre des pilastres d'entrée et encadrant la propriété (côté rue principalement). La toiture est en ardoises, tuiles mécaniques et tuiles flamandes mécaniques. Les caves voûtées abritent la chaufferie et diverses pièces consacrées au jardinage
Le parc est arboré d'espèces variées, que l'on peut dater de la fin du XIXe siècle également. Il y a un frêne, ainsi qu'un hêtre... Au fil des années, ce château retrouve son charme, et on ne peut que s'en réjouir.
Hervé Devassine
Jérôme Pannier
Quelques photos de 2014
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| Photo : Hervé Devassine |
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| Photo : Hervé Devassine |