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mardi 7 octobre 2025

MOULIN-LE-COMTE, hameau d'AIRE-SUR-LA-LYS : son histoire.

Le hameau de Moulin-le-Comte.

Travaux de recherches en grande partie réalisés par Hervé Devassine, complétés par moi-même, j'ai également procédé à la rédaction de l'article dans ce blog et un diaporama en vue de la présentation aux habitants intéressés de ce hameau. 
Faute d'avoir pu avoir la nouvelle salle de Moulin le Comte pour partager et échanger, [je n'ai absolument pas compris ce refus (les habitants n'ayant pas le matériel informatique seront privés, bien dommage)], je me suis concentrée sur la rédaction de cet article et celui du hameau de Saint-Quentin avec partage et échanges avec une trentaine d'habitants le samedi 28 mars. 
Il faut rappeler qu'il y a encore quelques dizaines d'années ces deux hameaux partageaient beaucoup de choses : les écoles, la paroisse, le syndicat agricole et peut être davantage ...

Photo : Pascale Camus


Laissez moi vous conter…

l'histoire de Moulin-le-Comte !

Moulin le Comte est l'un des 15 hameaux d'Aire sur la Lys. Sa première mention dans les archives date de 1202. Son orthographe évolue au fil du temps: Molendina (1202), Mollins-le-Comte (1400) les Moulins le Comte (1742) Moulin de la Liberté (1793) Moulin le Comte (1852)

Ce très joli hameau est traversé par la route principale (D 196), axe de communication important entre Aire et les hameaux de Rincq et Glomenghem. Il est délimité au nord par le hameau de Rincq, au sud par la route d'Aire à Mametz, à l'est par les fortifications et à l'ouest par le village de Mametz.

Le hameau compte 11 rues : rue de St Quentin, Chemin de Rincq, rue de la Gare, rue du Moulin, Le Bietz, Sentier du Cordonnier, Impasse Belle Vue, Sentier Rolin, Impasse du Servoir, Impasse Gentilly, Rue de la Fleur des Champs. En 1876, Moulin-le-Comte comptait 82 maisons pour 354 habitants.

Un préfabriqué, domicilié rue de la Lys abritait l'école mixte. L'école fermée, en très mauvais état, elle est démolie et remplacée par une salle des fêtes.

L'ancienne école mixte
Photo : Hervé Devassine

La salle des fêtes construite à l'emplacement de l'ancienne école
Photo Pascale Camus


En outre, il y avait une gare, au nº 8 rue de la Lys. La ligne ferroviaire de 34 kms qui desservait le hameau, fut ouverte officiellement en 1893 pour le trafic et les voyageurs. Cette ligne, desservie par le chemin de fer d'intérêt local, reliait Fruges à Aire et traversait Matringhem, Delettes, Thérouanne, Mametz, Moulin-le-Comte et Aire. 

Photo : Pascale Camus

Photo : Mme Caron

Photo Mme Caron


Echo de la Lys du 6 avril 1893

Avril 1893 : INAUGURATION Chemin de fer d'Aire à Fruges.
Nous pouvons annoncer d'une façon sûre et définitive que l'inauguration du chemin de fer d'Aire à Fruges aura lieu. le 13 Avril et que l'exploitation de la ligne commencera le 15.
Le Ministre des travaux publics sera représenté à cette fête par un délégué et MM. Ringot, Ribot et Jonnart, sénateur et députés de l'arrondissement de St-Omer, y assisteront ainsi qu'un certain nombre de sénateurs, députés, conseillers généraux et d'arrondissement, ingénieurs et Maires des communes
traversées par la ligne. Voici le programme de cette fête:
A midi 35.
Réception à la Gare de la musique du 73º d'infanterie par la musique d'Aire.
A 1 heure du soir.
Vins d'honneur offerts à la Mairie.
A 3 heures 1/2.
Départ du cortège pour la Gare.
A 4 heures.
Arrivée du train officiel. à la Gare des autorités. ville. Réception Entrée en
A 5 heures 1/2.
Banquet dans les salons de l'Hôtel-de-Ville.
A 7 heures 1/2.
Illumination du Kiosque et de l'Hôtel-de-Ville. Ouverture du concert par la Musique municipale d'Aire.
A 8 heures.
CONCERT par la Musique du 73° d'infanterie.
A 10 heures.
FEU D'ARTIFICE, tiré par M. Taveaux, d'Amiens.

Photo ancienne de la gare de Moulin le Comte



Quand Aire sur Lys était  un nœud ferroviaire
La gare est devenue le siège social d'une société d'ambulances dirigée par le fils de l'ancien chef de gare.
Jusque dans les années d'après-guerre, Aire-sur-la-Lys était un nœud ferroviaire important.
Difficile de croire, quand on voit l'état actuel de ce qui reste des voies, que le chemin de fer a profondément marqué la vie de la cité, en étant à la jonction de deux réseaux.
A partir de 1845. des compagnies privées, avec le feu vert de l'État, développent le chemin de fer en France. Elles tissent un réseau en étoile autour de Paris. Les voies sont à l'écartement dit normal ou standard: 1,435 mètre. En 1879, les députés adoptent un plan dû à l'ingé nieur Freycinet qui s'occupa aussi des canaux (son nom est resté pour définir le gabarit de certaines péniches). Le but est de lancer la construction de nouvelles voles ferrées pour obtenir un maillage plus serré. C'est dans ce cadre qu'est décidée la réalisation de la ligne qui va de Saint-Omer à Aire-sur-la-Lys puis rejoint Armentières.
A noter également un embranchement pour l'exploitation des mines de charbon. Il partait de la Lacque pour rejoindre Fléchinelle et Estrée-Blanche. La voie a été démontée à l'arrêt de l'extraction.
Quelques années plus tard, le conseil général souhaite, lui aussi, densifier le maillage du chemin de fer. Il décide notamment la réalisation de deux axes importants en correspondance avec les réseaux existants. Le premier va de Fruges à Calais et le deuxième d'Aire-sur-la-Lys à Berck. Pour limiter les frais d'achat et d'exploitation et en raison d'un trafic moins important, le conseil général choisit un autre écartement: 1 mètre. La ligne d'Aire à Berck est inaugurée en 1893.
Avant la Deuxième Guerre mondiale, le chemin de fer commence à souffrir de la concurrence de la route. Les années d'après-guerre et ses restrictions lui accordent un sursis. Mais, le 2 octobre 1954, le service voyageurs est stoppé entre Saint-Omer et Berguette - Isbergues. Puis, la voie est démontée entre Aire-sur-la-Lys et la gare de Racquinghem -Wardrecques. Il n'y a plus eu que du trafic de marchandises sur le réseau restant.
Pour le chemin de fer à voie métrique, le glas a sonné le 29 août 1952 quand le conseil général a décidé son arrêt.




Fin 1936 près de la gare de Moulin le Comte
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus


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Avec Régine, mémoire du hameau, mon mari au volant et moi-même en convalescence l'hiver dernier, nous sommes allés repérer les anciens cafés, commerces, artisans, agriculteur. J'ai pris les photos des demeures

De nombreux cafés maintenaient un tissu social au sein du hameau de Moulin le Comte : 

1. Café Madeleine puis Michel et Huguette Evrard-Dufour "Chez Monseigneur", 

Café Madeleine puis Michel et Huguette Evrard-Dufour "Chez Monseigneur"
Photo : Hervé Devassine

Café Madeleine puis Michel et Huguette Evrard-Dufour "Chez Monseigneur"
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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2. Café, épicerie et charcuterie Louise Dumoulin puis repris par Régine Bandequin-Dessoly "le Servoir", 

Café, épicerie et charcuterie Louise Dumoulin puis repris par Régine Bandequin-Dessoly "le Servoir"
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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3. Café Marie Joly, 

Café Marie Joly
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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4. Café Marie Bonnière, 

Café Marie Bonnière
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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5. Café, charbon et ferme Hermant - Delmaire, 

Café, charbon et ferme Hermant - Delmaire
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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6. Café Angèle Moitel, "Le café des Champs"

Café Angèle Moitel "Le café des champs"
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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7. Café, menuiserie, pompes funèbres Pette

Café, menuiserie, pompes funèbres Michel Pette
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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8. Café Marie Legrand - Cottret

Café Marie Legrand - Cottret
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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9. Café forge Alfred et Berthe Martel, 

Café, forge Alfred et Berthe Martel
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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10. Café, couvreur Auguste et Marie Pennel

Café, couvreur Auguste et Marie Pennel
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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11. Café Maurice et Léa Caron repris par sa fille Rachel Martel, 

Café Maurice et Léa Caron repris par sa fille Rachel Martel
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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AUTRES : épiceries, fermes, boulangerie, maréchal-ferrant :
  • Epicerie, ferme  Gilbert Penet
Epicerie, ferme Gilbert Penet
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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  • Boulangerie Michalet puis Mr Prin qui a exercé jusqu'en 1939 ensuite ?
Boulangerie Michalet puis Mr Prin qui a exercé jusqu'en 1939 ensuite ?
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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  • Ferme Louis Vincent puis Inglard - Vincent, 

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  • Ferme Michel et Germaine Vanpouille puis Gilbert et Marie-Jo Martel Vanpouille
Ferme Vanpouille puis Martel - Vanpouille

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  • Ferme de Gaston Foulon



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  • Ferme Judas - Decréquy

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  • Ferme Irénée et Fernande Gozé

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  • Ferme Arthur Foubert

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  • Ferme Gazet (les parents d'Emile Gazet de Saint-Quentin)
Au fond de cette allée, à gauche

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  • Ferme Gaston Decréquy

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  • Ferme de Melle Madeleine Noyelle

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  • Ferme de Gilbert Penet
Epicerie, ferme Gilbert Penet
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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  • Ferme Hermant - Delmaire
Café, charbon et ferme Hermant - Delmaire
Photo : Pascale Camus, 10.2025

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De nombreux ouvriers travaillaient dans la maçonnerie, à l'Aciérie d'Isbergues ou encore pour l'extraction de houille à Fléchinelle. La vocation rurale du secteur était bien vivace. Les nombreux corps de fermes en témoignent encore aujourd'hui

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Moulin-le-Comte comptait aussi un moulin à vent

Il était situé sur la route principale, près de l'actuelle entreprise Doutrelant.

Capture d'écran du cadastre de 1818
Moulin représenté sur la carte vers le bas à droite
Photo : Pascale Camus

Les origines du/des moulin(s) sur la Lys.

Le moulin Le Comte est attesté comme site énergétique dès le XIIème siècle. A cette époque était installé sur la Lys un moulin sinon deux pour le Comte de Flandres Philippe d'Alsace.

En 1328, les comptes du Baillage d'Aire sur la Lys mentionnent deux moulins situés sur la rive sud de la Lys, l'un à côté de l'autre. Ces deux moulins étaient surnommés "moulins du Grand Vivier" et appartiennent au comte et bailli d'Aire : G. Auffroy. Le premier est reconverti en 1358 en moulin à fouler les draps. Il est loué à Jehan de Lausnoy pour la somme de 50 livres par an. Le second moulin sert à moudre le blé.

On retrouve nombre de locataires au fil des années mais le bail est souvent non renouvelé : Jehan de Gant, Adamehaut Segart, Jehan le Rous, Bientremeu du Gardin, Pierre du Choquel (1365-1371). Les rendements décroissent au fil du temps, et il en est de même pour les autres moulins de la ville. Pour nos moulins ci-présents, les comptes sont même déficitaires en 1360-61.

A cela, s'ajoute des problèmes liés aux conflits, aux guerres. En 1359, lors de la guerre de Cent Ans, le moulin, situé extra-muros, ne bénéficie pas de protection et fut démonté par les Anglais

Aire possédait de nombreux moulins nécessaires à la consommation locale de farine. D'ailleurs la ville était un passage stratégique du commerce du grain.

Les bourgeois se mirent à acheter les moulins à la fin du XIV ème siècle

En 1521, l'аbbé Mallart évoque un second moulin, celui-ci à huile.

Capture d'écran du cadastre de 1818
Photo : Pascale Camus

Capture d'écran du cadastre de 1818
Photo : Pascale Camus

Capture d'écran du cadastre de 1818
Photo : Pascale Camus


Carte de l'Etat Major 1820-1866
Photo : Pascale Camus


Cette photographie ancienne nous restitue un vestige de l'installation antérieure à la mise en place des turbines hydrauliques : une roue verticale de côté à pâles planes.

Les deux moulins vers 1873
Photo : Hervé Devassine




Le 1 septembre 1790, les membres du Directoire du Département du Pas de Calais, demandent à chaque municipalité un état des lieux. Une enquête administrative, comprenant une soixantaine d'articles dont les articles 17 et 18. Voici ses observations : "les deux moulins le comte situés au hameau de ce nom sont sur la même muraille d'un bâtiment sur le bord, vers midi de la Lys. Ils sont à usage de moudre bled et autres grains; la charpente et les meules sont bonnes, mais le bâtiment qui les renferme est for caduc, il est crevassé et lézardé en différents endroits, il surplombe de beaucoup la rivière et il y a longtemps qu'on a été obligé d'en ancrer plusieurs parties qui se détachaient. Les roues ont 17 pieds de diamètre et, quoique l'eau soit assez forte, ils ne peuvent tourner ensemble que pendant environ deux mois de l'année, à cause du moulin aux écorces. Ces moulins se trouvent avec les bâtiments d'une ferme sur 6 mesures de manoir et trois autres appartenant au domaine du roi. Les bâtiments de la ferme sont aussi pour la plupart fort anciens; on n'y voit pas de date, mais la maçonnerie des moulins et du corps de logis a pour le moins deux à trois ans…"

Vendu comme bien national, il est acheté par Jean-Baptiste Personne de Saint-Omer. Il est né le 15 avril 1744 à Fiefs, fils de Jacques Personne (laboureur, fermier) et Jeanne Peigne. Il est cité procureur en 1777, homme de foi en 1799 et Juge au tribunal de Saint-Omer en 1804. Il se marie le 17 septembre 1771 à Saint-Omer avec Marie Philippine Mabriez. Ils ont des enfants: Josèphe (1774), Marie Françoise (1776) Marie Philippine (1777), Jean-Baptiste (1778). I1 décède le 31 juillet 1812 à Saint-Omer, âgé de 68 ans.


En 1817, il est la propriété de la veuve Buffin, rentière de Saint-Omer. Elle n'en est pas la tenancière comme en témoigne le recensement suivant.


La matrice cadastrale de 1818 présente les deux moulins. Sur la rive droite (c'est à dire en section H dite de Moulin le Comte), on retrouve les parties du moulin (symbolisée par deux roues) en H 95 ainsi qu'une habitation. Les parcelles H 92, H 91, H90, H89 sont des pâtures, parc qui mène jusqu'à l'actuelle Impasse du Servoir. Sur la rive gauche (section K), on retrouve l'autre moulin à une roue sur les parcelles K 692 et K 693. Ce dernier n'existe plus aujourd'hui.

- Alexis Bruno Personne est né à fief. Il décide à Moulin le Comte le 8 octobre 1821, meunier de 73 ans. Il a deux fils : Pierre François 38 ans et Valentin Personne de 40 ans, meuniers.

- Jean Baptiste Personne né à Ambricourt, meunier, célibataire, meurt le 18 février 1829 au moulin Lecomte, à l'âge de 33 ans. Il a deux frères : Jean Baptiste, meunier 25 ans et Valentin 27 ans marchand

- Pierre François Personne est né à Fief. Il décède le 3 mai 1936 à Rincq, cultivateur, à l'âge de 53 ans, époux d' Augustine Dubrulle.

Autre remarque Antoine Prin est né en L'an 6, lui aussi à Ambricourt. Il se marie en 1821 à Aire sur la Lys avec Dorothée Desannoy. Sa mère est une Decroix coïncidence? Non, car son témoin de mariage et cousin n'est autre que Pierre Antoine Personne, meunier.

 

Capture d'écran du cadastre de 1818

Les deux moulins se trouvent sur deux sections différentes du cadastre


Capture d'écran du cadastre de 1818

Les deux moulins se trouvent sur deux sections différentes du cadastre




La famille Schotsmans.

La propriété est rachetée ensuite par Jean-François Schotsmans. Il est né le 10 janvier 1798 à Kersbeek Miskom, arrondissement de Louvain, dans le Brabant flamand (actuellement en Belgique, Il épouse le 25 juillet 1827 à Morbecque Amélie Sophie Nathalie Lyoen. Celle-ci est née le 22 novembre 1803 à Morbecque (commune du Nord

Ils sont parents de quatre enfants. Les deux premiers sont nés à Morbecque : Henri né en 1828 et Emile en 1830. Les parents sont négociants, marchands de grains. Le frère d'Amélie, Albert Lyoen, est officier de santé, docteur à Aire sur la Lys. Les deux enfants suivants, Pauline (en 1833) et Arthur (en 1840) sont nés au château

Vers 1833, Jean-François rachète le moulin à farine. La superficie est de 7 hectares 42 ares et 53 centiares. Il le revend en 1836 à la famille Schotsmans.

En 1836, les Schotsmans sont la famille la plus fortement imposée d'Aire sur la Lys, sur les contributions foncières.


A noter que le 17 juin 1851, Pauline se marie à Aire sur la Lys avec Alexandre Houzet, négociant natif de Blendecques. Parmi les témoins, on relève Jean-Baptiste Houzet et Louis Houzet les frères du marié, fariniers a Blendecques. A noter du côté de la mariée, les deux frères Adolphe et Emile Schotsmans négociants résidant à Moulin le Comte. Autre témoin intéressant : Auguste Dambricourt, papetier de 50 ans à Wizernes. Un contrat anténuptial a été déposé le 25 mai à l'étude de Maître Bourdrel à Aire.

Décès au château :

Le 28 mars 1852, à 19 heures, alors que l'on attendait l'heureuse naissance, le docteur en médecine (ou médecin) Napoléon Dumortier, de 40 ans, annonce le décès en couches de Pauline. Elle et son mari Alexandre habitent Wizernes. L'enfant sans vie est de sexe masculin. Il ne porte pas de prénom.


1857: Installation d'une machine à vapeur. Deux turbines hydrauliques actionnaient le moulin à farine et produisaient l'électricité nécessaire à l'éclairage des bâtiments. L'une des turbines du moulin pouvait être couplée à la turbine du moulin situé sur l'autre rive de la Lys.


Leur fils Arthur Schotsmans, né le 26 octobre 1840, est un enfant du village. Il poursuit l'entreprise familiale. Il se marie le 10 septembre 1866 à Seclin avec Léonie Collette, originaire de Seclin (Nord) Léonie est aussi baignée dans le monde des industriels. Son père Auguste est fabricant de sucre a Seclin. Son frère Auguste est distillateur à Seclin. Dès son mariage, il est fort à penser qu'Arthur est resté sur Seclin. La famille Schotsmans ne semble plus occuper le château (comme le confirme le recensement Aire de 1872) Arthur et Léonie ont trois enfants. Marguerite née en 1867 à Aire. Léon né en 1869 à Cille et Henri en 1875 à Seclin. A la naissance de Marguerite, le 21 juillet 1867, Arthur est négociant Les témoins sont Charles Niot commis négociant à Aire (que nous citons plus loin) et Henri Jovnin (négociant et conseiller municipal).


Incendie au moulin en 1881

Pendant la nuit du 10 au 11 novembre 1881, un incendie détruit complètement le moulin. En effet, vers 3 h du matin, l'ouvrier de surveillance et le chauffeur donnent l'alerte au feu. Les sapeurs pompiers d'Aire interviennent. Les meules, engrenages s'écroulent. Les magasins, renfermant de grandes quantités de blé, farine, étaient menacés, notamment ceux de l'autre côté de la Lys (ancien moulin Hermary). Les pertes s'élèvent à environ 300 francs. Cf article de l'Echo de la Lys du 17 novembre 1881 (en annexe). Il fut reconstruit en 1883

Incendie relaté dans l'Echo de la Lys du 17 novembre 1881
Photo : Hervé Devassine

AIRE.
Mairie d'Aire
Département du Pas-de-Calais.
Le Maire de la ville d'Aire remercie ses concitoyens, les sapeurs pompiers et les troupes de la garnison de l'empressement qu'il ont mis à se rendre sur le lieu de l'incendie de Moulin-le-Comte et du zèle qu'ils ont déployé dans ce malheureux événement.
Il est heureux d'avoir pu constater que la Compagnie des sapeurs pompiers nouvellement réorganisée s'est rendue digne des sacrifices que la ville fait pour elle.
Quoique tout le monde ait fait son devoir, il signale plus particulièrement à la reconnaissance de ses concitoyens le Caporal de feu Colbaut et le Caporal de pompe Ballin qui ont tous deux contribué à préserver les magasins; et le Cavalier Faucompret dont le courage et la belle conduite ont été remarqués.
Aire, le 14 Novembre 1881.
Le Maire d'Aire
FAUCQUETTE.

Nous reproduisons pour ceux de nos lecteurs qui n'auraient pas reçu vendredi dernier notre supplément, le compte-rendu de l'incendie qui a détruit l'usine de M. Schotsmans, farinier à Moulin-le-Comte, pendant la nuit du 10 au 11 Novembre.
Vers 3 heures, l'ouvrier en surveillance dans les moulins s'aperçut qu'au 2e étage, le frottement d'un coussinet près de l'aspirateur, venait d'enflammer le plancher. Il cria le chauffeur resté en bas et celui-ci s'empressa de donner l'alarme. Mais le feu s'étendit avec une intensité effrayante, et se communiqua rapidement à tout le bâtiment. En quelques minutes les ravages étaient tels qu'il devenait impossible de les arrêter.
Les meules, les engrenages s'écroulaient ravivant les flammes et les projetant à une grande hauteur. Le blé et la farine formaient un amas rougi d'où s'exhalait une chaleur intolérable. Au-dessus du théâtre de l'incendie le ciel s'éclairait et avant même que l'alarme fût répandue en ville les habitants étaient réveillés par la lueur sinistre qui brillait sur les monuments et les maisons.
La petite cloche du beffroi sonna le tocsin et presqu'aussitôt le roulement des pompes annonçait le départ de la compagnie des pompiers sous les ordres de ses chefs. Le pas cadencé des soldats qui partaient en toute hâte se fit ensuite entendre.
L'administration municipale, les autorités militaires, M. le commissaire de police, les gendarmes conduits par M. le maréchal-des-logis, s'empressaient d'organiser les chaines, et les pompes abondamment alimentées commençaient à fonctionner.
En ce moment le spectacle offert par l'incendie était à la fois effrayant et grandiose; la farine crépitait sous l'effort du feu et à chaque toit qui s'écroulait, la flamme surgissait en lançant vers le ciel des gerbes d'artifices. Des remparts, on voyait se dessiner les bâtiments avec leurs croisées en feu
Les magasins renferment de grandes provisions, se trouvaient sérieusement menacés, surtout celui qui fait face de l'autre côté du pont de la Lys, ancien moulin de M. Hermary. On réussit pourtant à les préserver. Heureusement le temps était calme et favorisait les efforts des pompiers.
Mais l'usine était condamnée; ce magnifique établissement qui occupait de nombreux ouvriers a été entièrement la proie des flammes.
Nous ne croyons pas qu'il y ait exagération à évaluer les pertes à 300,000 fr. Il y a diverses assurances.
Nous avons peu de détails à ajouter.
Le brasier formé par les décombres des toits et les grains qui se consumaient a duré jusqu'au mardi soir. Les flammes s'élevaient par moments à plus d'un mètre de hauteur et donnaient au théâtre de l'incendie, pendant la nuit, l'aspect d'un haut fourneau.
Dimanche, des milliers de curieux se portaient vers Moulin-le-Comte et contemplaient ces ruines fumantes. Un poteau indiquait au passage du pont, le danger auquel les voitures s'exposeraient en se risquant auprès des murs lézardés. Ces murs avaient été tellement chauffés que les places des poutrelles, encadrements de croisées, bois quelconques étaient marquées par des vides.
Une énorme arcade en maçonnerie, à l'intérieur, restait suspendue, prête à s'écrouler au moindre ébranlement.
Malgré l'absence du vent, le feu pendant l'incendie lançait au loin des braises brûlantes. On en retrouve dans les pâtures à une assez grande distance et le jardin derrière la maison d'habitation en est couvert; elles ont même incendié un arbre. Les corniches de la maison, remplies de ces matières en combustion, avaient éprouvé également un commencement d'incendie promptement réprimé.
Les agents d'assurances, arrivés mardi soir, ont établi leurs calculs, qui paraissent se rapporter à nos premiers renseignements.
Par suite d'ordres donnés par l'administration municipale dans l'intérêt de la sécurité publique, les corniches, cintres et crêtes menaçants du côté de la rue ont dû être abattus.
On a réussi à éteindre une partie importante du foyer, en introduisant, samedi dernier, par une tranchée pratiquée à travers la muraille, les eaux de la Lys, qui ont aussitôt noyé les grains jusqu'au générateur. Le reste a été éteint par les ouvriers de M. Schotsmans qui n'ont arrêté leur travail infatigable que mardi.
Les pompiers et les soldats avaient veillée jusqu'au dimanche matin.
On nous signale un incident passé inaperçu pendant l'incendie. Les chevaux. effrayés par la vue des flammes, avaient été mis en liberté au milieu des pâtures et couraient affolés. L'un d'eux, en ruant avec fureur, atteignit à la tête un autre cheval. Celui-ci se débattit quelques instants en poussant des cris lamentables puis tomba raide mort.

Vente des biens du moulin en 1882

L'Echo de la Lys des 16 et 23 février et 2 mars 1882 mentionnent la vente par Arthur Schotsmans des usines auprès de l'étude de Maître Labitte à Aire. Vente d'une propriété de 7 hectares 10 ares 92 centiares, comprenant une minoterie traversée par la Lys. Sur la rive droite, se trouvent l'ancien moulin, en partie incendié ainsi que les générateurs, la machine à balancier, la roue Sagebien, la maison d'habitation et 3 petites maisons ouvrières. Sur la rive gauche : une turbine, des docks à vis, ventilateurs, silos (pour stocker 10.000 hectolitres de grains) et une écurie pour 12 chevaux et une maison habitation, 2 jardins potagers, une pâture de 4 hectares. 

Vente du moulin. Article de l'Echo de la Lys de février 1882
Photo : Hervé Devassine



En 1870, Monsieur Schotsmans est propriétaire des moulins à farine situés rive droite et rive gauche. La maison qu'il construit dix ans plus tard, en 1880, et les maisons ouvrières qui subsistent témoignent encore aujourd'hui de sa réussite sociale et professionnelle.
Les moulins, qui avaient été repris en 1930 par les raffineries de sucre Béghin, ont été détruits en 1967.

Accident au moulin en 1883

Echo de la Lys du 31 octobre 1883 : "lundi, vers quatre heures du soir, un jeune garçon de Saint Quentin, Henri Moitel, âgé de douze ans, aidait de son père qui est maçon, à des travaux de nettoyage de nochères au moulin de M. Schotsmans à Moulin-le-Comte. En passant près d'une lucarne, malgré les recommandations de son père, il eut la curiosité de descendre à l'intérieur des bâtiments pour voir marcher les machines. C'était une imprudence des plus fâcheuses. Le bonhomme glissa dans la boite cylindrique appelée trou à râteau et fit un plongeon dans la farine. Par malheur il avait heurte du front contre une barre de fer en dégringolant dans son trou et avait reçu de fortes contusions à la tête. A ses cris, un ouvrier meunier accourut et parvint à le dégager, mais il était méconnaissable; le sang ruisselait sur sa figure à travers un masque de poussière blanche et retombait sur ses vêtements qui étaient complètement enfarinés. Le pauvre garçon avait en outre avale une quantité de fine poussière qua lui remplissait la gorge et dont il eut beaucoup de mal à se débarrasser. Son père s'empressa de le transporter à son domicile pour les premiers soins. On espère que cet enfant n'aura pas de suites graves."



En 1899, lors du mariage de Léon Schotsmans (fils d'Arthur), on apprend qu'Arthur est négociant à Seclin et Léon industriel à Seclin. L'entête de facture de l'entreprise datée de 1890 confirme bien qu'à Moulin le Comte existait une minoterie à cylindres. Les sacs de farine son expédiés par la gare d'Aire sur la Lys. Par contre, les bureaux sont sis à Seclin. Père et fils travaillent en collaboration à Seclin et délèguent leurs affaires de Moulin le Comte à un négociant.

Il est à préciser que les Schotsmans ont d'autres biens dans la région. Ils possèdent un moulin à Brebières (près de Douai), une minoterie de la société Schotsmans et Cie à Don (près de Seclin)



1902 : décès de Léon Schotsmans

Le 16 octobre 1902, Léon Schotsmans décède à Seclin à l'âge de 33 ans. Il a fait partie du conseil municipal (élu en 1896) Ses affaires, l'ayant mené sur Seclin, il cessa ses fonctions. Le maire d'Aire sur la Lys évoque dans son discours le fait qu'une terrible maladie l'a emporté en quelques semaines. Il laisse une jeune veuve et un seul descendant : Marcel, né en 1901 à Seclin, mort pour la France à Bibane (au Maroc) en mai 1925. Suite au décès de Léon, on peut en déduire le retour d'Arthur au château de Moulin le Comte



La direction de la minoterie fut confiée à Alphonse Bataille puis en 1922 à Edouard Viez, comme en témoigne le recensement de 1911.




La première guerre mondiale :

Dans son ouvrage, l'abbé Mallart décrit les évènements de cette guerre : "En septembre 1914, arrivent de la Belgique, région d'Ypres, des colonnes entières d'évacués, qui fuient devant l'ennemi et viennent s'abriter dans les casernes vides de la ville d'Aire. Un peu plus tard, ce sont des familles des pays miniers menacés (Lens, Harnes, Billy). Beaucoup de ces malheureux trouvent à St Quentin et Moulin-le-Comte un accueil si bienveillant qu'ils cherchent à s'y fixer jusqu'à la fin des hostilités. En 1915, le général Joffre vint à Moulin-le-Comte, se rencontrer avec le maréchal anglais Douglas Haig, chez Arthur Schotsmans, où résidait le duc de Connaught, proche parent du roi d'Angleterre. Ces trois personnages conférèrent quelque temps ensemble sur la conduite la guerre, puis les deux grands chefs militaires repartirent en toute hâte vers leurs quartiers généraux. En cette même année Moulin-le-Comte reçut encore les ministres anglais Lord Kitchener et Asquith et le prince régent de Serbie, aujourd'hui roi de son pays.

Les taubes allemands survolent Aire sur la Lys, mais la riposte se fait par trois gros canons de marine camouflés aux abords de l'église. Trois bombes tombèrent sur le territoire en mars avril 1918. Les trois points de chute furent le 1er à proximité de la ferme de l'Estrasselles dont la toiture fut fort endommagée, l'autre dans la plaine voisine de la gare de Moulin-le-Comte et la troisième sur la route de Rincq, dans une pâture où fut tuée la paisible vache d'une brave ménagère. Au cours de cette terrible guerre, la paroisse eut à enregistrer, hélas! des pertes élevées en vies humaines : vingt-neuf morts et neuf disparus, au total trente-huit victimes."

Le moulin fut réquisitionné par les autorités préfectorales pour le ravitaillement.

Voici quelques informations glanées sur un site nommé "association 1914-1918" :

- Schotsmans, Emile (capitaine): Appartenant à une famille de grands industriels d'Aire-sur-la-Lys, il est capitaine à la 22me batterie du 215ime RAC. Les frères Verly en parlent en termes affectueux. R. Tixier confirme cette impression. Il semble que cet officier jouissait d'une excellente réputation parmi ses hommes. Sévèrement blessé dans la Somme, il reprendra du service puisqu'on le retrouve à la tête de la 21 Section de Munitions du 215me RAC en 1917. Les registres du SHAT indiquent qu'il se retirera en 1925 avec le grade de chef d'escadron.

- Schotsmans: Industriel, il dirige la distillerie de Trézennes où Henri travaille de l'automne 1914 à son incorporation. La famille Schotsmans était propriétaire des moulins à farine dits moulins Le Comte situés rive droite et rive gauche de la Lys, à Aire, et qui avaient fait sa fortune à la fin du Second Empire.

Echo de la Lys du 17décembre 1914 : « Delbecq Désiré, jardinier à Moulin-le-Comte, caporal à l'armée belge, a été blessé dans les combats sur l'Yser et évacué à Londres (Chelsea)».

Echo de la Lys du 20 mai 1915 : « M. Henri Schotsmans, industriel à Trézennes, vient d'être frappé dans ses plus tendres affections par la mort d'une de ses plus jeunes fillettes, Gabrielle Schotsmans, décédée à Berck-Plage, le 15 mai courant, à l'âge de 5 ans. Ses funérailles ont été célébrées à Berck-Plage, le 18 mai, suivies de l'inhumation au cimetière d'Aire, le même jour dans l'après-midi. En cette pénible circonstance, nous prions M. Henri Schotsmans et sa famille, d'agréer l'expression de nos sincères condoléances».

L'entre deux guerres

En 1920, l'annuaire administratif et commercial de Saint-Omer et son arrondissement indiquait: Aire sur la Lys, rue du Moulin, Arthur Schostmans et son concierge jardinier Martel.

En 1923, mariage à Lambres de Madeleine Schotsmans, fille d'Henri, industriel à Trézennes, avec Jean Poidatz chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre. Jean Poidatz deviendra maire de Lambres en 1935. Il sera aussi membre de la chambre de commerce et d'industrie de Béthune en 1950-51.

En 1923, l'abbé Mallart décrit le château ainsi : « A Moulin le Comte, la maison de maître qu'habite Arthur Schotsmans attire l'attention du passant par sa belle construction, ses grilles légères où s'entrelacent le lierre, le chèvrefeuille et la glycine, ses grands arbres et son bosquet. Dans le potager qu'arrose un large curant des eaux de la Lys se sont donné rendez-vous les meilleurs fruits de la région et les plus belles fleurs du pays ! ».

En 1923 : "la minoterie est mue par une machine à vapeur et trois turbines hydrauliques, donnant ensemble une puissance de 100 H.P. Broyage et convertissage par cylindres. Blutage (= séparation de la farine et du son) par plansichters (= blutoirs) et bluteries centrifuges ». de l'abbé Mallart.

Publicité dans l'Echo de la Lys en 1924
Collection : Fonds ancien de la ville d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

Le 21 septembre 1924, à l'église de Saint Quentin, le prêtre bénit la nouvelle cloche qui porte les prénoms de Léonie Marie. Le parrain est Arthur Schotsmans, la marraine Mme Adolphe Salomé.

 
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

En 1924 : "Accident de travail: le 25 novembre, Lefer Théophile, 61 ans, jardinier chez Arthur Schotsmans, propriétaire à Moulin-le-Comte, s'est piqué la face dorsale de la main gauche en manipulant des rosiers."

- Arthur décède le 9 décembre 1930 à Moulin le Comte, à l'âge de 90 ans. Il était père de 3 enfants: Marguerite, née en 1867 à Aire, Léon né en 1869 à Lille et Henri (né en 1875 à Seclin, mort en 1963 à Aire). Lors des funérailles, le maire Adolphe Salomé ne tarie pas d'éloges. Il met en avant ses qualités de bienfaiteur auprès des malheureux, ses compétences à traiter les affaires communales. Il fut conseiller municipal d'Aire sur la Lys pendant 14 ans: de 1878 à 1884 et de 1904 à 1912. Quant à M. Bataille, vice président de la société des agriculteurs du Nord, il met en avant les talents de la famille Schotsmans, reconnue des minotiers. Cette famille est à l'origine des moulins de Don, de Brebière, de Prouvy. Usines qui pour l'époque se voulaient imposantes, innovatrices… Forts des nouvelles technologies, ils avaient introduits les cylindres en remplacement des meules à moudre.

Arthur était président d'honneur du syndicat et du comice agricole du Canton d'Aire sur la Lys. Il est nommé chevalier du mérite agricole. Il était aussi administrateur de la Banque de France, membre correspondant de la chambre de commerce. Arthur présidait la société catholique de gymnastique Saint Michel. Il était membre de la commission unique des Etablissements charitables.

Echo de la Lys du 11 décembre 1930
Collections : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus 


La relève : Henri Schotsmans.

Henri, le fils d'Arthur et Léonie Collette prend la relève. Henri Schotsmans est né le 19 juillet 1875 à Seclin. Il se marie en premières noces avec Marguerite Pauchet (née en 1878 à Aire sur la Lys, décédée en 1914). Il se remarie avec Angèle Pigis. Il eût un enfant Hubert (décédé en 2008 ou 2009)
Henri et Marguerite habitent à Trézennes en 1906 et 1911 (d'après les recensements de population de Lambres). Ils sont distillateurs. Ils ont pour descendance : Madeleine née en 1902, Henriette en 1903, Antoinette en 1905, Arthur en 1907 (atteint d'infirmité, décédé en 1944 à Leuze en Belgique) et Gabrielle en 1910, Simone (1912-2001), Colette (1913-1999).

Henri hérite en 1922 du moulin et d'une partie des biens. Les anciens du village de Moulin-le-Comte se souviennent bien de cette famille dont le patronyme belge Schotsmans était phonétiquement francisé en «Cosmance». Ils ont connu M. et Mme Gustave Lherbier jardinier et cuisinière, M. Caron chef comptable à l'usine de Trézennes (mais qui résidait à côté du château). Le chauffeur et majordome était Abel Leroy, dont l'épouse était anglaise.

Les anciens ont connu également le dépôt de betteraves (côté C.E.R.) et la bascule. M. Bertin était basculeur et procédait à la tare jusque vers 1965. Les anciens se remémorent aussi la grande cheminée (côté CER) qu'ils ont vu abattre après la Libération.

Beaucoup n'ont pas oublié l'implication religieuse des Schotsmans. Lors de la procession du Saint Sacrement, la procession débutait à l'église de Saint Quentin, passait par les reposoirs de la Croisette, de la ferme de Charles Vampouille Cauliez, du château Schotsmans, du château Dérosiaux Dublique, chez Elie et Angèle Moitel Laloy (route de Mametz).

Henri développe son activité à Trézennes (commune de Lambres lez Aire). Il assiste en septembre 1927 à la bénédiction de la nouvelle chapelle et école de Trézennes. Il est conseiller du commerce extérieur (1930)







 




La fin du moulin.

En 1932, Henri Schotsmans vend les biens à la Société anonyme des Distilleries de Trézennes « sucrerie et distillerie de Trézennes, mais conserve le château de Moulin le Comte. Jean Poidatz, son beau fils, sera directeur de cette S.A.

Durant la seconde guerre mondiale, ce château aurait servi à loger des soldats allemands, tout comme le château Dhorne (dit auparavant château Dérosiaux). Une nièce de M. Schotsmans, venue pendant l'occupation, donnait des cours de piano. 

Le hameau a beaucoup craint le bombardement du 8 août 1944.
Charles Vampouille avait construit un abri quelques mètres derrière l'actuelle statue Notre Dame de Lourdes. Cette statue fut érigée en 1948 par les paroissiens de Saint-Quentin et de Moulin-le-Comte, elle a été bénie le dimanche 22 juillet 1951 par Mgr Perrin, évêque d'Arras, suivie d'un repas au château.

En 1950, Henri est président du conseil paroissial de St Quentin, son épouse est présidente de la L.F.A.C.F. (Ligue Féminine d'Action Catholique Française).

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Carte postale de Régine Baudequin

Photo : Pascale Camus 2025


Carte postale de la statue Notre-Dame de Lourdes donnée à tous les paroissiens de Saint-Quentin et de Moulin-le-Comte lors de son inauguration.

"A ND de Lourdes la paroisse St Quentin Moulin le Comte reconnaissante 1940-1946"


Il m'a été relaté, dernièrement, que des personnes avaient écrit des vœux sur un petit papier et que ces petits papiers avaient été placés dans un flacon, lui-même placé sous la statue de la Vierge



Echo de la Lys du vendredi 27 juillet 1951
Collection : Fonds ancien de la ville d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus


La paroisse de Saint Quentin et Moulin le Comte a reçu, dimanche, Monseigneur Perrin


La paroisse de Saint-Quentin et Moulin-le-Comte (hameaux d'Aire) avait préparé dimanche dernier une belle fête à l'occasion de la bénédiction d'une statue de N.-D. de Lourdes érigée près de la ferme Vanpouille-Foubert, entre le carrefour de la Croisette et Moulin-le-Comte. Le beau cortège, si bien préparé par tous les habitants des deux hameaux, a été empêché par le violent orage qui a éclaté à 16 heures, au moment même de l'arrivée à l'église de Son Excellence Mgr l'Evêque.

Sous le porche de l'église, M. Gosseau, maire d'Aire, au nom de la population de la commune, lui adressa les souhaits de bienvenue en ces termes :

Excellence, Au nom de la ville d'Aire, je viens exprimer à votre Grandeur toute la joie que lui cause l'honneur qu'Elle lui fait en venant, en personne, bénir ce monument érigé en exécution d'un vœu fait pendant la dernière guerre. -Les habitants de la paroisse suburbaine de Saint-Quentin Moulin-le-Comte n'avaient pas en depuis plus d'un demi-siècle la faveur d'une visite épiscopale et son vénéré pasteur a voulu que la vôtre fut entourée de tout l'éclat possible. Il y a d'ailleurs été aidé par le concours empressé de tous ses paroissiens. Que mes remerciements soient le témoignage sincère de notre respectueux dévouement et de la bonne harmonie qui n'a jamais cessé de régner à Aire, entre les autorités civiles et religieuses.

Puis M. Henri Schotsmans, au nom de la paroisse, a pris la parole :

Excellence,

Avant de pénétrer dans notre belle petite église, qui occupe l'emplacement de celle bénie en 1023 et consacrée à Saint Quentin, par Mgr Bauduin, évêque de Thérouanne, permettez moi de vous présenter, en qualité de président, les membres du Conseil paroissial, qui est en même temps celui des vétérans, car leurs âges totalisent 420 années soit une moyenne de 70 ans.

Seul parmi nous M. Ognard se rappelle avoir été confirmé dans notre église, en 1885, par Mgr Dennel. Depuis cette époque, aucun évêque diocésain n'est passé à Saint-Quentin.

M. Charles Vanpouille, que voici, est le donateur du terrain sur lequel nous avons édifié la statue de N.-D. de Lourdes, en exécution d'un vœu prononcé par M. l'abbé Delory, qui fut notre vénéré curé pendant 25 ans. Nous regrettons beaucoup que son état de santé ne lui ait pas permis d'être parmi nous en cette belle fête.

La statue de N.-D. de Lourdes, que vous bénirez tantôt, a été érigée à Moulin-le-Comte, à un des points les plus rapprochés de la rampe de lancement des V 1. Sans la protection de la Vierge de Lourdes, l'agglomération aurait pu subir le même sort que le hameau de Rincq qui fut gravement détruit par les bombardements d'avions. Toute la paroisse a suivi la neuvaine si bien prêchée par le R. P. Denigot. Elle est toute entière avec nous pour acclamer la visite de son évêque, attendue depuis 66 ans. Je suis son interprète pour vous ses vœux transmettre, Excellence, nombreux pour la prospérité de votre Episcopat et pour que la bénédiction solennelle de la statue de N.-D. de Lourdes attire sur elle toutes sortes de grâces, en lui épargnant entre autres une nouvelle occupation, qui serait - certainement beaucoup plus terrible que la dernière !

Son Excellence a répondu très aimablement aux allocutions de M. le Maire et de M. le Président du Conseil paroissial. Elle a fait remarquer que, -pour visiter toutes les paroisses de son grand et important diocèse, il lui faudrait consacrer toutes les journées durant près de trois ans. Les averses prolongées s'opposant de façon formelle à la sortie du cortège, au grand regret des organisateurs, Mgr Perrin et le R. P. Prédicateur ont prononcé dans l'église les allocutions qui devaient être dites au pied de la statue. Précédé de quinze vaillants cavaliers qui bravèrent stoïquement l'abondante ondée, Mgr Perrin s'est rendu en auto à Moulin-le-Comte et, en bénissant la statue, mêla l'eau bénite aux cataractes que le ciel déversait à ce -moment. Brève cérémonie à laquelle -n'a pu prendre part le cortège prévu : -ni les nombreux figurants, ni l'Harmonie municipale d'Aire qui devait prêter son concours et a été dans l'impossibilité de se faire entendre. La journée s'est terminée par un repas servi chez M. et M Henri Schotsmans, à Moulin-le-Comte, et empreint de la plus grande cordialité. Y étaient réunis autour de Son Execellence M. le Vicaire général qui accompagnait Mgr M. le Doyen et MM. les Vicaires d'Aire: M. Gosseau, maire d'Aire M. le chanoine Mortreux, supérieur du Collège MM. les Curés de Saint-Quentin, Rincq, Mametz; le R. P. Collier les membres du Conseil paroissial de Saint-Quentin et Moulin-le-Comte: M. Tierny président de ma Musique municipale d'Aire sur la Lys



Le vendredi 22août 2025
Photo : Pascale Camus


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En 1954, le château devient vide. Personne ne l'habite plus. La S.A. de Trézennes vend les biens en 1961 à la Distillerie des sucreries et raffineries Joseph Béghin (S.A.R.L. à Thumeries, Nord)

Les bâtiments de la minoterie ont été démolis en 1960


Henri, décède en son château de Moulin le Comte le 9 mars 1963, veuf, à l'âge de 87 ans







Reconversion des lieux.

En 1963, Charles Dewasmes (1922-1999) et son épouse Julia Walden rachètent le château, mais ne l'habitent pas. Ces derniers habitent rue de Lillers à Trézennes. Charles avait créé la S.I.T.C.A. transports, société spécialisée dans les travaux et transports exceptionnels, en location de matériel, véhicules, dépannage jour et nuit. Il était le propriétaire de l'ancienne sucrerie de Trézennes, mais aussi de trois châteaux celui de Moulin le Comte, de la Redoute à Aire sur la Lys ("Les trois Mousquetaires" puis restaurant "les Saveurs du Parc" puis les assurances Pillot) et celui de Trézennes. Il avait la "bosse du commerce". Certains se souviennent de son projet de développer l'aviation sur sa piste de Trézennes, qui n'aboutit pas. Charles Dewasmes décède le 9 décembre 1999 à la maison médicale d'Aire sur la Lys.

En 1984, le château est racheté par la commune pour devenir une maison de l'Artisanat, inaugurée le 7 juillet 1985. Trente deux artisans ont répondu présents dans différents domaines: couvreur d'ardoise, chauffagiste, meubles de style divers, tapisserie, ferronnerie d'art, poterie, tissage, gravure sur verre, objets d'art, tissage,... La compagnie La Marelle jouait de l'orgue de barbarie. A l'extérieur, des démonstrations de jeux anciens (quilles, tir à l'arc, javelot,
La maison de l'artisanat est ouverte toutes les après-midi de 14 h à 19 h sauf le lundi.
Sa vocation était aussi de proposer aux jeunes dès l'âge de 18 ans des stages de B.A.F.A. (brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur)


En 1990, le syndicat mixte Morinie Lys, regroupant 41 communes, présidé par Gérard Verroust décide de créer un Gite de groupe (accueil de centres aérés, jeux, associations sportives…), inauguré le 27 avril 1990. Sa directrice est Marie Hélène Dupont, son animatrice est Katia Mollet. Ce gîte propose des classes de découverte, des réunions de famille et des séminaires d'entreprises. Il permet aux groupes de théâtre de répéter.
La plaquette publicitaire vantait les mérites d'un cadre conçu pour offrir les possibilités les plus variées : loisirs, détente, sports, études, découvertes, séminaires, cérémonies… Ce centre offre les commodités de la ville, tout en étant en pleine nature. Pour votre confort, 8 chambres de 4 à 8 lits offrent une capacité d'hébergement de 50 places: sanitaire et douche dans chaque chambre, salon, salle plénière polyvalente. Au choix; un service de restauration pour les groupes ou la formule gestion libre ».
Des moyens pédagogiques ou animations « clés en main » sont mis à votre disposition. Au programme: des circuits de découverte, du matériel de projection et vidéo, des stages sportifs, des expositions, des sorties natures avec guide, des contacts nombreux pour réaliser des visites de musées ou d'entreprises. Sur place: randonnées pédestres, V.T.T., visites historiques. A proximité: piscine, équitation, pêche, tir à l'arc, pédalo, tennis… Le site bénéficie de l'agrément de l'Education nationale et de la Jeunesse et Sports. Des foyers ruraux du Pas de Calais effectuaient des stages sportifs à l'initiative du comité départemental du sport en milieu rural du Pas de Calais. Ce gite faisait partie de la fédération des Foyers ruraux créatrice de Conteur en campagne







Chambres d'hôtes.

Achetés le 6 avril 2011, et après de longs mois de travaux, les lieux accueillent depuis la fin de 2012, cinq chambres et tables d'hôtes (soir et petit déjeuner) tenues par Francis et Cédric Van der Elst. Ce duo de belges, a déjà exercé leur talent auparavant à Bruxelles en Belgique. Ils accueillent des clients de toutes nationalités principalement des anglais, des néerlandais, des belges et des allemands. Ce château situé sur la rive droite de la Lys, au nº 44 rue Principale, s'étend sur une superficie de 48,50 ares. Autrefois, les biens du château comprenaient la maison de M. Bruno Mordacq et le café du Servoir, le C.E.R (4 hectares), la pointe occupée par la société des Eaux, Un ruisseau nommé "le Servoir" serpente la propriété, pour se jeter plus loin dans la Lys.
La bâtisse que l'on appelle communément château est en réalité une belle demeure bourgeoise de la fin du XIXe siècle, sur deux étages (dont le dernier est mansarde). Le château est une construction en briques (avec enduit) et pierres (marches…) qui date de 1880.
La cour d'entrée a laissé place au parking pavé et caillouteux pour accueillir les clients. La façade est remarquable de par sa symétrie et son motif en crénelé rouge et blanc qui s'allie parfaitement avec l'imitation rouge barre des pilastres d'entrée et encadrant la propriété (côté rue principalement). La toiture est en ardoises, tuiles mécaniques et tuiles flamandes mécaniques. Les caves voûtées abritent la chaufferie et diverses pièces consacrées au jardinage
Le parc est arboré d'espèces variées, que l'on peut dater de la fin du XIXe siècle également. Il y a un frêne, ainsi qu'un hêtre... Au fil des années, ce château retrouve son charme, et on ne peut que s'en réjouir.
Hervé Devassine
Jérôme Pannier






Quelques photos de 2014

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine





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Articles, cartes et photos anciennes


Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

1955 Echo de la Lys
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus




Un collectionneur original ou l'automobile en 1900

Chacun a son violon d'Ingres. Il en est beaucoup qui sont collectionneurs. Le passionné de timbres, de cendriers ou même de porte-clefs se rencontre souvent. Mais ceux qui affectionnent les vieilles voitures sont combien plus rares.

Un de nos concitoyens, M. Claude Caron, demeurant à Moulin-le-Comte, a trouvé dans cette collection son passe-temps favori.

En cherchant depuis plusieurs années à travers toute la France, il a réussi à récupérer six vieux véhicules qu'il a pu acheter au poids de la casse, encore que certains propriétaires abandonnent avec grand regret ce souvenir de jeunesse. Six autos, ce n'est pas beaucoup; mais, à raison de 1.000 heures de travail pour réparer et remettre dans son état d'origine chaque véhicule, cette collection est un passe-temps exigeant.

De ces vieux tacots qui faisaient la joie de nos aïeux, le bijou est une Decauville 5 cv, datant de 1898. La marque ne dit rien elle a disparu depuis longtemps comme la plupart des 300 autres qui existaient alors. A l'époque, tout petit fabricant ingénieux se lançait dans la construction de voitures.

Cette Decauville est un objet de valeur pour un collectionneur. Elle fut fabriquée à la naissance de l'automobile. De Dion Bouton venait d'inventer en 1895 le radiateur et l'arbre à cardans pour transmissions Peugeot, le changement de vitesse.

Pourtant, elle était déjà classique. Elle roulait au pétrole, peu différent de notre essence actuelle. Elle possédait un changement. de vitesse en dépit de son allure de pointe limitée à 25 km heure. Le volant était plus simplement du type guidon de vélo une barre de bois que l'on tirait ou poussait pour agir directement sur les roues.

Le passager était haut perché au-dessus du moteur. Tournant le dos à la route, deux enfants pouvaient s'asseoir face au chauffeur (un mot tout récent puisque quelques années plus tôt on "chauffait" les voitures à la vapeur).

routes La mécanique paraissait solide et ne trahissait pas trop souvent le propriétaire. Il n'en était pas de même des pneus qui rendaient l'âme après quelques kilomètres, d'autant plus que les n'étaient pas goudronnées. Cette Decauville était une des premières équipées de pneus caoutchoutés démontables. Mais la couche était peu épaisse, plantée de "daches métalliques plus résistantes.

Le gentleman chauffeur luxe -cette époque, une voiture était un quittait peau de bique, casquette et lunettes pour retrousser les manches et réparer la crevaison. La roue n'était pas amovible, il fallait réparer sans démonter en déjantant le pneu comme on peut le faire pour un vélo.

Les témoins de l'époque vous diront que faire 100 kilomètres était une expédition. Cependant cette Decauville, que possède M. Caron, a fait le Tour de France en 1899. On peut être certain que ce fut à une vitesse beaucoup inférieure à celle de nos champions cyclistes actuels.

Après ce véhicule de musée, la plus ancienne voiture que possède M. Caron est une Renault 14 cv. de 1904. Cette voiture appartenait à Melle Jonnart, de Fléchin, fille de l'homme politique. C'est une 4 à 5 places, emmenant les passagers à 50 km heure. Du solide, pesant deux tonnes ! On ne regardait pas au poids.

A cette date de fabrication, on trouve une carrosserie qui montait jusqu'à la taille des occupants. Mais les garde-boues élégamment courbés ne les mettaient pas à l'abri de la poussière. Le chauffeur pouvait surveiller le comportement du moteur. Sur la "planche de bord", le fabricant avait fait monter plusieurs tubes en verre. C'étaient des regards d'huile dont on réglait le débit à l'aide d'une vis.

Deux grosses lampes à acétylène sont fixées à l'avant. L'intensité de la circulation imposait elle les projecteurs de route? Les lampes n'éclairaient qu'à quelques mètres, elles servaient davantage à signaler l'arrivée de l'automobile qu'à éclairer la route du chauffeur.

L'Ariès, 14 cv., 1908 une autre marque disparue est du même type que la Renault. Le collectionneur en a refait entièrement la carrosserie.

Les voitures ne sont équipées de carrosserie complète que dans les années précédant la grande guerre. La Zedel, 6 cv., 1912, de M. Caron est fabriquée avec un pare-brise et une toile en guise de toit. Mais les côtés au-dessus des portes ne se fermaient pas encore. Les passagers y avalaient moins de poussière mais restaient toujours dans les courants d'air.

Enfin, dernier modèle de la collection, une Ford 1915 de l'armée américaine. La voiture est plus connue. Il n'y a pas si longtemps certains usagers s'en servaient encore.

Tout cela fait une belle collection. Mais M. Caron espère bien l'agrandir. Nous lançons donc appel à tous ceux qui possèdent une voiture antérieure à 1914. Il se fera un plaisir de les en débarrasser.
Texte et photos : L'écho de la Lys. Collection : le Fonds ancien de la ville d'Aire sur la Lys. Photo de l'article : Pascale Camus.

Procession en l'honneur de Notre Dame Panetière en 1970
Un groupe d'enfants de Saint Quentin et Moulin le Comte
L'Eglise de Saint Quentin reconstituée en miniature en paille et grains de blé
Idem pour le moulin de Moulin le Comte
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

1975 : deux frères René et Georges SABER
Ils ont tenu une boulangerie à Moulin le Comte




Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Photo : Hervé Devassine

Echo de la Lys du 16 juillet 2009
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

Echo de la Lys du 16 juillet 2009
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

Echo de la Lys du 16 juillet 2009
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus


Echo de la Lys du 8 octobre 2009
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

Le 6 juin 1981
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus



14 juillet 1991
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

14 juillet 1991
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

Le 19 juillet 1996


Echo de la Lys du 29.11.1997
Collection : Fonds anciens de e la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

Echo de la Lys du 29.11.1997
Collection : Fonds anciens de e la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

Echo de la Lys du 29.11.1997
Collection : Fonds anciens de e la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus


Echo de la Lys du 8 octobre 2009
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

Echo de la Lys du 15 octobre 2010
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo :Pascale Camus
Echo de la Lys du 15 octobre 2010
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo :Pascale Camus
Echo de la Lys du 17 juin 2010
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

Décès de Mr Pierre Decréquy le 8 juin 2010
Echo de la Lys du 17 juin 2010
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus


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L'ECOLE

Photo : Hervé Devassine

1973 : les élèves de l'école de Moulin le Comte
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus
1973 : les élèves de l'école de Moulin le Comte
Photo : Hervé Devassine

Les enfants de Saint-Quentin et de Moulin le Comte
se sont retrouvés en 1976 lors des vacances scolaires

Photo : Hervé Devassine

Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Hervé Devassine

Décembre 1987 : les élèves de l'école de Moulin le Comte avec Mr Hernu
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Hervé Devassine

Date ? les élèves de l'école de Moulin le Comte
Collection : fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Pascale Camus

2 juillet 1982 : les élèves de l'école de Moulin le Comte
Collection : Fonds anciens de la mairie d'Aire sur la Lys
Photo : Hervé Devassine











Répertoires des adresses des habitants de Moulin le Comte en 1936 et en 1954








1961







A terminer sur la base des livres en ma possession ci-dessous








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