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samedi 19 septembre 2026

Samedi 19 septembre - La balade et découverte du patrimoine à ESTREE-BLANCHE (la commune aujourd'hui et autrefois)

Une matinée de balade et découverte du patrimoine à Estrée-Blanche

Malgré une matinée enveloppée de grisaille, nous étions une dizaine à parcourir une agréable boucle dans le village d’Estrée-Blanche. Pas facile de trouver des sentiers pédestres d'une longueur inférieure ou égale à 6 km environ

Cette balade avait été soigneusement préparée en amont, grâce à plusieurs rencontres dans le village, notamment avec deux agriculteurs ainsi qu’avec Monsieur le Maire. Ces échanges ont permis de mieux comprendre le territoire, son histoire et ceux qui le font vivre au quotidien.

Au fil de notre parcours ce samedi matin, nous avons également eu le plaisir de rencontrer Monsieur Michel Duru, propriétaire du château de Créminil. Cette rencontre fut particulièrement belle, riche et agréable. Il nous a fait découvrir son château, véritable bijou niché dans un écrin de verdure entouré de prairies où paissent paisiblement les moutons, le jardin médiéval. Ce domaine à l’atmosphère si particulière est un décor de rêve.

Entre patrimoine, nature et rencontres humaines, cette matinée à Estrée-Blanche restera un excellent souvenir pour la dizaine de personnes présentes, malgré un ciel quelque peu maussade.

Voici quelques photos de ce jour suivies de nombreuses photos faites lors des deux matinées de balade en juillet et août par beau temps !














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Deux balades en juillet et août, deux matinées choisies pour leur beau temps !

L'église saint Vaast d'Estrée Blanche
Photo du vendredi 8 août

En 2023, 923 Estrée-Blanchois et Estrée-Blanchoises habitaient la commune. Cette commune est membre de la Communauté d'Agglomération Béthune Bruay Artois Lys Romane CABBALR
L'église saint Vaast d'Estée Blanche

L’église Saint-Vaast est orientée et elle est bâtie selon un plan en croix latine qui se termine par un chevet à trois pans coupés. Les bras du transept saillant sont également à pans coupés. La toiture au-dessus de la nef est en bâtière, et au niveau du chevet et des bras du transept elle est en croupe.

Construite au XVIe siècle. Reconstruite en 1866, mais conserve le clocher-porche du XVIe siècle.

On entre dans cet édifice religieux par son clocher porche occidental qui s’élève sur six niveaux : le premier est percé par une porte en arc surbaissé muni des voussures ; le deuxième est muni d’une niche avec une statue de la vierge ; le troisième, quatrième et cinquième niveau sont percés par des archères ; le sixième niveau du clocher est percé par des baies géminées en arc brisé. Sur son côté nord, on a mis une tourelle contenant les escaliers. La flèche est à crochets.

Le mur gouttereau sud est composé de trois travées qui sont percées par des baies en arc brisé en alternance avec des contreforts. Le bras du transept est également percé d’une baie en arc brisé, ainsi que le chœur.

Au niveau de la nef, le mur gouttereau nord est composé de trois travées lesquelles sont percées par des baies en arc brisé en alternance avec des contreforts. Sauf au niveau du premier travée du mur gouttereau nord on a greffé un petit bâtiment, sur lequel la toiture est en croupe. Ses trois côtés sont percés par des baies en arc brisé.

 

À côté de l’église au niveau du chœur sur son côté nord, il y a un bâtiment rectangulaire. Son mur gouttereau occidental est percé par trois baies en arc brisé et son mur gouttereau nord est percé par une baie en arc brisé.

Epoque et styles

Néo-gothique
XVIème
Gothique
XIXème

Source : recensement religieux.fr; observatoire du patrimoine religieux




Photo du vendredi 8 août


Photo du vendredi 8 août












L'église saint Vaast


La ferme de la famille Ammeux
Autrefois, le bâtiment à gauche était une carderie
Lieu de préparation des fibres de laine avant de les filer ou de les tisser

Le bâtiment à gauche était autrefois une carderie
Sorbiers des oiseleurs en fruits 

La ferme de la famille Clipet

Une partie des moutons de la ferme Ammeux
sont dans la prairie


Le calvaire
Vers le hameau de Longhem à gauche
A droite vers les vieux corons puis Rely etc....
Photo du 8 août

La rue Goudou
Vers le hameau de Longhem
Photo du 8 août

Le joli petit lapin, immobile, il pense que je ne vais pas le voir...
Pas grand chose à manger
photo du 8 août



Du hameau de Longhem, je rejoins le centre d'Estrée Blanche

La maison où nos enfants en bas âge ont été
accueillis par des cousins lorsque j'étais
au travail à la pharmacie

8 août 

La ferme de la famille Clipet
8 août



Je me dirige vers l'endroit où se trouvaient la gare, la sucrerie qui ensuite a été transformée en usine de produits chimiques

Photos suivantes faites le 31 juillet

La rangée de maisons à gauche est
peut être en lien avec l'ancienne
usine de produits chimiques





Autrefois, le Dr Pruvost exerçait à gauche
A droite, c'était le cabinet de consultation du Dr Wolowszuck


Je me dirige vers le château de Créminil par un petit sentier qui démarre rue de Thérouanne



Une première allée de tilleuls avant la traversée de la route

L'allée de tilleuls dans le parc du château de Créminil





LE CHÂTEAU DE CRÉMINIL UNE PAGE D'HISTOIRE
(d'après Monsieur P. Seydoux "Gentilhommières du Pas-de-Calais en deux tomes)
Dès le XIllème siècle, Nicolas de Crasmainil est mentionné dans une charte de Liettres (village voisin) 1329 voit le fief de Raoul du Cros-Mainil demourré en le main de Madame la Comtesse par defflaut domme
c'est-à-dire retourné à notre énergique Comtesse Mahaut d'Artois, en l'absence de descendance mâle
En 1443, Jean le May, seigneur de Cresmesnil reçoit du serrurier Jean de Bailleul, le prix d'une amende, acquittée sous forme de la livraison de plusieurs milliers de clous lesquels cleux furent convertis of empivez en la maison qu'on dist de Craismisnil, appartenant audit Le May : travaux importants de charpente planchers, restauration après un incendie ?
Hugues de Buleux nommé seigneur de Craismesnil au lendemain de la trêve de Bomy, siège au Conseil de la régente des Pays-Bas. Ce personnage important, grand ball d'Aire de 1540 à 1545 vit son château de Trésmaisnil être incendie en 1543 par les français. Passé à son fils Philippe de Buleux, le manoir fut à nouveau arsiné en 1558
Réparé sommairement, il est une nouvelle tois saccagé par les Français en 1642. L'édifice dot être en fort mauvais état lorsqu'en 1677, Antoine de Wignacourt décide de s'en défaire au profit de ses fermiers, Jean Dehestru et Anne Blondel
En 1680 (1687 ?) à l'issue d'un procès relatif au paiement des droits féodaux, la seigneurie de Crémnil est acquise par Antoine-François Le Merchier, nommé en 1678, au Conseil d'Artois après s'être railié à Louis XIV
Son petit fils Jean-Louis Le Merchier, lieutenant d'infanterie, reçoit en 1783 des lettres de chevalerie héréditaire. Trois ans plus tard, le titre de comte lui est accordé, sans affectation de terre
A sa mort en 1791 (le comte de Créminil fut inhumé à Estrée-Blanche), son fils ainé François-Valentin Le Merchier de Criminil, chevalier, capitaine au régiment Royal Roussillon cavalerie, culer de main ordinaire de Madame (belle sœur du roi Louis XVI) hérite du domaine
Acquereur en 1783 de la terre de Moringhem qui lui permet de sièger aux Etats d' Artois, il s'en défait lorsqu'll entre au service de la comtesse de Provence, l'épouse du futur Louis XVIII. 
La révolution gronde
On affirme qu'il aurait accompagné la princesse à Coblence après lui avoir procuré des vêtements de paysanne. Le château de Créminil est alors déclaré acquis à la nation et vendu comme bien national
Le 8 août 1794, château, ferme et terres sont adjugés à Charies-Robert Cabaret qui les cède aussitôt à Louis Robichez
La propriété, restée dans sa descendance jusqu'en 1979, appartient aujourd'hui à Monsieur Michel Duru qui s'attache à le restaurer fondations, toitures, pont-levis...
Mr Michel Duru a acheté ce château aux héritiers de Mme Lhéritier

LE CHATEAU DE CRÉMINIL A ÉTÉ CLASSE MONUMENT HISTORIQUE LE 19 AVRIL 2005

LE JARDIN MÉDIÉVAL

Jardin sacré ou profane, le jardin médiéval est avant tout clos, délimité par un mur, une structure légère ou parfois une haie.

Cette allégation orienta notre réflexion sur le choix du lieu d'implantation du jardin dans la propriété.

En 2001, prenant appui sur le mur d'enceinte (aujourd'hui disparu) notre création d'inspiration médiévale voit le jour, conjuguant étroitement l'utilitaire et le symbolisme (disposition en croix des carrés dans l'herbularius...) et rendant au château de Créminil (XVème siècle) l'espace dévolu à la vie quotidienne des autochtones.

LE VERGER

Quelques vieux pommiers ont accueilli dans cet espace, il y a 15 ans, de jeunes arbres de variétés anciennes.

Des cerisiers et pruniers complètent la collection des fruitiers

LE JARDIN SECRET

Au delà du verger, entrez dans ce jardin clos par de hautes haies, qui abrite quelques plantes dotées de vertus magiques. Le Moyen Age possède une pharmacopée démoniaque avec des herbes de vie et des herbes de mort.

La Belladone, la digitale, .... sont des plantes de sorcière qui s'épanouissent dans ce coin reculé, traversé par un sentier sinueux qui symbolise la vie de l'homme et rappelle, si besoin était, que nos actions ne sont pas toujours avouables ni glorieuses.





Le jardin médiéval de Créminil

Le jardin médiéval de Créminil










Deux cygnes noirs






Droit devant : l'église
A gauche, un troupeau de moutons



Le troupeau de moutons à gauche
Au centre la maison de la ferme Ammeux
A droite l'église









La maison du brasseur autrefois.
Elle est devenue la mairie

Estrée-Blanche est l'une des rares communes du PDC
à ne pas disposer de blason.
Cependant, près de la porte de la mairie, un blason est apposé



Ce qui reste de la chapelle de l'ancienne brasserie
La chapelle était en bord de la rue

L'école primaire


La Lacquette coule vers Liettres puis Quernes, Witternesse
pour se jeter dans la Lys au niveau du
centre hospitalier d'Aire sur la Lys






La plupart des photos ci-après m'ont été transmises par Albert que je remercie !

Quelques unes proviennent des archives départementales du Pas de Calais, j'ai précisé sous les photos


ESTREE-BLANCHE AUTREFOIS


Photo : archives départementales du Pas de Calais


Photo : archives départementales du Pas de Calais


Le monument aux morts
Photo : archives départementales du Pas de Calais


Le moulin

Le moulin






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La brasserie





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Le centre et les rues du village


La rue de l'église en descendant du calvaire
La ferme de la famille Clipet à gauche
A droite la ferme de la famille Ammeux


Cavalerie indienne et
transport traversant la ville
française d'Estrée Blanche (juillet 1915)
Par H. D. Girdwood
Cette image a été fournie par la British Library à partir de ses collections numériques. Elle est également disponible sur le site British Library. Inscription au catalogue: Photo 24/(118), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26186512

Cavalerie indienne jouant
au football au front d'Estrée Blanche (juillet 1915)


Par H. D. Girdwood — Cette image a été fournie par la British Library à partir de ses collections numériques. Elle est également disponible sur le site British Library. Inscription au catalogue: Photo 24/(135), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26186526

Mules de transport dans une usine
française à Estrée Blanche (1915)

Par The British Library — Transport mules in a French factory [Estrée Blanche]. Photographer : H. D. Girdwood. No restrictions, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=35208753

Liettres autrefois





Le débit de tabac autrefois
Rue de Thérouanne autrefois
On aperçoit nettement le pont sur lequel passait le train



Le calvaire
A gauche, vers le hameau de Longhem









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La gare
La sucrerie
L'usine de produits chimiques



La gare et la sucrerie autrefois

Photo : Dr Jean Noël Dubois




Photo prise avec l'accord du Dr Jean Noël Dubois




Société anonyme des chemins de fer
carrières er ciments d'Estrée Blanche
notice imprimerie de Vitez-Gérard 1882
Archives départementales du Pas de Calais

Horaire des trains en 1900
Photo empruntée sur internet



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L'église





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L'usine de la Société des Produits chimiques
d'Estrée-Blanche

Son histoire

Sur les terrains jouxtant et comprenant le supermarché JPG, existait à la fin du 19 siècle une sucrerie qui arrêta sa fabrication en 1902. Ses bâtiments se dégraderont au fil du temps.
Autrefois, la peinture était fabriquée avec de la céruse, un produit à base de plomb très dangereux pour les ouvriers.
Monsieur Sckricke de Saint-Omer eût connaissance qu'un autre produit le Lithopone pouvait avantageusement remplacer la céruse. Il apprit l'existence de cette sucrerie désaffectée et décida d'en faire une usine de lithopone. Il rechercha des actionnaires pour les apports financiers et trouva M Lefebvre, un grand industriel Lillois, M Durdur de nationalité belge qui dirigeait depuis peu une vinaigrerie à Saint-Omer mais qui avait habité Amiens depuis son enfance. M Lancelle et M Dubreucq de Saint-Omer également apportèrent le reste du financement pour la réalisation des travaux sur les bâtiments rescapés de la sucrerie et pour l'achat des machines.
Les premiers essais eurent lieu par M Lecomte en 1920 mais ils ne furent pas très performants. M. Durdur envoya à Estrée en 1922 M Duchaussoy Arthur, un ami amienois expert en chimie. Leurs efforts associés donnèrent un produit meilleur mais qui n'était pas encore parfait. Le brevet du produit étant allemand, les actionnaires firent donc appel à deux autres chimistes: M Kisly, un allemand et M Hirschell, un hollandais. Tous les quatre formèrent une équipe soudée et performante et en 1924 sortait un produit réunissant toutes les qualités de blancheur et de pouvoir couvrant. Le lithopone de marque Primalba était né.

Il fallait maintenant trouver du personnel pour la marche de l'usine, car étant située à l'extrême ouest du bassin minier, beaucoup d'hommes étaient mineurs. Malgré tout, de petits cultivateurs d'Estrée-Blanche et des environs dont le travail de la terre n'arrivait pas à les faire vivre, vinrent s'embaucher. Quelques hommes et femmes d'Estrée vinrent grossir l'effectif. Mais celui-ci demeura toujours insuffisant. Le Directeur Général, M Durdur Achille, qui avait entre temps quitté la vinaigrerie de Saint-Omer fit appel à des ouvriers polonais. Quelques dizaines d'hommes arrivèrent, laissant femmes et enfants en Pologne (les familles n'arrivèrent en France que quelques années plus tard). Les Polonais étaient logés par l'usine dans une baraque en bois comportant une allée au centre et des loges de 3m sur 3m de chaque côté. Le dimanche et les jours de fêtes, les bagarres étaient fréquentes après de nombreuses absorptions de divers alcools.
M Kisly et M Hirschell rejoignirent leurs pays vers 1926-1927. M Durdur habita la maison mitoyenne à l'ancienne poste jusqu'à la fin de 1935 puis emménagea dans une habitation spacieuse et confortable construite en 1935 au milieu d'un pare avec pelouses, arbustes, sapins et arbres fruitiers. M Duchaussoy, contremaître chimiste, habita dans un bâtiment au fond de l'usine près de la pâture de M Delhotel. Une partie de ce bâtiment servit aussi longtemps de laboratoire. Ml Laure Bacon, contredame que M Durdur avait fait venir de Saint-Omer, logeait dans une chambre à l'étage de ce même bâtiment. Me Fontaine, comptable, trouva un logement à Estrée-Blanche, dans la rue de l'église chez deux demoiselles seules.
L'usine fonctionna sans problème jusqu'en septembre 1939, date de la déclaration de la guerre. Les ouvriers ainsi que M Duchaussoy étant mobilisés, l'usine ferma. M Durdur et sa famille se réfugièrent en France libre. M Duchaussoy réussit à échapper à l'armée allemande et ne fut pas fait prisonnier. Il rentra dans sa famille le 10 juillet 1940. M Durdur, comprenant que la France libre ne le resterait pas longtemps et s'inquiétant dans ses intérêts revint lui aussi fin 1940. Entre temps, les soldats allemands avaient occupés l'usine sans cependant y causer de dégâts et ne s'y attardèrent pas. Un officier allemand et son ordonnance s'étaient installés chez Met Mh Durdur. Les troupes étaient cantonnées au champ d'aviation de Rely. Le gîte et le couvert lui paraissant sans doute très satisfaisants, il fut l'invité imposé de M et M Durdur pendant une grande partie de la guerre. En 1941, l'usine ouvrit à nouveau ses portes, marchant à plus faible rendement jusqu'en 1944 où elle subit des dégâts causés par le bombardement du 6 juillet 1944. Deux bombes tombèrent sur les bâtiments à 30 mètres de la grande cheminée de 55 mètres de hauteur, une autre sur l'autre face de l'usine entre l'usine et la Lacquette. Dès la libération, la reconstruction se fit rapidement, aucune machine importante n'ayant été touchée. L'usine se remit en route, donnant une production maximum.

L'usine employa jusqu'à 150 ouvriers. Avant la fin de la guerre, ils travaillaient de 8h à sah et de 14h à 18h. A partir de 1945 et à leur demande, ils adoptèrent la journée continue de 6h30 à 14h50 avec une pause pour se restaurer de 8h30 à ghso. Après la guerre, l'usine employa aussi une dizaine de prisonniers allemands. En 1947, ils eurent la permission de rejoindre le pays. Deux seulement revinrent: M Jean Drager qui épousa une française M Yvette Nourry et M Conrad Linsmeier, qui lui, ramena sa femme en France, à Estrée-Blanche.
Malheureusement, M. Durdur décéda en 1947. Les actionnaires ne trouvant pas de PDG, M Duchaussoy eut l'entière responsabilité de l'usine pendant deux ans.
En 1950, M Lefebvre fit la connaissance de M Stievenard André et lui attribua la place de directeur général. En même temps que lui arriva un de ses amis M Sepiéter qui prit la direction du laboratoire d'analyses.
M Duchaussoy ayant atteint l'åge de 65 ans, et sa santé devenant délicate prit. avec une certaine nostalgie, sa retraite en avril 1957. Il se retira dans un village près d'Amiens, sa ville natale,
Mais avec tous les moyens modernes de fabriquer la peinture, le lithopone perdit sa rentabilité. Depuis 1950, le chemin de fer La Lacque Estrée-Blanche avait cessé son exploitation. Les frais de transport (charbon, baryte, expédition du lithopone) devinrent de plus en plus importants, car ils devaient se faire par camion.
La société des Produits Chimiques déposa donc le bilan et l'usine ferma fin mai 1962.
Toutes les machines furent démontées. Les bâtiments vides et le terrain furent achetés par Maître Limousin, notaire à Fléchin. Tous les bâtiments furent abattus. La cheminée d'un poids de 800 tonnes et d'une hauteur de 55 mètres fut détruite au début du mois de septembre 1978. Maitre Limousin vendit une partie du terrain face à la cité des Myosotis afin d'y construire un supermarché JPG. En 1989, une entreprise emporta toutes les terres du terril qui étaient composées des déchets résultant de la fabrication du lithopone. Seules subsistent actuellement la maison du Directeur qui a été achetée par le Docteur Dubois et la maison de M Duchaussoy qui a été achetée par ses particuliers.









Définition du lithopone

Avant la guerre de 1914, la peinture était fabriquée à base de céruse (appelée encore blanc de céruse ou blanc d'argent) qui était un hydrocarbonate de plomb.
En raison des graves intoxications des ouvriers qui le fabriquaient, la céruse fut prohibée en France depuis 1915. La céruse fut donc remplacée par un autre produit le lithopone qui est en mélange de sulfate de baryum et de sulfure de zinc (environ 70 parties du premier pour 30 du second).
Le lithopone est susceptible de se délayer dans une huile siccative, l'huile de lin pour faire de la peinture. Il est employé seul pour l'intérieur ou additionné d'oxyde de zinc pour l'extérieur. Il est particulièrement stable à la lumière.


Le travail des ouvriers

A partir de 1945 à 6h30, la sirène retentissait. Les ouvriers arrivaient au travail. Ils se rendaient dans la salle de pointage. Ils prenaient leur carton» et l'enfonçaient dans l'horloge pointeuse qui marquait leur heure d'arrivée. 15 minutes de retard étaient sanctionnés par 30 minutes de moins de travail, 30 minutes de retard par une heure de moins de travail. En hiver, les retards étaient fréquents car une majorité d'ouvriers venait des villages voisins en vélo et quelquefois à pied. Victor fit pendant sa carrière le trajet Cuhem Estrée-Blanche aller et retour cinq jours par semaine, la musette au dos.
Retentissement de la sirène à 9h30 et à 9h30 pour marquer le début et la fin du casse-croûte. A 14h50, dernier retentissement de la sirène fin de la journée. Là, les retards au pointage étaient rares. Cet horaire permettait aux ouvriers de travailler chez eux après leur séjour à l'usine où certains d'entre eux avaient quelques mesures de terre qu'ils pouvaient entretenir le soir surtout au printemps et en été.
Une autre catégorie d'ouvriers était celle qui travaillait aux deux fours, au générateur et à la salle des machines. Ceux-là faisaient des postes nuit, matin, après-midi. Jusqu'en 1945 ils travaillaient une semaine du matin, une semaine de l'après-midi, une semaine de nuit. Mais ensuite les hommes des fours et du générateur préfèrent travailler un jour du matin, le lendemain de l'après-midi et le surlendemain de nuit. Il fallait donc travailler avec quatre hommes pour trois postes pour permettre aux ouvriers d'avoir deux jours de congé consécutifs par semaine.
C'est M Duchaussoy qui rédigeait l'emploi du temps»; c'est-à-dire le tableau de tous les postes pour un mois avec le jour et les horaires de travail des ouvriers :
  • poste du matin: 5h30-13h30
  • poste de l'après-midi: 13h30-21h30
  • poste de nuit: 21h30-5h30.
Tous les jours à 21h30, M. Duchaussoy faisait sa tournée». Il se rendait au four à sulfure, au générateur, à la salle des machines pour s'assurer que les hommes de poste étaient arrivés. M Bacon allait au four à calciner. Mais parfois l'homme de remplacement ne pouvait venir: maladie ou autre mobile (impossibilité de se déplacer en hiver ou autre raison). Le chauffeur de four devait alors faire face à deux postes consécutifs. Il repartait chez lui pour chercher de quoi se restaurer, puis revenait. Pendant son absence, M. Duchaussoy le remplaçait pendant une heure, deux heures parfois plus.


Tout le travail des ouvriers se faisait à la main. Les hommes déchargeaient les wagons de charbon, de baryte, de zinc à la pelle. Le zinc arrivait en sacs. L'hiver, en temps de neige et de gel, il fallait employer la pioche et la pelle.
Les chauffeurs de four transportaient leur charbon dans une brouette. Les ouvriers chargeaient les sacs de lithopone sur l'épaule pour l'expédition. Ils poussaient les wagonnets à la main. Victor passait ses journées à transporter la baryte jusqu'au broyeur à cailloux. Je ne l'ai jamais vu faire autre chose.
Le terril était constitué de trois ou quatre paliers. Les wagonnets déchargeaient les déchets sur le sol. Deux ou trois hommes prenaient les déchets avec une pelle et les lançaient sur le premier palier et ainsi de suite jusqu'au dernier palier.
Les fours et le générateur ne s'arrétaient jamais sauf pendant une période de huit jours en plein été. Durant cette semaine, la plupart des ouvriers prenaient leurs congés payés. M Duchaussoy en gardait une douzaine (des gars en pleine santé) pour nettoyer les carnaux. Les carnaux étaient des couvertures ménagées dans les voûtes des fours pour le passage des flammes et les souterrains qui amenaient les fumées du four et du générateur à la grande cheminée de 55 mètres. Les ouvriers devaient gratter toute la suie qui recouvrait les parois avec des brosses et des grattoirs. Ce travail était rendu encore plus pénible par le courant d'air venant de la cheminée et traversant le souterrain. Les hommes ressortaient aussi noirs que les mineurs. Ils devaient ensuite faire la queue devant les douches pour rentrer propres chez eux.
Parmi les ouvriers, il y avait un chauffeur de voiture (M Foubert), des mécaniciens (dont M Sagnier d'Enquin), un menuisier (M Pelcat puis à sa mort un allemand Conrad), un électricien (Jean Drager, un allemand). Les ouvriers ne travaillaient pas le dimanche et le lundi. Au bureau travaillait Me Fontaine. Elle prit sa retraite juste après la guerre. Madame Marquillie et sa fille Claire la remplacèrent. En 1935 M Dubois vint remplacer Claire qui s'orienta dans un autre métier. 





Les minerais

Les minerais employés étaient le charbon, la baryte et le zinc. Le charbon était la lignite, combustible intermédiaire entre la houille et la tourbe de pouvoir calorifique variant selon la pureté de 1400 à 6500 calories. Ce combustible venait d'Allemagne, de la région du Rhin.
La baryte est un protoxyde de baryum Ba qui se présente sous la forme de cailloux de couleur blanchâtre de densité 5.54 (2 fois moins lourd que le plomb). Souvent, sur la baryte se présentaient d'autres traces de minerais. Les cailloux étaient alors rayés de couleurs différentes et très brillantes vert, jaune, marron... Tous ces minerais étaient rejetés au cours de la fabrication. La baryte venait essentiellement du midi de la France.
L'usine utilisait aussi du soufre, du sel de mine

L'eau

Elle arrivait du forage très profond qui se trouvait au milieu du hall au blanc. Toute l'usine, les maisons du directeur et du contremaître avaient l'eau sous pression.

L'électricité

L'usine produisait son électricité. Le générateur produisait de la vapeur à forte pression qui mettait en mouvement la machine dans la salle des machines (dynamo, alternateur). Accroché au mur de la salle des machines, il y avait un grand panneau couvert de manettes qui alimentaient chaque partie de l'usine en électricité, avec nombre de fusibles. Le courant produit était de no volts (voltage normal à cette époque). Le dimanche et le lundi, l'usine ne tournait pas Les feux du générateur étaient seulement entretenus pour ne pas s'éteindre, l'usine ne produisant pas d'électricité. Tous les bâtiments étaient rattachés à la Béthunoise, réseau local d'électricité en ce temps là. Lorsqu'un fusible fondait, M Duchaussoy devait à l'aide d'une grosse lampe à pétrole (car cela arrivait surtout le soir, la demande d'électricité étant plus forte) se rendre à la salle des machines pour chercher l'origine de la panne.




La fabrication du lithopone

La baryte était transportée en brouettes du tas de baryte jusqu'au broyeur à cailloux (1) où elle était écrasée. Ensuite, elle était conduite au four (2) où le chauffeur de four la répandait sur la sole du four où elle était chauffée à très haute température, la chaleur du foyer étant réverbérée par la voûte du four, Quand l'ouvrier la retirait, elle était rouge blanc et dégageait une chaleur énorme.
De lå, elle était conduite dans des bacs contenant de l'acide sulfurique. Il fallait faire de nombreuses manipulations complexes avant d'obtenir du sulfate de baryte pur. Il fallait éliminer tous les déchets, tous les sels d'autres minerais. Tout cela se faisait dans d'énormes cuves de décantation où l'on devait à différents niveaux mesurer les degrés baumës pour connaître la densité des liquides. On se servait pour cela de l'aréomètre.
Le sulfure de zinc se faisait dans la station de zinc (3) où, là aussi, diverses transformations étaient faites dans d'autres cuves jusqu'à l'obtention d'un sulfure de zinc pur. Le sulfate de baryte et le sulfure de zinc étaient envoyés ensuite dans des cuves à la précipitation (4).
C'était là le début de la fabrication du lithopone. Il fallait malaxer 70% de sulfate de baryte avec 30% de sulfure de zinc. Pour que le lithopone soit d'excellente qualité, il fallait faire des prélèvements pour voir si le produit obtenu avait la densité exacte du lithopone. Quand le produit idéal était obtenu, il partait dans le hall au blanc (5) où il passait dans des presses pour l'essorage complet. De là, il était déversé dans des wagonnets qui le transportaient au four à calciner (6) où il était desséché, Retiré du four et déversé directement dans les wagonnets, il prenait la direction des séchoirs (7) où il était refroidi et prenait la consistance d'une poudre.
A la sortie du séchoir, il était d'une blancheur impeccable. Il était conduit alors dans le magasin (8) où il était mis en sacs et pesé. Ces sacs (7 à 8 feuilles épaisses constituaient un sac) étaient déposés sur le tapis roulant et arrivaient au magasin (9).
Là, les ouvriers empilaient les sacs les uns sur les autres. Le lithopone était prêt pour l'expédition.


Le lithopone lumineux

Pendant la guerre, vers 1942, M Durdur au cours d'une conversation avec l'officier allemand qui logeait chez lui, eut connaissance d'un lithopone lumineux.
Il se mit en rapport avec une usine allemande qui utilisait le procédé. Il réussit à en obtenir les règles principales de la fabrication. Le lithopone prenait la lumière du jour et la rendait la nuit. Comme ce travail ne devait pas nuire à la fabrication du lithopone brut, M Duchaussoy et le chimiste passèrent des nuits entières à faire essais sur essais. lls y parvinrent enfin, mais ce procédé ne fut pas exploité pour la vente, l'usine n'étant pas pourvue des moyens nécessaires pour sa fabrication.
Il fut abandonné. D'autres usines reprirent le principe (aiguilles lumineuses des réveils, enseignes lumineuses)









1961 - La ligne de chemin de fer d'Estrée-Blanche est réouverte
Vendredi après-midi, une locomotive Diesel de la S.N.C.F. amenait quelques wagons à la Société des Produits Chimiques d'Estrée Blanche.
Certes, ce transport n'avait rien d'exceptionnel et il passa inaperçu auprès de tous les habitants de la commune.
Pourtant cette nouvelle desserte revêt une importance capitale pour l'avenir économique d'Estrée-Blanche et des environs.
Depuis la fermeture des mines, la société chimique d'Estrée-Blanche restait la seule industrie Implantée dans la région. Lorsque la Sucrerie de Trézennes ferma ses portes, cette société assura encore le transport par rail de La Lacque à Estrée-Blanche. Mais au mois de janvier, Trézennes supprimait toute liaison et démontait ses locomotives.
Or, cette liaison par le rail était d'un intérêt vital pour l'usine d'Estrée-Blanche. En face du Marché Commun et des dynamiques industriels allemands, l'usine Produits Chimiques ne pouvait livrer à des prix compétitifs que si la desserte était assurée. Il lui faut en effet amener la baryte nécessaire à sa fabrication et expédiés le litopone, produit fini. Ces deux matériaux sont livrés vrac et dans ce mode de transport le rail est le moins onéreux. C'est pourquoi M. Stiévenard, directeur de l'Usine, fit d'incessantes démarches auprès de la S.N. C. F. pour que la ligne soit reprise par la compagnie nationalisée. Non sans mal, il parvint à ses fins.
Cependant dans un communiqué, le service exploitation de la S.N.C.F. ajoutait :
Cette mesure a été prise, a titre d'essai, pour ne pas laisser sans communications faciles la région éloignée des routes nationales, du canal et des grandes lignes ferroviaires, tout en lui facilitant ses activités commerciales
Il est à noter que le maintien de l'exploitation de la ligne dépend
du trafic qui lui sera confié". C'est pourquoi, les syndic agricoles, les négociants en grains et autres matériaux lourds ont été invités à utiliser ce mode transport. La desserte sera assurée chaque mardi et chaque vendredi, entre 14 h. 30 et 15 h 30.
Les wagons pourront être chargés ou déchargés en gare de Lambres ou bien à Estrée-Blanche, l'embranchement même de l'us des Produits Chimiques qui a évité les usagers à s'en servir.
Photo : La locomotive, sur laquelle ont pris place les employés de la S. N. C. F. arrive à l'Usine des Produits Chimiques
Texte et photo : L'écho de la Lys. Collection : le Fonds ancien de la ville d'Aire sur la Lys. Photo de l'article : Pascale Camus.