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jeudi 7 mai 2026

Jeudi 07.05.2026 - LENS, Le Louvre-Lens, l'exposition "Par delà les Mille et Une nuits", la comédie française, les 4 saisons d'Arcimboldo

 





Par-delà les Mille et Une Nuits Histoires des orientalismes

Cette exposition propose un voyage à travers mille vies d'objets venus d'Orient, du Moyen Age à nos jours. Ils sont ici racontés dans leurs histoires et leurs circulations: des trésors d'église aux collections royales françaises, des ateliers d'artistes et des intérieurs de collectionneurs aux musées d'hier et d'aujourd'hui. Parmi eux, deux chefs-d'œuvre emblématiques du musée du Louvre sont présentés de manière exceptionnelle au Louvre-Lens: le baptistère de saint Louis et le lion de Monzón.
De Constantinople à Venise, de Paris à Ispahan, de l'Alhambra au Caire et à Alger, cette exposition propose une constellation d'histoires où se croisent récits historiques et imaginaires, afin de décrypter la fascination pour ce que l'on appelait « l'Orient. Au début du 18° siècle, le Picard Antoine Galland publie en français Les Mille et Une Nuits: Shéhérazade y conte pour un rol des histoires sans fin afin d'échapper à la mort promise. Ces récits, et bien d'autres encore, contribuent à nourrir le goût pour l'Orient qui inspire les artistes à travers les siècles, de Molière et La Fontaine à Ingres, de Delacroix à Matisse. Loin d'un décor figé, ces orientalismes qui s'expriment dans les arts, comme en littérature, au théâtre, en musique ou au cinéma, se révèlent des récits de fascination, d'échanges, mais aussi de stéréotypes et d'incompréhensions.
Tout au long du parcours, des artistes contemporains revisitent ces héritages et proposent de nouvelles lectures. L'exposition invite à regarder autrement les objets et à entendre les voix multiples qu'ils portent. Elle rappelle combien les orientalismes - rêvés, débattus, contestés-racontent aussi l'Europe et ses propres images



Guillaume LEMAÎTRE (actif à Paris vers 1460), orfèvre
Reliquaire de " la Sainte Épine "
Ce reliquaire était fait pour contenir une épine de la couronne du Christ ». L'ensemble est monté en orfevrerie par Guillaume Lemaître, un orfèvre parisien du 15° siècle. Il est transmis à la duchesse Anne de Bretagne (1477-1514) par son père. Anne voue une dévotion particulière aux instruments de la Passion (ensemble des souffrances du Christ depuis son arrestation jusqu'à son exécution), comme la couronne d'épines». Elle transmet le reliquaire, à sa mort, à sa fille Claude, épouse de François Is (rol de France de 1515 à 1547), avant que l'un de ses descendants ne l'offre au duc de Lorraine, qui le donne à l'abbesse de l'abbaye Saint-Pierre-les-Dames de Reims.
Reims, palais du Tau, provient de l'abbaye Saint-Pierre-les-Dames de Reims


Hugues DE WALCOURT, dit Hugo d'Oignies (Belgique)
Croix dite "croix byzantine"
Constantinople, Empire byzantin, 1000 - 1100 (médaillons); Italie (?), vers 1216-1220 (croix); Oignies, Belgique, après 1228 ou après 1243 - vers 1250 (pied)
Émall sur or (médaillons); or, argent, cuivre, pierres semi-précieuses (croix et pled)
Cette croix est un reliquaire constitué de fragments de la "vraie Croix" (croix de la crucifixion du Christ). Ces reliques initialement conservées à Constantinople (actuelle Istanbul) étaient particulièrement recherchées en Occident après le sac (pillage) de cette ville en 1204 par les Croisés. L'objet est composé d'émaux byzantins insérés dans une monture. Jacques de Vitry, évêque d'Acre, l'a probablement commandée lors de son départ pour le Levant (Proche et Moyen-Orient actuels), en 1216, avant de l'envoyer à Oignies, son prieuré d'origine, en 1221. Là, elle fut montée sur un pied orfévré par Hugo d'Oignies.




Hugues DE WALCOURT, dit Hugo d'Oignies (Belgique)
Vase-reliquaire dit "de sainte Hedwige"
Ce verre servait initialement à abriter des reliques (restes humains ou matériels en relation avec un saint). Il est composé d'un verre taillé de motifs animaliers, ainsi que d'une monture. Imitant probablement le cristal de roche, ce verre a sans doute été fabriqué en Syrie. Ce gobelet aurait fait partie des objets offerts par l'évêque d'Acre Jacques de Vitry (116? -1240) au prieuré Saint-Nicolas d'Oignies (Belgique), vers 1220. Sa monture a été ajoutée à Oignies par l'orfèvre Hugo, entre 1220 et 1250.


Verre dit "de Charlemagne"
Dumas (7), Syrie, 1200-1300 (gobelet); Prance (7), 1250-1400 (monture)
Verre à décor émaillé et doré, cubre doré
Ce gobelet étalt conservé au 16' siècle dans le trésor de l'abbaye de la Madeleine de Châteaudun. On ignore comment il y est parvenu. L'association du gobelet avec Charlemagne (rol des Francs à partir de 768 et empereur d'Occident de 800 à 814) est bien plus tardive: elle apparait au 17 siècle. Le verre a pourtant été fabriqué longtemps après le règne de l'empereur. Cette attribution est vraisemblablement liée à son origine orientale: on le volt comme un des cadeaux falts à Charlemagne par le calife de Bagdad, Haroun al-Rashid (règne de 786 à 809).


Olifant dit "cor de Roland"
Italie du sud ou Egypte
1000 - 1100+Ivoire sculpté
Ce cor d'ivoire sculpté est présent dans le trésor de la basilique Saint-Sernin de Toulouse depuis 1246. Il y était vénéré comme une relique de Roland, le neveu de Charlemagne.
Celui-ci est mort à la bataille de Roncevaux en 778, en combattant les Arabes d'Espagne. Ces derniers appartiennent à la dynastle des Omeyyades, chassée de l'actuelle Syrie et réfugiée en Espagne au 8º siècle. Cet olifant (cor) d'Ivoire est bien plus tardif (11º siècle). Son lieu de fabrication n'est pas connu. L'origine supposée et le matériau de l'œuvre ont favorisé son association avec l'épisode de Roncevaux, les Arabes d'Espagne et le personnage de Roland.

Tableau de Pierre Dulin de la Poneraye
25 mai 1721
La visite de l'ambassadeur ottoman



Vers 1580
Céramique à pâte siliceuse, décor peint sous glaçure
L'Empire ottoman est particulièrement réputé pour sa production de céramiques, à Iznik, au 16º siècle. À partir des années 1560, la ville produit des plats colorés, reconnaissables à leur rouge tomate et à leur vert émeraude. Dans les deux dernières décennies, certains plats s'ornent de bateaux. Il peut s'agir de représentations de la flotte militaire ottomane ou de flottes européennes, à deux ou trois mâts, car les modèles employés sont similaires. Mais ces plats représentent également des modèles de bateaux marchands, qui voyagent en Méditerranée et en Mer Rouge, comme sur le pichet ici présenté.


Albarelle (pot à pharmacie) portant les armoiries de Florence
Damas, Syrie
1400 - 1450
Céramique à pâte siliceuse, décor peint sous glaçure
Les épices font partie des denrées les plus commercées à travers la Méditerranée. Elles servent surtout à confectionner des remèdes contre les maladies. La plupart sont stockées dans des pots de céramique d'une forme particulière, les albarelles.
L'albarelle présentée a été fabriquée à Damas (Syrie actuelle). Il s'agit peut-être d'une commanc florentine: l'écu (forme de bouclier) orné d'une fleur de lys de la ville figure sur l'œuvre.
Paris, musée du Louvre, département des Arts de l'Islam, dépôt du musée des Arts décoratifs, Paris, achat auprès de Stanislas Baron, 1888


Empire ottoman (Turquie actuelle)
1500-1600
Cuir, décor peint et doré
Cette gourde de cuir reprend une forme caractéristique des gourdes appartenant aux souverains ottomans.
Les motifs qui ornent l'objet viennent des arts du livre. Les enluminures des manuscrits et les reliures montrent souvent de petites feuilles, appelées palmettes, de même style.
Ces entrelacs végétaux sont copiés abondamment en Europe dès le 16° siècle.


Costume porté par Jacques Charon pour le rôle de Monsieur Jourdain en Mamamouchi dans Le Bourgeois gentilhomme
Caftan en tissu brocart fleuri, fendu, bordures de sequins bleus, sur fond de robe en taffetas jaune plissé. Manches bouffantes en lamé or, galons torsadés et cabochons dorés, engageantes en organza à liseré or. Turban citrouille à aigrette dans le même tissu Beurt, souligné de sequins bleus.
La comédie Le Bourgeois gentilhomme (1670), de Molière (1622-1673), pièce populaire encore jouée à l'heure actuelle, se clôt sur une scène de turquerie. Le héros de la pièce, un bourgeois parisien, monsieur Jourdain, croit recevoir le titre de mamamouchi des mains du fils du Grand Turc». Il se fait en réalité berner.
Il ne subsiste pas de costume contemporain de la création de la pièce au 17 siècle. Des reprises plus tardives permettent néanmoins de voir une évolution dans les costumes qui étalent employés pour figurer le Turc. Au 19° siècle, des vêtements venus d'Afrique du Nord ou du Levant sont souvent utilisés. C'est le cas de ce caftan utilisé lors d'une représentation en 1880 à Paris.
Au 20° siècle, les costumes sont des créations. Le costume d'Agostino Pace a été porté en décembre 1972 par Jacques Charon, selon la mise en scène de Jean-Louis Barrault (1910-1994).



Charles Amédée VAN LOO
(Turin, 1729-Paris, 1795)
La Toilette d'une sultane The Sultana at her toilette
Sultane aan haar toilet
1774
Cette cœuvre appartient à une série destinée à servir de modèle pour des tapisseries de la manufacture royale des Gobelins, lieu de fabrication parisien. Au travers des cinq sens (ci le toucher), chaque tapisserie évoque la vie quotidienne rêvée d'un harem royal turc, associant P'Orient aux plaisirs des sens.
Il s'agit en réalité plutôt d'une version déguisée de la cour de France, évoquant une favorite royale et ses servantes. L'œuvre est critiquée au Salon de 1775, exposition parisienne Importante, car cette déformation de POrient paralt désormais dépassée à la fin d'un 18° siècle où les privilèges sont de plus en plus contestés.


Matteo SELLAS (Füssen [Allemagne), vers 1580 - Venise [Italie], 1661
Archiluth Archlute
Langhalsluit
1638
Ébène, ivoire, épicéa
Le modèle européen de luth apparaît vers le 9º siècle. Il est introduit après la conquête de l'Espagne en 711 par la dynastie musulmane omeyyade. Il est l'héritier de l'instrument nommé ud en arabe. Le mot «ud est à l'origine du vieux français « lut ».
Matteo Sellas est un luthier allemand installé à Venise, où la production de luths connaît son apogée au 17 siècle. Son archiluth, parent du luth, est orné de plaques d'ivoire figurant un combat équestre entre un personnage coiffé d'un turban et deux Européens en armure.

La face avant du luth


Personnage représentant l'Asie
Figure representing Asia
Figuur Azië voorstellend
Vienne, Autriche
1700-1800
Porcelaine dure


Léon BAKST
(Hrodna [Empire russe, actuelle Biélorussie], 1866-Rueil-Malmaison, 1924), peintre, décorateur et costumler
Ateller Madelle (Paris), exécution
Costume porté pour le rôle d'une sultane verte dans Shéhérazade
Inspiré des Mille et Une Nuits, le ballet Shéhérazade est créé en 1910 à partir du poème symphonique du Russe Nicolai Rimski-Korsakov (1844-1908). Le ballet est imaginé par le chorégraphe Michel Fokine (1880-1942) pour la compagnie des Ballets russes. Étonnamment, Shéhérazade n'apparaît pas: le ballet ne reprend que l'introduction des contes. Persuadé par son frère, le shah Zaman, que son esclave favorite Zobelde le trompe en son absence, le shah Shahryar feint de partir à la chasse. Prenant sur le fait les femmes de son harem et ses esclaves masculins, il les fait exécuter. Les décors et les costumes sont du peintre Léon Bakst, avec des couleurs intenses et des étoffes soyeuses et transparentes. En 1951, Shéhérazade entre au répertoire de l'Opéra de Paris et est repris avec ces costumes recréés à l'identique.


Muhammad IBN AL-ZAYN
Bassin dit « Baptistère de saint Louis »
Syrie ou Égypte (?)
1330-1340
Alliage de cuivre, décor ciselé, incrusté d'argent, d'or et de pâte noire





Jean-Léon GÉRÔME (Vesoul, 1824-Paris, 1904), sculpteur
SIOT-DECAUVILLE (actif à Paris entre 1881 et 1926), fondeur
Bonaparte entrant au Caire
Féru d'histoire et voyageur infatigable, Jean-Léon Gérôme développe une peinture spectaculaire pour laquelle il s'inspire de l'Histoire. Il puise dans les thèmes antiques, mythologiques, orientalistes ou encore les évènements contemporains. Il se consacre tardivement à la sculpture. Cette statue équestre est l'une des premières figures historiques qu'll crée, à la fin des années 1890. Le harnachement du cheval monté par le général Napoléon Bonaparte (1769-1821), ainsi que ses étriers, sont à la Mamelouk, le montrant ainsi comme un jeune vainqueur entrant au Caire, après la bataille des Pyramides en 1798.



Sabre du général Bonaparte, dit « sabre des Pyramides » et son fourreau
Empire ottoman, avant 1798 Acier damassé et cuivre doré, ivoire (arme); velours de sole et cuivre doré (fourreau)
Diffusé très tôt en terres d'Islam par les cavaliers des steppes eurasiennes, le sabre long ou cimeterre est particulièrement adapté au combat cavaller que pratiquent les Mamelouks. Les troupes qu'affrontent les Français en 1798 en sont encore pourvues. Le sabre à la Mamelouk séduit les officiers du corps expéditionnaire par son efficacité, sa valeur de trophée, mais aussi par ses décorations. Cet exemplaire passe pour avoir été saisi sur un Mamelouk par Bonaparte même, qui l'aurait ensuite offert au maréchal Joachim Murat (1767-1815)


Théodore DECK (Guebwiller, 1823-Sèvres, 1891)
Vase de l'Alhambra Vase from the Alhambra Vaas uit het Alhambra
Vers 1890 Céramique à pâte argilleuse, décor peint sur glaçure (falence)
En 1858, le céramiste Théodore Deck ouvre une manufacture à Paris. Fasciné par la qualité des céramiques provenant du monde Islamique, il cherche à retrouver la brillance originelle des glaçures.
Les vases de l'Alhambra font partie de ses modèles de prédilection: il en produit un premier en 1852 pour l'Exposition universelle de Londres. D'autres exemplaires suivront: en 1880, il en offre un au musée des Arts Décoratifs et en 1891, un second à la manufacture de Sèvres.



Ensemble de céramiques
Maroc
Vers 1830-1832
Céramique à pâte argileuse, décor peint sur glaçure (falence)
Lors de son voyage au Maroc, Eugène Delacroix se lie d'amitié avec l'interprète Antoine Jérôme Desgranges (1784-1864). Ce dernier est professeur à l'institut des Langues orientales, après avoir appris l'arabe au Liban en 1815-1816. Au Maroc, les deux amis acquièrent, vraisemblablement dans le même atelier, une série d'objets en céramique. Ils les rapportent en France. Desgranges offre sa collection, dès 1833, à la manufacture de Sèvres: elle dolt servir de modèle scientifique pour les créateurs de porcelaine. Celle de Delacroix est utilisée, à l'inverse, à titre d'objets décoratifs dans ses peintures. A sa mort, le peintre la lègue à son ami Charles Cournod, qui la lègue lui-même au musée Delacroix (Paris)


Robe de femme, Algérie ou Maroc, avant 1832
Taqueté de soie, décor broché
Manteau d'homme, Maroc, avant 1832
Drap de laine, décor brodé de flilés métalliques


Henri FANTIN-LATOUR (Grenoble, 1836-Buré, 1904)
D'après Eugène DELACROIX (Charenton-Saint-Maurice 1798 - Paris, 1863)
Femmes d'Alger dans leur appartement
Women of Algiers in their apartment
Vrouwen uit Algiers in hun appartement
1875-1876
Huile sur toile
Ce tableau est une cople de dimension réduite d'une œuvre du peintre Eugène Delacroix, en guise d'hommage à son prédécesseur. La taille choisie initialement (1,8 par 2,29 m.) par Delacroix indique l'ambition attachée à cette œuvre présentée lors du Salon de 1834, principale exposition officielle de peinture à Paris.
Les objets représentés proviennent aussi bien du Maghreb, tel le kilim (tapis) au sol, que d'Europe, tel le miroir vénitien au mur. Delacroix se base sur ses croquis de voyage et ses observations à Alger pour créer sa vision de l'Orient.
L'identité des femmes présentes et le lieu ne sont pas connus avec exactitude. L'œuvre marque les générations d'artistes après Delacroix comme une étape décisive de la modernité en peinture.


Jean Auguste Dominique INGRES (Montauban, 1780-Paris, 1867)
La Petite Baigneuse. Intérieur de harem
1828 Hulle sur tolle
Ingres peint à plusieurs reprises des baigneuses. Même s'il ne voyage jamais plus loin que l'Italie, il les place souvent dans des bains orientaux. Pour ce faire, il s'appuie sur des livres et des gravures qui lui sont accessibles. La femme se faisant coiffer à l'arrière-plan est Inspirée d'une œuvre de l'artiste valenciennois Jean-Baptiste Van Mour (1671-1737), installé à Constantinople pendant près de quarante ans. Le serviteur aux mains Jointes, au fond à droite, provient probablement d'une peinture turque.


Jean Auguste Dominique INGRES (Montauban, 1780-Paris, 1867)
Tête de la Grande Odalisque Head of the Grande Odalisque
Huile sur tolle
Cette œuvre est un détail agrandi de La Grande Odalisque qu'Ingres peint en 1814. II en efface le corps déshabillé et le décor, y compris le Ilt, le rideau et certains accessoires comme l'éventail en plumes de paon. Ne reste qu'une épaule nue et suggestive, et la tête couverte d'un turban et de joyaux. Ainsi, ce visage se rapproche des représentations par Ingres de Margarita Luti (1500-1522), surnommée la Fornarina. Elle était l'amante de Raphaël (1483-1520), peintre de la Renaissance Italienne qu'll admire.


Sophie GABRIAC, née ALLART (Paris, 1804-Rome, 1870)
Odalisque
1843
Hulle sur toile
Comme son professeur, Jean Auguste Dominique Ingres, Sophie Allart n'est jamais allée plus loin que Rome où elle réside lorsqu'elle peint ce tableau. Tout en s'inscrivant dans la filiation d'Ingres, cette peinture possède des spécificités qui n'appartiennent qu'à elle. Rare exemple connu d'Odalisque peinte par une femme, sa pose en torsion du cou, taille et jambes couvertes, dévolle peu sa nudité. Alors que la Petite Baigneuse d'Ingres est de dos, le visage de l'Odalisque de Sophie Gabriac est tourné vers nous, sérieux et Indifférent, sans désir ni séduction.


Henri MATISSE
(Le Cateau-Cambrésis, 1869-Nice, 1954)
Odalisque à la culotte rouge
1924-1925
Huile sur tolle
En 1903, Henri Matisse est émerveillé par une grande exposition d'art islamique (Intitulée « exposition des arts musulmans») au Pavillon de Marsan, au palais du Louvre à Paris. Il voyage en Algérie en 1906 et au Maroc en 1912 et 1913. Dans les années 1920, Il peint une série d'odalisques: Je les avais vues au Maroc, et je fus ainsi en situation de les mettre dans mes tolles sans faux-semblant. Il peut alnsi libérer sa créativité en s'adonnant à un nouvel exercice. Il a notamment le souci du décoratif, choisissant avec soln les motifs des tapissieries, des rideaux et des vêtements.


Claude-Marie DUBUFE (Paris, 1790-La-Celle-Saint-Cloud, 1864)
Étude de jeune Grec
Ancien titre: Portrait présumé de Hassan, gardien de la girafe offerte au roi Charles X
Au moment où Claude-Marie Dubufe peint ce portrait, la guerre d'Indépendance grecque contre l'Empire ottoman (1821-1830) falt rage. Elle fait l'objet de nombreuses peintures qui marquent l'histoire de l'art, par exemple les Scènes des massacres de Sclo (1824) du peintre Eugène Delacroix.
En France, les rares modèles ressortissants de l'Empire ottoman-Grecs ou non- sont très recherchés; Ils permettent aux artistes de se créer un répertoire de portraits qu'ils reprennent notamment dans leurs grandes scènes historiques et orientalistes. Cette étude pourrait avoir été destinée à être réutilisée et à servir plus tard d'exemple.






Da'ud ibn Salama al-Mawsili (actif en Irak ou en Syrie au 13° siècle), dinandier
Chandelier
Syrie ou Irak du Nord
1248-1249
Alliage de cuivre, décor incrusté d'argent





Manufacture de Tekfur Sarayi (Constantinople, actuelle Istanbul, Turquie)
Panneau de revêtement
1700-1750
Céramique à pâte siliceuse, décor peint sous glaçure


Couverture de couette
Turquie
1600 - 1700
Les textiles font partie des matériaux les plus en faveur auprès des collectionneurs parisiens du 19° siècle. Légers, faciles à transporter et spectaculaires, ils donnent facilement un aspect oriental à leurs intérieurs. Le baron Delort de Gléon en possède plusieurs exemplaires, qu'il dispose au mur de son salon, comme des tentures. Cette présentation est éloignée de l'usage d'origine de la plupart des tissus. Cette broderie, par exemple, était Initialement une housse de couette, employée en hiver pour réchauffer les intérieurs.



Vase portant les titres d'un émir du sultan Sha'ban II
Syrie ou Égypte, 1363 - 1376
Alliage de cuivre, décor incrusté d'argent et de pâte noire


Coupe
Iran, 1650-1700
Céramique à pâte siliceuse, décor de lustre métallique



Coupe au cavalier fauconnier
Kashan, Iran (7)
1175-1225
Céramique à pâte siliceuse, décor peint aur glaçure (haft rang) et décor de lustre métallique
Une autre technique de céramique pratiquée dans l'Iran médiéval est très recherchée par les collectionneurs parisiens au début du 20 deg siècle. Sur ces objets, le décor est peint avec des émaux sur une glaçure opaque. On l'appelle haft rang ou minal en persan.
Aucune coupe complète de ce type n'a jamais été retrouvée en fouilles. En revanche, les fragments sont très nombreux. Pour pouvoir les commercialiser, les marchands font refaire en Iran des objets complets à partir de tessons venant d'objets différents. Ces reconstitutions sont si habiles qu'elles trompent facilement leurs destinataires occidentaux.
La coupe ici présentée est refaite pour moitié, tandis que l'ensemble de tessons, provenant de quatre coupes différentes formalt initialement une seule autre coupe, démontée lors d'une restauration au musée en 2005.



Plaque de revêtement
Kashan, Iran
1275-1325
Céramique à pâte siliceuse, décor peint de lustre métallique, rehauts de cobalt
Les céramiques à décor de lustre métallique, présentées lors des expositions universelles, forment les œuvres les plus prisées des collectionneurs occidentaux. Cette technique est très pratiquée dans le monde iranien entre la fin du 12 siècle et le milieu du 14° siècle.
Au 18° siècle, les carreaux, souvent arrachés à leurs monuments d'origine par des marchands parfois pourvus d'autorisations officielles, se fralent un chemin jusqu'à Paris, où ils constituent le clou de la plupart des grandes collections.


Carreaux de revêtement en forme d'étoile et de croix
Mausolée (imamzadeh) de Djafar, Damghan, Iran
1266-1267
Céramique à pâte siliceuse, décor de lustre métallique, rehauts de cobalt
Les carreaux à décor de lustre en forme de croix et d'étoile deviennent des incontournables de toute collection occidentale importante. L'une des raisons de cet engouement des collectionneurs est leur singulier aspect brillant. Cette recherche de la lumière rencontre Indirectement celle qui a provoqué leur développement dans l'Iran des 13º et 14° siècles.
Ils étaient alors souvent destinés à des monuments funéraires.


Abbas AKBARI (Téhéran, 1971-)
Étoile et croix de revêtement Kashi and Kashan
2018
Céramique à pâte siliceuse, décor de lustre métallique, glaçure monochrome bleue
Artiste, céramiste et historien de l'art internationalement connu, Abbas Akbari est originaire de Kashan, en Iran. Cette ville est, entre la fin du 12° siècle et le milieu du 14° siècle, le principal centre de production des carreaux de céramique à décor de hustre métallique. Les recherches d'Abbas Akbari l'ont poussé à retrouver cette technique perdue qu'il emploie sur des carreaux reprenant des formes anciennes, où il dessine des motifs contemporains, comme ici des tractopelles.


Maison d'automates Roullet Decamps
1895 - 1995
Charmeuse de serpent
1902
Carton, caoutchouc, ivoirine, verre, peau
Dès la seconde moitié du 19° siècle, le monde du spectacle s'empare volontiers des stéréotypes liés à l'Orient. Dans les cafés-concerts parisiens, nombreuses sont les représentations qui mettent en scène des personnages (faussement) orientaux. La charmeuse de serpent évoque ce type de divertissement populaire, dans les foires et les fêtes foraines. Elle porte les attributs que le public occidental attend d'une danseuse orientale. Les dispositifs automatiques renvolent aussi à la magie et au merveilleux. Autant d'éléments qui évoquent directement un allleurs fantasmé et fascinent les spectateurs.


Femme d'Orient 
Paris, France
Entre 1848 et 1909 Marbre partiellement doré
Ce buste de femme sculpté dans le marbre et rehaussé de dorures entre en 1910 dans la collection du Louvre. Comme de nombreux objets, dont des chefs-d'œuvre de la peinture du 19 siècle, elle fait partie du legs important que l'homme d'affaire et collectionneur Alfred Chauchard (1821-1909), propriétaire des Grands Magasins du Louvre, accorde au musée.
Ce type de buste illustre l'abondance de ces représentations, très fréquentes dans les salons parisiens.
Elles véhiculent une image fantasmée des femmes, toujours représentées parées de nombreux bijoux. Ces interprétations ne sont guère en rapport avec la vie quotidienne des populations algériennes que représentent, à l'inverse, les photographes comme Thérèse Le Prat ou Jean Besancenot.

Diadème (tassebat)
Algérie
Avant 1889 Argent, décor émaillé et incrusté de corall
Ces bijoux sont des dons du gouvernement général de l'Algérie en 1899. Ils avaient peut-être été montrés à l'Exposition universelle de 1889 à Paris.
La Kabylie est intégrée à la colonie française d'Algérie à partir de 1870 et se soulève l'année suivante. Ses habitants parlent une langue berbère.
Les pièces de monnale européennes, qui ont cours en Algérie, servent à orner les bijoux kabyles. Ils peuvent aussi être fondus pour en confectionner d'autres. Cos bijoux fascinent les voyageurs européens. Certains sont auned réinventés à destination de touristes ou de collectionneurs.


Théodore DECK
(Guebwiller [Haut-Rhin), 1823-Sèvres, 1891)
Coupe monumentale 
Manufacture de Sèvres, France
1867
Céramique à pâte alliceuse, décor peint sous glaçure

Vue de dessus de la coupe monumentale

Lion dit "lion de Monzón"
Cordoue, Espagne
970-1020
Alliage de cuivre coulé, décor gravé

Lion provenant d'une fontaine. Art arabe d'Espagne. Ce lion, qui a fait partie de la décoration d'une fontaine, est dressé sur ses quatre pattes. La gueule ouverte, les yeux et les oreilles dressées sont traités dans un style purement conventionnel. Sa décoration entiè-rement gravée est divisée en compartiments renfermant des entre-lacs, des rosaces, des oiseaux et des inscriptions en caractères cou-ſiques. La queue mobile, striée et terminée par un fleuron, semble avoir servi au mécanisme de la fontaine. Sous le ventre, une large ouverture circulaire.


A l'arrière à gauche :
Émile RICHARD (actif entre 1859 et 1905)
Bouteille persane
Manufacture de Sèvres, France
1893 Porcelaine

A l'avant à gauche :
Plat à décor floral
Iznik, Turquie
1600-1650
Céramique à pâte siliceuse, décor peint sous glaçure
Les collections réunies dans les musées d'arts décoratifs, à la manufacture de Sèvres et à l'Union centrale des Arts décoratifs (actuel musée des Arts décoratifs de Paris), ont pour but de servir de modèle aux industries d'art. Il s'agit de produire le beau dans l'utile ». Les céramiques ottomanes d'Iznik, créées en Turquie au 16° siècle, inspirent particulièrement les artistes. Parmi eux, Théodore Deck (1823-1891), céramiste et directeur de la manufacture de Sèvres de 1887 à 1891, cherche à retrouver la qualité de la glaçure et les coloris chatoyants des pièces d'Iznik. À Sèvres, le peintre Émile Richard en reprend également des motifs, qu'll qualifie de persans. Il invente une nouvelle couleur, un bleu profond appelé bleu persan».

A l'arrière, à droite :
Bouteille
Iznik, Turqule
Vers 1560-1580
Céramique à pâte siliceuse, décor peint sous glaçure

A l'avant, à droite :
Théodore DECK (Guebwiller [Haut-Rhin), 1823 - Sèvres, 1891)
Vase imitant à une bouteille en céramique d'Iznik
Manufacture de Sèvres, France
1875-1900
Céramique à pâte siliceuse, décor peint sous glaçure



Baya
(Bordj el Kiffan, [Algérie), 1931-Blida, [Algérie), 1998)
Coupe de fruits et oiseau Fruit bowl and bird
1984
Gouache sur papler
Dans cette œuvre de l'artiste algérienne Baya apparaissent les motifs récurrents de son œuvre: olseaux, plantes et objets familiers telles ces céramiques ornementées. La couleur cernée de noir et le rythme créé par la répétition des motifs s'épanouissent sur une feuille au format ample, sans souci de perspective, en toute liberté créatrice. Admirée par les artistes français du mouvement artistique surréaliste, exposée dès 1947 à Paris, Baya a tracé une vole personnelle dès les années 1950, donnant à voir un travail singulier de part et d'autre de la Méditerrannée

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La Comédie française au Louvre - Lens




Nicolas MIGNARD Troyes, 1606 - Paris, 1668
Molière (1622-1673) dans le rôle de César
1658 Huile sur toile
C'est à Avignon que Nicolas Mignard peint le portrait de son ami Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, alors de passage avec sa troupe. Ce tableau, l'une des plus célèbres représentations de l'acteur et dramaturge, a fixé ses traits tel qu'ils nous sont parvenus.
Alors qu'il est plus connu pour ses comédies, Molière choisit le costume de César, dans la tragédie de Pierre Corneille (1606-1684) intitulée La Mort de Pompée. Il est plus flatteur alors de s'afficher en tragédien mais Molière ne tardera pas à donner ses lettres de noblesse à la comédie!
Paris, collection de la Comédie Française


Auguste CHARPENTIER
Paris, 1813-1880
Portrait présumé de George Sand (1804-1876)
1835-1840
Huile sur toile
Admirateur d'Aurore Dupin, dite George Sand, Auguste Charpentier l'a peinte à plusieurs reprises. Ce portrait serait l'une des très rares représentations d'une dramaturge femme appartenant à la collection de la Comédie-Française. En effet, les femmes autrices ont été longtemps et totalement invisibilisées.
Sand, féministe avant l'heure, se consacre toute sa vie à la peinture et à l'écriture de romans et pièces de théâtre dont certaines, par exemple l'adaptation de son Marquis de Villemer et ses 214 représentations, sont de véritables triomphes.
Paris, collection de la Comédie-Française


Jean-Marc NATTIER
Paris, 1685-1766
Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1732-1799)
1755
Huile sur toile
Portraitiste de Louis XV (roi de France de 1715 à 1774), Nattier est également présent dans la Galerie du temps du Louvre-Lens, avec son Portrait de Michel Ferdinand d'Albert d'Ailly. 11 peint souvent les nobles en dieux et déesses.
Nul besoin de déguisement pour Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. Ingénieur, financier, éditeur, musicien, espion, trafiquant d'armes et fondateur de la Société des auteurs dramatiques en 1777, il œuvre pour la défense de leurs droits. Roturier (ne faisant pas partie de la noblesse), il écrit le Mariage de Figaro, comédie qui dénonce une société inégalitaire.


Jean-Antoine HOUDON
Versailles, 1741 - Paris, 1828
Molière (1622-1673)
1778
Marbre
Après le centenaire de la mort de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, le sculpteur Houdon exécute son portrait en échange d'un droit d'entrée à vie à la Comédie-Française. Houdon est l'auteur du Portrait d'Anne Ange Houdon, exposé dans la Galerie du temps du Louvre-Lens.
Le visage idéalisé de Molière rappelle qu'il est considéré comme le patron de la Comédie-Française. En 1680, elle est créée sur ordre de Louis XIV (roi de France de 1643 à 1715) en fusionnant la troupe du dramaturge défunt avec deux autres troupes.


Jean-Antoine HOUDON
Versailles, 1741 - Paris, 1828
Voltaire (1694-1778)
1778
Marbre
Jean-Antoine Houdon est le sculpteur de tous les âges de la vie. Il est l'auteur du Portrait d'Anne Ange Houdon, sa fille, exposé dans la Galerie du temps du Louvre-Lens. Tout comme il parvient à rendre la douceur de l'âge tendre, il sait également évoquer avec délicatesse les quatre-vingt-quatre ans de François-Marie Arouet, dit Voltaire.
Aujourd'hui moins connu pour son théâtre que pour ses contes philosophiques, de son vivant Voltaire triomphe à la Comédie-Française. Il y met en avant ses idées philosophiques, contre le fanatisme et l'intolérance, par exemple dans la tragédie Zaïre (1732).


Jean-Jacques CAFFIERI
Paris, 1725-1792
Jean de La Fontaine
(1621-1695)
1779
Terre cuite
Issu d'une famille de sculpteurs, Jean-Jacques Caffieri est le premier artiste à proposer, en 1773, de sculpter des bustes de dramaturges (ou auteurs de théâtre) pour la Comédie-Française. Il en crée neuf au total, dont ce buste du poète Jean de La Fontaine. D'autres artistes participent peu à peu à la production de la série des bustes de la Comédie.
Originaire des Hauts-de-France actuels, La Fontaine a écrit plusieurs pièces de théâtre ou livrets d'opéra, mais est surtout célèbre pour ses fables souvent déclamées par les Comédiens.


Sarah Bernhardt par Parrot (1875)



Portrait de Jeanne Samary par Renoir



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Giuseppe Arcimboldo
Les quatre saisons

L'HIVER

TEMPS MODERNES - RENAISSANCE
Giuseppe Arcimboldo
Milan (Italie), vers 1527-1593
1573
L'HIVER
Huile sur toile
En 1569, Arcimboldo offre une première version des Saisons à Maximilien II à l'occasion du Nouvel An. Les quatre tableaux du Louvre sont une version commandée ultérieurement par l'empereur, preuve de son intérêt pour cette œuvre.
La première version est accompagnée d'un poème écrit par un ami d'Arcimboldo, Giovanni Battista Fonteo (1546-1580). Il explique le sens de ces images mystérieuses: les saisons sont un poème en peinture, fourmillant d'idées. Il est destiné à un public intéressé notamment par la culture antique. On pourrait lire dans ces œuvres des références, par exemple, à un jeu de mot de l'homme d'État et philosophe romain Cicéron (106-43 avant Jésus-Christ). En latin, Cicéron utilise le terme «cultura» pour comparer la culture de la terre - l'agriculture à celle de l'âme la philosophie. L'humain appartient lui aussi à la nature.

LE PRINTEMPS

TEMPS MODERNES - RENAISSANCE
Giuseppe Arcimboldo
Milan (Italie), vers 1527-1593
1573
LE PRINTEMPS
Huile sur toile
De loin, le regard identifie des portraits de profil dans ces quatre tableaux de Giuseppe Arcimboldo. De près, surprise! l'illusion se dissipe: ces bustes sont composés d'une accumulation de végétaux. La Renaissance reprend une idée déjà présente dans l'Antiquité: elle établit des correspondances entre le corps humain et la nature. Le monde est un organisme vivant et le corps est un monde en réduction. Les quatre saisons correspondent aux quatre âges de l'être humain: jeunesse, âge adulte, maturité, vieillesse.
Ainsi l'exprime le médecin Paracelse (1493-1541), dont les pas ont croisé ceux d'Arcimboldo, avec quelques années de décalage: " Le végétal a sa peau, et c'est son écorce, il a sa tête et sa chevelure, ce sont ses racines, il a sa physionomie et ses sens, il a sa sensibilité aussi, de telle sorte que si on le blesse, il meurt. "

L'ETE

TEMPS MODERNES - RENAISSANCE
Giuseppe Arcimboldo
Milan (Italie), vers 1527-1593
1573
L'ÉTÉ
Huile sur toile
Giuseppe Arcimboldo est né dans le nord de l'Italie actuelle, à Milan. Il se forme auprès de son père, artiste. En 1562, il entre au service de l'empereur Ferdinand jer (1558-1564) à Vienne (Autriche actuelle). Il sert ensuite son fils Maximilien II (1564-1576), puis le fils de ce dernier, Rodolphe II (1576-1612), à Prague (République tchèque actuelle), avant de regagner Milan en 1587. Célèbre dans toute l'Europe, il sombre cependant dans l'oubli et n'est redécouvert qu'au 20º siècle où il redevient populaire et influence les artistes, notamment les surréalistes.
Pour Maximilien II, il produit plusieurs versions des Saisons. Il conçoit également les mises en scène des fêtes impériales, avec leurs costumes et leurs masques, auxquels les Saisons peuvent faire penser. Rodolphe II le charge d'acquérir des œuvres pour constituer et organiser sa collection personnelle, un musée avant l'heure.

L'AUTOMNE

TEMPS MODERNES - RENAISSANCE
Giuseppe Arcimboldo
Milan (Italie), vers 1527-1593
1573
L'AUTOMNE
Huile sur toile
Giuseppe Arcimboldo est au service des empereurs du Saint-Empire romain germanique, héritage de la partie orientale de l'empire de Charlemagne (800-814). Ses trois patrons sont les successeurs du souverain Charles Quint (1519-1557), qui a dominé l'Europe afin, comme Charlemagne avant lui, d'égaler la gloire de l'empire romain antique. Les Saisons imitent les portraits des empereurs romains représentés de profil sur les pièces de monnaies. Dans un jeu de double image, des végétaux composent ces visages. Si on regarde dans le détail ces plantes, leur grande variété frappe. Ces visages proposent un herbier de la connaissance des végétaux de l'époque. Ils comprennent même maïs et pommes de terre, légumes qui ne sont connus et importés en Europe que depuis la rencontre et l'exploration des Amériques par les Européens à partir de 1492.